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Électrochoc : A lire en urgence si vous souhaitez survivre dans le métier !

 

http://files.h24finance.com/jpeg/Sonia%20Fendler.jpg

 

 

 

H24 : La réglementation PRIIPs entre en vigueur le 31 décembre 2016 et va bouleverser d’après vous le système de distribution des produits financiers. Pourquoi avoir fait ce tweet alarmiste maintenant ?

 

Sonia Fendler : Parce que personne ne bouge et que je ne sais plus quoi faire pour alerter les gens du métier.

 

Jusqu’en novembre 2015, on évoquait un DICI simplifié par contrat d’assurance et puis ça a dérapé…

 

On n’a pas vu le truc partir et maintenant il faut remettre des centaines de documents supplémentaires qui tiennent compte du nombre d’unités de compte.

 

 

H24 : Plus précisément, quelles sont les conséquences pour les compagnies d’assurance ?

 

SF : On a commandé une étude à  un cabinet de conseil : avec un fonds euros, 11 unités de comptes, de la gestion profilée, une gestion pilotée, quelques options de gestion assez classiques…

 

Un simple contrat comme celui-ci exigerait 158 documents !

 

Rien que pour Generali, vu le nombre de contrats en architecture ouverte, ça nous ferait plus 52000 documents au total !

 

 

H24 : Mais le digital ne peut-il pas vous aider ?

 

SF : On n’est même pas sûr que la remise des documents puisse se faire par le digital.

 

Et même si c’est autorisé, je ne sais pas faire.

 

Car il faut mettre la totalité des documents à  jour de façon régulière en fonction du scénario de risque qui lui-même varie.

 

De plus, il faut remettre le DICI à  jour par unité de compte.

 

On ne sera jamais fiable donc on ne prendra pas le risque car une mauvaise mise à  disposition de ces données peut entraîner une pénalité qui représente 3% de notre chiffre d’affaires.



H24 : Pour le DICI des UC, les asset managers peuvent vous aider non ?

 

SF : Les assets me disent : « Ne t’inquiète pas, on te mettra à  disposition les données ».

 

Je leur dis : « OK ! Vous allez me fournir les données mais ça ne suffit pas !

 

Vous allez me transmettre les infos pour le fonds *BIIP*, sauf que moi je vais rajouter mon profil de risque, je vais rajouter les frais de gestion de mon contrat, je vais rajouter les options de gestion…

 

Donc malgré tout, *BIIP* je vais l’avoir 30 fois dans ma maison.

 

C’est à  moi de construire les documents et c’est moi qui serai responsable des données qui sont dedans.

 

Si vous me mettez des informations fausses, c’est moi qui suis responsable ».

 

 

H24 : Quelles sont les conséquences pour les asset managers ?

 

SF : J’ai envoyé à  tous mes asset managers un courrier comme quoi je passais à  30/50 fonds dans mes contrats au lieu des 4000 disponibles que j’ai aujourd’hui.

 

C’est la mort des petites boîtes de gestion !

 

Je ne sais pas si les gros se l’imaginent mais pour moi ils ne vont pas y gagner.

 

 

H24 : S’il y a moins d’acteurs, ce sont pourtant bien les « gros » qui gagnent ?


SF : Les gros vont survivre, mais ils en auront moins j’en suis certaine.

 

Si on prend l’exemple de *BIIP* je vais choisir 2 fonds dans sa gamme et pas 10.

 

Car si j’en ai 10 de *BIIP* sur les 30 de mon nouveau contrat, ça ne va pas aller.

 

En plus tous les ans on nous demande de nouveaux fonds.

 

Ce ne sera pas possible de continuer à  incrémenter : on en rentre un, on en sort un.

 

Franchement, je trouve que c’est une hérésie.

 

Quelques assets commencent tout juste à  comprendre.

 

J’ai passé des coups de fil à  droite et à  gauche, tout le monde comprenait bien mais je n’ai pas beaucoup d’écho.

 

 

H24 : La solution n’est-elle pas de passer par des fonds de fonds profilés : prudent/équilibré/dynamique ?


SF : Bien sûr que l’on fera des fonds de fonds mais ça ne résout pas l’architecture ouverte.

 

Ce n’est pas ce que veut le client final.

 

On peut aussi faire un fonds euros et des fonds Generali Investments.

 

Globalement ça risque de se terminer comme ça…

 

Et là  on reviendrait en arrière, je suis désespérée.

 


H24 : Quelles conséquences pour les CGPI ?

 

SF : Pour moi, si cette réglementation est appliquée en l’état les CGPI sont morts !

 

Les banques elles, vont se retourner sur leur maison mère en architecture fermée.

 

Et je suis la seule à  être affolée au nom des CGPI.

 

Mais je les aime...

 



H24 : Carmignac, DNCA, Financière de l’Echiquier…sont des sociétés qui doivent une partie de leur réussite aux CGPI.

 

SF : Oui, les CGPI ont fait le succès des sociétés de gestion entrepreneuriales qui sont aujourd’hui référencées dans les grosses banques, chez les agents généraux…

 

C’est bien d’avoir des concurrents qui apportent des innovations.

 

Quand on pense que cela arrive au moment où l’on vous dit qu’il ne faut plus de fonds euros…

 

Il faut se battre et tant que ce n’est pas fait j’irai jusqu’au bout.

 

On ne sait même pas si cela ne va être que sur le flux des affaires nouvelles ou si cela va être sur le stock.

 

Je n’en sais rien aujourd’hui et l’Europe ne veut pas reculer.

 

 

H24 : Que font les associations de CGP ?

 

SF : C’est aujourd’hui que les associations de CGP doivent monter au créneau.

 

Ce qui m’a fait réagir d’ailleurs est la newsletter de Benoist Lombard qui parlait de PRIIPs.

 

Ne rien dire est une erreur.

 

Alerte rouge !


 

H24 : Concrètement que fait Generali ?

 

SF : Ce que l’on est en train de faire, c’est de montrer ce que représente cette réglementation d’un point de vue papier.

 

Je vais imprimer tous les DICI.

 

Par exemple pour un contrat Himalia, montrer ce que ça veut dire.

 

Montrer que ça fait 30cm d’épaisseur.

 

A côté de ça on va montrer ce que l’on préconise nous : le DICI par contrat qui fait 3 pages.

 

Et on envoie cela aux parlementaires européens.

 



H24 : Que font les autres assureurs ?

 

SF : Je les trouve tous défaitistes.

 

Je pense qu’ils ont tous baissé les bras.

 

Mais de toute façon, je me bats jusqu’au bout.

 

 

H24 : Mais alors que faire ?

 

SF : Il y a une vraie urgence.

 

Il faut revenir sur l’origine : la défense du client final.

 

C’est ce que regardent les parlementaires européens.

 

Ils s’en fichent que des acteurs disparaissent, ce n’est pas le sujet.

 

C’est le client final qui compte.

 

Mais tout ça ne va pas au bénéfice du client.

 

Si au moins ça l’était…mais ce n’est pas le cas.

 

 

 

Infos H24 : Axa nous a assuré que la Direction Juridique était sur le sujet et Benoist Lombard, Président de la CNCGP, nous confirme qu’il travaille depuis des mois sur ces problématiques.


On espère que Sonia Fendler va trouver des alliés pour « se battre ».


A suivre…

 


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