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Ses performances, sa succession, sa vision du métier : Discussion à bâtons rompus avec Edouard Carmignac...

Publié le

 

La dernière conférence Carmignac a été le théâtre d’un exercice inédit : un moment d’échange entre Edouard Carmignac, le fondateur de la maison de gestion, et son public.

 

Une discussion sans fard où aucune question n’a été éludée et où chacun a pu s’exprimer directement ou par l’intermédiaire de Didier Saint-Georges, membre du comité de direction.

 

A la sortie d’une année décevante et alors qu’Edouard Carmignac passe la main sur la gestion de son fonds emblématique Carmignac Patrimoine, retour sur les moments clés…

 

http://files.h24finance.com/jpeg/Carmignac%20Questions%20R%C3%A9ponses.jpg

Edouard Carmignac & Didier Saint-Georges


 

Didier Saint-Georges : Rose [Ouahba] et David [Older] reprennent votre "enfant chéri" [Carmignac Patrimoine]. Expliquez-nous pourquoi…

 

Edouard Carmignac : Le grand défi pour une société de gestion qui se veut indépendante et se donne les moyens de le rester est d'assurer la transmission.

 

La 1ère solution est la vente et certaines sociétés ont choisi cette voix en perdant leur indépendance. C'est le pire service qu'on puisse rendre à ses associés mais surtout à ses clients. Les préoccupations des acheteurs est souvent autre que la performance et l'intérêt de leurs clients.

 

J'ai la chance d'avoir une fille, Maxime, qui a le talent mais aussi le désir de reprendre un jour la direction de la maison.

 

Et il faut aussi des moyens avec l’équipe de gestion. On a aujourd'hui vraiment cette capacité de continuer à vous donner des performances. Ce n'est pas facile de trouver un tandem ou une équipe resserrée qui puisse continuer à performer dans le temps. Il y a 5 ans je vous annonçais que j'allais me retirer de la gestion. Cela a évidemment été préparé. Il a fallu 5 ans pour en arriver là et un an pour trouver l'oiseau rare : David. Il a l'expérience et la connaissance. Malheureusement en Europe il n'y a pas tellement de talent [Ndlr H24 : David Older est Américain]. Pour moi l'avenir est là. David est arrivé il y a 3 ans chez nous, il a commencé à s'occuper de la technologie puis des actions américaines et à partir de septembre je lui ai donné l'ensemble de la gestion actions. Il m'a vraiment montré sa capacité à gérer le portefeuille.

 

L'équipe est là, elle s'entend bien, elle fonctionne bien. Ce qui me semble important est que l'on arrive à bien mettre en place nos convictions sur la macro... Pour moi c'est très difficile d'être à la fois gérant et déterminer les grands axes de la gestion ainsi que de voir venir les quelques turbulences sur les marchés. L'idée était de resserrer l'équipe de gestion avec un comité d'investissement stratégique et être davantage en mesure de prendre des décisions de façon efficace [Ndlr H24 : L’objectif de ce comité réuni autour d’Edouard Carmignac est de sélectionner des convictions macroéconomiques à moyen terme, en s’appuyant sur un processus discipliné et un suivi documenté des positions tout en s’assurant que la conclusion de ces analyses soit reflétée dans les portefeuilles]. C'est important de pouvoir se remettre en cause. On va pouvoir s’assurer de gérer les risques convenablement.

 

[Carmignac] Patrimoine est le navire amiral car il est important [en encours] mais aussi parce qu’il est multi-stratégies. Je suis non seulement confiant mais aussi heureux d'avoir mené ce processus à terme.

 

Didier Saint-Georges : Ce n’est pas mettre la pression sur Rose et David ?

 

Edouard Carmignac : C'est une pression bienveillante.

 

Didier Saint-Georges : Je sais que vous êtes connu pour mettre la pression sur les gens… [Sourire] Quels sont d'après vous à moyen-terme les risques principaux et les principales opportunités pour les marchés ? Ce que veulent les clients est gagner de l'argent, peut-être pourriez-vous insister plus sur les opportunités…

 

Edouard Carmignac : Je vais commencer par les risques. J'aime bien éliminer les mauvaises nouvelles mais elles sont là et il faut en tenir compte.

 

Il y a l'inévitable ralentissement de l'activité globale. Elle a été stimulée artificiellement depuis 10 ans par des politiques monétaires accommodantes. Face à un ralentissement la Chine, la locomotive principale de la croissance, il y a des freins structurels à ce ralentissement.

