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Elections italiennes : l'analyse des asset managers...

Publié le

Le week-end dernier, les italiens ont été appelés à élire plus de 600 députés et 300 sénateurs. Un vote placé sous le signe de l’incertitude et dont les résultats ont laissé les investisseurs perplexes quant aux évolutions politiques à venir.

 

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Un parlement sans majorité

 

« Dans une économie sur laquelle pèse une dette publique conséquente, les propositions faites durant la campagne électorale de l’introduction d’une « flat tax », qui réduirait très nettement les rentrées fiscales, ou de la mise en place d’un revenu minimum garanti, qui aboutirait à une hausse des dépenses, peuvent en effet s’apparenter à vouloir danser sur un volcan » signale Daniel Morris, stratégiste senior chez BNP Paribas AM.


Les résultats ont réservé quelques « surprises » selon ce dernier avec un Mouvement 5 étoiles de Luigi di Maio arrivé en tête du scrutin (32,7 %), illustrant la désaffection des électeurs pour les partis traditionnels, La Ligue (Lega) de Matteo Salvini (17,4 %) qui dépasse Forza Italia (14 %) de Silvio Berlusconi, et les résultats du Parti démocrate (PD) de Matteo Renzi (18,7 %) qui ont été plus mauvais que prévu par les sondages, ce dernier présentant sa démission au lendemain du scrutin.

 

Pour Andrea Brasili, Économiste sénior chez Amundi, la très forte avancée du Mouvement 5 étoiles, maintenant parti majoritaire, ainsi que de la Ligue du Nord dans la coalition de centre droit n’étaient pas anticipés par le marché.

 

Néanmoins, certains experts s’attendaient à un parlement sans majorité comme Igor de Maack, porte-parole de la gestion de DNCA qui évoque « un résultat assez anticipé quoique toujours bancal. » Même son de cloche du côté de la Financière de l’Echiquier dont le Directeur de la gestion d'actifs Olivier de Berranger déplore « comme on pouvait le redouter, un paysage politique fragmenté avec une coalition de droite qui échoue à atteindre une majorité. » En effet, avec 37% des voix en cumulé, elle reste loin du seuil des 40% nécessaire pour avoir la majorité absolue.

 

« Comme l’avaient prédit de nombreux observateurs, ces élections législatives se sont soldées par une impasse avec un parlement sans majorité » résume la société Axa IM.

 

 

La seule certitude… c’est l’incertitude

 

De nombreuses sociétés de gestion s’accordent sur l’augmentation de l’incertitude à la suite de ces élections. Olivier de Berranger de la Financière de l’Echiquier prédit que la constitution d’un gouvernement s’annonce difficile et que l’incertitude politique ne fait que commencer.

 

Une conséquence directe concernerait la volatilité qui pourrait refaire surface sur les marchés. Amundi anticipe ainsi un regain de cette volatilité à court terme, « au moins jusqu'à ce que le nouveau gouvernement soit formé et qu’il annonce son programme économique et fiscal » estime Diego Franzin, Directeur des investissements actions.

 

Il s'agit à présent de décider de la manière dont les partis en lice pourraient former une coalition de travail. « Sur ce point, le président Mattarella devrait jouer un rôle déterminant » explique Axa IM. « Les 2 chambres doivent siéger pour la 1ère fois le 23 mars et les discussions pour former un gouvernement devraient débuter en avril » précise la société de gestion CPR AM.

 

 

Une réaction encore modérée sur les marchés

 

La réaction des marchés obligataires est restée, jusqu’à présent, plutôt modérée. L’écart entre le taux italien à 10 ans et son homologue allemand s’est élargi de moins de 10 points de base dans les heures ayant suivi le scrutin.

 

« C’est une situation normale pour l’Italie, commente David Zahn (Directeur de la gestion obligataire Europe chez Franklin Templeton), l’incertitude politique y est monnaie courante, et nous pensons que les marchés obligataires européens sont susceptibles de réagir avec pragmatisme à l’absence de vainqueur manifeste. » S’il s’attend à une réaction relativement optimiste de la part de ces marchés, David Zahn avertit cependant des conséquences ultérieures si les autorités négligent de prendre le besoin de réformes au sérieux : « Sur le plus long terme, il est possible que l’inertie redevienne un problème pour l’Italie. »

 

Les actions italiennes ont en revanche plus mal réagi que le marché obligataire dans un premier temps avec un recul de l’indice FTSE MIB de -0,42% lundi 5 mars alors que les autres marchés boursiers en Europe ont progressé. Une baisse sans conséquence puisque le marché italien a repris +1,74% dès le mardi 6 mars.

 

Pour Diego Franzin d’Amundi, la reprise économique en Europe et dans le monde est cette fois nettement plus solide qu'elle ne l'était par le passé, et il en est de même pour les bilans des entreprises, après plusieurs années de restructuration. A moyen-terme, les sociétés de gestion considèrent ainsi que la poursuite de l’expansion économique italienne bénéficiera à ce marché actions,  même si son rythme est moins soutenu que dans le reste de l’Europe. « Une telle situation devrait être plus favorable aux actions italiennes qu’aux BTPs (Ndlr H24 : bons du Trésor italien) qui risquent de pâtir des inquiétudes sur les finances publiques et des interrogations sur les relations du pays avec l’Union européenne » analyse Daniel Morris, de BNP Paribas AM.

 

Un « risque italien » qui devrait donc se dissoudre dans la reprise économique, frein important à la montée des populismes en Italie comme l’explique la société de gestion Dorval AM : « L’Italie devra absolument éviter un retour en arrière, et donc enterrer la plus grande partie des promesses électorales très généreuses des différents partis. C’est à cette condition que le différentiel de taux d’intérêt à long terme entre l’Italie et l’Allemagne pourra continuer à se réduire progressivement. »


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