« Minimiser le risque et générer des rendements ne sont pas des objectifs contradictoires…»
Rafaella Ostier, Responsable des relations avec les CGPI chez Nordea Investment Funds, nous présente les atouts de la gestion diversifiée dite en « budget de risque ».
Quelle analyse portez-vous sur le contexte de marché actuel ?
Le défi est toujours aussi grand pour les investisseurs, capter du rendement tout en protégeant leur portefeuille.
L’équation n’est pas simple, surtout lorsque les taux des actifs « sans » risque sont profondément ancrés à des niveaux planchers et que les turbulences de marchés ressurgissent.
Incités depuis quelques années à explorer des univers d’investissement un peu plus rémunérateurs, donc plus risqués, bon nombre d’investisseurs n’ont pu éviter la correction des marchés qui s’est produite au cœur de l’été.
Ce constat souligne la place essentielle que doit occuper la gestion du risque dans la construction d’une allocation d’actifs.
Ces dernières années, nous avons constaté l’essor de nombreuses stratégies basées sur la gestion du risque.
Comment l’approche en « budget de risque » se distingue-t-elle ?
Si les processus de gestion du risque peuvent être très différents d’un fonds à l’autre, ils ont tous pour objectif de réussir quelles que soient les conditions de marché, avec des résultats assez hétérogènes.
De son côté, la gestion en « budget de risque » consiste à contraindre l’allocation d’actifs à un budget de risque global prédéfini.
Lorsqu’une classe d’actifs ou un titre ne respectent pas ce budget, ils ne sont pas intégrés au portefeuille, quitte à manquer certaines opportunités dont le potentiel de performance aurait pu sembler attractif, a priori.
Cette approche a prouvé qu’elle limite la volatilité, les drawdowns et préserve mieux le capital.
Et quoique résolument prudente, une telle gestion ne diminue pas forcément la part allouée aux actifs risqués comme les actions, mais cherche plutôt à en abaisser le niveau de risque.
Abaisser le niveau de risque revient à diversifier le portefeuille…
Plus que la diversification à proprement dit, c’est la décorrélation des actifs qui importe : trouver des actifs réellement décorrélés les uns des autres pour réduire le risque d’un portefeuille est un aspect essentiel de l’allocation d’actifs.
Beaucoup de gérants pensent que l’empilement de nombreuses classes d’actifs permet d’avoir un portefeuille diversifié.
Pourtant, quand les marchés sont très stressés, le bénéfice de la diversification disparaît généralement.
Au sein de classes d’actifs traditionnelles comme les actions ou les obligations, il est possible de trouver suffisamment de « facteurs de performance » décorrélés.
Par « facteurs de performance », nous entendons les primes de risque composant le rendement attendu d’une classe d’actifs.
Prenons l’exemple d’une obligation Investment Grade.
Sa performance dépend de deux facteurs principaux : la trajectoire des taux d’intérêt des obligations d’Etat (prime liée au risque de duration), dont les performances sont généralement bonnes quand les marchés sont stressés, et les spreads de crédit (prime liée au risque de crédit), dont les performances sont généralement bonnes quand les marchés aiment le risque.
En résumé, notre objectif est d’identifier les facteurs de performance fonctionnant dans différents environnements de marché.
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