 

Le péril connexe est la montée des populismes. C'est une frustration croissance des pays développés. Les classes moyennes ont été appauvries par la globalisation et une fiscalité qui était censée assurer une meilleure redistribution des revenus ainsi que par la technologie qui remet en cause un certain nombre de postes de travail.

 

Didier Saint-Georges : [Il le coupe] … Et comment va-t-on va gagner de l'argent ?

 

Edouard Carmignac : D'une part en essayant de vous protéger de ces périls. Il y aura un moment où il faudra être plus actif.

 

Les opportunités principales sont dans la technologie. Elle va créer des opportunités extraordinaires mais aussi remettre en cause l'échelle du prix des actifs dans tous les domaines. Les pistes clés qui semblent se dessiner : internet avec 35% de l'humanité connectée, le prix des smartphones qui baisse de façon radicale, le prix des communications est de zéro, la musique ne coute plus grand-chose, et de façon plus majeure, l’éducation quasiment mise à portée de tout le monde avec un coût zéro. C'est majeur pour les pays émergents mais aussi pour nos propres pays.

 

La technologie va créer l'abondance également. Imaginez ce que cela va apporter d'avoir de l'énergie abondante et bon marché. Pour l'alimentation également, on va pouvoir par prélèvement de cellules auprès d'un bœuf ou d'un cochon fabriquer des steaks au kilomètre. Vous pourrez choisir du bœuf de Kobe qui vaut une fortune parce il faut le masser et lui faire boire de la bière. Vous prélevez une cellule et aurez du bœuf de Kobe pour 1€ même pas. On pourra nourrir des populations qui ont du mal à être alimentées de manière économique.

 

Pour la santé également, je ne dis pas que l'on pourra vivre jusqu'à 150 ou 200 ans, mais au moins on pourra augmenter notre espérance de vie de manière significative. Enfin il y a la thérapie génique, qui est très décriée, mais une maladie comme Alzheimer pourra être éradiquée auprès des populations les plus vulnérables par des manipulations génétiques.

 

Voilà quelques pistes prometteuses. Accrochez vos ceintures ! Il va falloir tenir compte des disruptions. Certaines entreprises prendront les devants et d'autres seront les victimes. D'où la nécessité d'avoir une équipe qui anticipe ces transformations.

 

Didier Saint-Georges : Une raison de plus d'avoir recruté David qui a du boulot. [S’adressant au public] J'espère avoir brisé la glace, donc plongez !

 

Intervenant du public : Ça fait beaucoup d’années que je vous connais. J'avoue être un peu partagé, d’un côté j’ai le sentiment que depuis des années on m'explique ce qui n'a pas marché et pourquoi, et d’un autre côté on me donne un petit peu d’optimisme et l’affection que j’ai pour la maison Carmignac fait que je vais plutôt retenir cet optimisme que le côté un petit peu négatif. Je suis heureux aussi de voir que Carmignac reste une société indépendante puisque des 5 de la fin des années 90, vous êtes la dernière indépendante. On reste fidèles à Carmignac malgré ces années mitigées, mais nos clients sont restés aussi fidèles à nous. Est-ce qu’on ne pourrait pas leur donner un petit moteur de performance puisque vous êtes resté indépendant et que vous n’avez pas besoin de rémunérer un actionnaire, en baissant un petit peu les frais de gestion ? Ce qui permettrait à nos clients qui nous ont fait confiance de gagner un petit peu plus d’argent...

 

Edouard Carmignac : Merci pour votre fidélité et votre affection, je suis un grand affectif et j'y suis particulièrement sensible. Notre réussite, c'est aussi la vôtre. Nous avons à cœur de réussir non seulement pour nous mais aussi pour vous. Nous avons défendu la corporation des indépendants parce que nous sommes indépendants et il faut pouvoir assurer la distribution des meilleurs produits, par forcément toujours les nôtres, au plus grand nombre. Et vous êtes vraiment la corporation dont c’est la vocation et il est essentiel que malgré les règlementations en veux-tu en voilà. On veut que vous continuiez à prospérer tous.

 

Effectivement, nos performances sont décevantes et pour moi la performance de [Carmignac] Patrimoine l'année dernière est I-NAC-CEP-TABLE [Ndlr H24 : -11,29% en 2018]. On vous a donné de mauvaises performances pendant 10 ans en ne mesurant pas l'impact des politiques monétaires sur les marchés.

