+ 5,44% YTD après + 24,3% en 2013 pour ce fonds bien connu des conseillers, interview de son gérant...
Quartier Libre pour Pierre Nebout, gérant du fonds EdR Tricolore Rendement, et Frédéric Lorenzini
Frédéric Lorenzini : Le risque déflationniste vous semble-t-il réel en Europe ?
Pierre Nebout : On a un précédent avec le Japon… Ce qui me rassure c’est la réactivité de la Banque Centrale Européenne. J’ai plutôt confiance dans sa capacité à éviter ce risque.
FL : Quels sont les relais de croissance pour les entreprises françaises ?
PN : Les débouchés mondiaux pour les sociétés qui ont su s’adapter en productivité et en innovation en dépit des handicaps structurels franco-français. Surtout si on relâche les contraintes.
FL : Vous vous fixez un objectif de cours pour le CAC 40 à fin 2014 ?
PN : C’est une question que je n’ai jamais comprise et à laquelle je n’ai jamais voulu répondre : on est sur une équation avec trop de variables, c’est hors de portée d’un gérant.
FL : D’où viendra la prochaine crise ?
PN : Je ne peux répondre que des banalités… Il y a un risque en Chine compte tenu de l’opacité et de la complexité des règles du jeu ; même si la transition est plutôt bien gérée, on n’est pas à l’abri de mauvaises surprises...
FL : Les 3 secteurs qui vous paraissent aujourd’hui les plus porteurs ?
PN : Ce à quoi on a envie de croire, tout ce qui est domestique, qui a une capacité de restructuration et qui a été pénalisé par la crise de la zone euro : Eiffage, Peugeot, Carrefour…
FL : Est-ce que cela a encore un sens d’investir sur un fonds limité aux seules actions françaises ?
PN : Oui quand le gérant a une vraie proximité avec les entreprises, surtout lorsque l’on veut faire des investissements sur des situations complexes (deep value). Mais le fonds est aussi ouvert à hauteur de 25% à des sociétés européennes comme RWE ou Telecom Italia.
FL : Votre meilleur souvenir de gérant ?
PN : Avoir renoncé à la spéculation sur le secteur bancaire : fin 2006 on a décidé de ne plus participer à la fête, on ne comprenait plus la valorisation.
FL : Le plus important dans la gestion : l’imagination ou la discipline ?
PN : Plutôt la discipline, ce qui ne m’empêche pas de sortir des sentiers battus.
FL : Quelle est la structure de votre portefeuille financier ?
PN : 50% investis en actions principalement dans le fonds que je gère, et 50% sur des fonds patrimoniaux.
FL : Votre ambition ?
PN : Durer dans le métier et continuer à construire une histoire pour les investisseurs qui me font confiance !
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