
Une nouvelle fois, Lombard Odier IM s’adapte au marché et met en avant une approche opportuniste du crédit à travers sa stratégie Fallen Angels
3 questions à... Stéphane Vonthron, Directeur France, Belgique et Luxembourg de Lombard Odier Investment Managers.
Quelle est l’actualité chez Lombard Odier IM ?
Stéphane Vonthron
L’actualité de Lombard Odier Investment Managers est particulièrement riche, marquée par plusieurs anniversaires clés qui illustrent à la fois la solidité historique et l'adaptabilité de la maison.
Tout d’abord, Lombard Odier célèbre ses 230 ans d’existence, un jalon emblématique qui témoigne de la pérennité, de la capacité d’adaptation et de l’expertise du groupe qui a traversé 40 crises financières.
La société fête les 5 ans de sa stratégie Target Net Zero qui propose une gamme de solution durable permettent de combiner une réduction de l’empreinte carbone (de l’ordre de 30% vs indice standard) avec une faible Tracking Error (<1%) et pas de biais factoriels. Disponible en version globale, Europe, et EM, l'ensemble de la franchise représentent 5 Mds€ d'AUM.
Enfin, Lombard Odier IM célèbre les 3 ans de sa stratégie Transition Materials qui offre un accès ciblé aux matières premières clés de la transition bas carbone et de la digitalisation. Exposé directement aux métaux industriels, précieux et matériaux critiques via futures — sans pétrole/gaz ni minières — il combine analyse fondamentale des tensions offre/demande et implémentation systématique.
En parallèle, la société poursuit le renforcement de ses équipes commerciales en France afin d’accompagner sa dynamique de collecte, notamment auprès des conseillers en gestion de patrimoine.
Quelle est votre lecture de l’environnement macroéconomique ?
Stéphane Vonthron
Chez Lombard Odier IM, nous pensons que l’environnement macroéconomique apparaît aujourd’hui globalement résilient, malgré un contexte marqué par de fortes incertitudes géopolitiques et des tensions inflationnistes.
D’une part, la croissance économique reste solide. Les indicateurs avancés, notamment aux États-Unis, montrent une consommation robuste et un cycle économique qui tient pour le moment. Ce dynamisme se reflète également dans les marchés financiers, soutenus par d’excellents résultats d’entreprises à l’échelle mondiale. Les secteurs de la technologie, portés notamment par l’intelligence artificielle, ainsi que l’énergie, constituent actuellement les principaux moteurs de la croissance.
D’autre part, les risques macroéconomiques restent bien présents. Le principal point de vigilance concerne l’inflation, alimentée notamment par la hausse des prix du pétrole, exacerbée par les tensions géopolitiques (en particulier au Moyen-Orient). Si ces niveaux élevés de prix de l’énergie devaient perdurer dans le temps, ils pourraient peser sur la croissance et raviver un scénario de type stagflation.
Enfin, le contexte géopolitique demeure une source d’incertitude importante, avec des impacts potentiels différenciés selon les zones géographiques, l’Europe apparaissant plus vulnérable dans certains cas.
En résumé, notre lecture est celle d’un environnement encore porteur, grâce à la solidité du cycle économique et des fondamentaux des entreprises, mais marqué par des risques croissants, notamment inflationnistes et géopolitiques, qui appellent à la vigilance.
Dans cet environnement, quelle expertise mettez-vous en avant ?
Stéphane Vonthron
Dans cet environnement incertain, nous mettons en avant une expertise défensive et opportuniste sur le crédit à travers notre stratégie de Fallen Angels – Fallen Angels Recovery (LU2346313575).
Cette stratégie de niche consiste à investir dans des obligations qui viennent d’être dégradées de la catégorie Investment Grade (BBB-) vers le High Yield (BB+). Ce moment de transition est particulièrement intéressant, car il s’accompagne généralement d’un choc technique sur les prix. En effet, de nombreux investisseurs institutionnels contraints de détenir uniquement de l’Investment Grade sont forcés de vendre ces titres, ce qui crée un trou de liquidité et entraîne une baisse mécanique des prix, historiquement de l’ordre de -10 à -15 %.
C’est précisément cette inefficience de marché que nous cherchons à capter. Plutôt que de dépendre uniquement du portage ou d’une hypothétique compression des spreads — peu probable dans le contexte actuel— la stratégie Fallen Angels permet de générer de la performance via un effet prix positif, lié à la normalisation progressive des valorisations une fois le choc de dégradation absorbé.
Un autre élément clé de cette approche est le positionnement qualitatif. Bien que ces obligations appartiennent désormais à l’univers High Yield, elles restent en moyenne mieux notées (autour de BB+) que le reste du marché, où la notation moyenne est plus faible (BB-). Cela permet de conserver une exposition limitée aux segments les plus risqués, notamment le CCC, où se concentrent la majorité des défauts.
En résumé, notre expertise sur les Fallen Angels repose sur notre capacité à tirer parti d’inefficiences techniques de marché, tout en maintenant une discipline rigoureuse en matière de qualité de crédit. Cette approche se reflète dans les performances du fonds — 6,3% en 2025, 4,8% en 2024 et 5,5% annualisé sur trois ans (au 30/04/2026) — pour un encours supérieur à 335 M€ sous SRI 2.
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