 

Je suis un gérant obsessionnel comme le sont tous les bons gérants, et cette culture a été transmise à l’ensemble de l’équipe. Nous dormons mal quand les performances sont décevantes. Ça vous fait une belle jambe mais ça nous préoccupe. Alors comment faire passer "la pilule" pour reprendre une expression à la mode aujourd’hui avec Mr Houellebecq ? [Ndlr H24 : son septième roman "Sérotonine" est paru le 4 janvier dernier]

 

D'une part, en procédant de manière transitoire. Une page s’est tournée, on a appris les leçons, la transmission s'est faite. Tout ça ne se fait pas toujours facilement, elle est là. Et on ne vous a pas pris de commissions de surperformance pendant cette période, n’est-ce pas ? Donc vous avez eu un discount important ! Maintenant, non seulement on va vous donner des performances mais on va vous faire payer des commissions de surperformance. Ça vous plaît ça ? Vos clients seront contents. Vraiment, on va tout faire pour ça.

 

Intervenante du public : Quelle est la position de l'entreprise face aux normes RSE. Est-ce que vous êtes ou vous allez être une entreprise "sociétalement" responsable ?

 

Edouard Carmignac : Nous sommes une société socialement responsable. Nous avons déjà 3 fonds qui ont le Label... label… comment il s'appelle… ISR ! Ce qui est important n'est pas les initiales mais ce qu'il y a derrière.

 

Comme je vous l’ai déjà dit, on n’a pas attendu l'arrivée de ces normes pour avoir une gestion éthique. On s'est tenus à l'écart du tabac, de l'armement... ça ne me plaît pas et il n'y a aucune visibilité. Sur [Carmignac] Patrimoine aujourd'hui nous n'avons plus d'énergies fossiles. Je ne pense pas que ce soient de bons investissements.

 

Il y a une incitation forte pour les bons gérants d'être alignés avec les intérêts sociétaux à long-terme. Est-ce qu'on va, parce que ça fait plaisir aux sélectionneurs de fonds ou parce que c'est à la mode, chercher automatiquement le badge... ISR - J'ai du mal avec les initiales - NON ! Ce qui est important est que vous ayez conscience que en tant que bon gérant, on doit tenir compte de ces considérations là mais pas non plus tomber dans le panneau de n’acheter que des titres qui ont ce badge-là. Parce que si on fait cela, on achète souvent des titres qui sont survalorisés car, devinez quoi... c'est à la mode ! [Applaudissements du public]

 

Didier Saint-Georges : La question qui me revient souvent est celle du modèle qui a été notre succès - votre succès - pendant 20 ans, qui est celui de Carmignac Patrimoine. Un modèle diversifié actions/obligations, qui objectivement ces dernières années n'a pas produit beaucoup de performance, chez nous mais pas seulement. Les fonds diversifiés n’ont pas fait le job, en particulier en 2018. Est-ce que ce modèle-là est un modèle dépassé... ou pas ?

 

Edouard Carmignac : Cette question-là, permettez-moi de vous le dire, vous auriez dû me la poser il y a 10 ans. Si on avait bien analysé l’impact des politiques monétaires, la seule chose à faire c’était d’acheter un ETF sur les actions, ça coûte pas cher et les marchés actions ont monté quasiment en ligne droite.

 

Aujourd'hui le contexte est vraiment différent. Le marché obligataire recèle des opportunités, on n'est pas obligé d'acheter des Bunds allemands à 20 pts de base. C'est à nous de saisir ces opportunités sur les marchés de taux aussi.

 

Il faut que vous perceviez ce fonds patrimoine non pas comme un fonds diversifié rigide où lorsque l'on reçoit 1€, on met 50 centimes sur les produits de taux sans trop se poser de question, 50 centimes sur d’autres produits et puis voilà. Ce n’est pas le cas, c'est un fonds mobile ou l'exposition actions va varier dans le temps.

 

Ce qui est très difficile pour vos clients est de savoir à quel moment il faut entrer ou sortir sur les marchés actions. Aujourd'hui, les bons fonds diversifiés, et [Carmignac] Patrimoine en est, sont les véhicules d'investissement idéaux. Si les deux poches taux et actions sont bien gérées et qu'en plus de cela on gère les risques et évitons les trous d'air, cela permet de vous délester et délester votre client du souci de se dire « où vont les marchés » ?

 

Carmignac Patrimoine est dans ce cadre le fonds idéal. Soyez de bons gérants, soyez contrariants, évitez les modes. Si la mode aujourd'hui n'est pas aux fonds diversifiés, posez-vous la question…

 


Pour en savoir plus sur les fonds Carmignac, cliquez ici.


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