Jusqu’à quel point les émergents peuvent-ils plonger...?
Quartier Libre pour Eric Bernard, gérant des fonds CamGestion Valeurs Euro et Convertibles Europe*, et Frédéric Lorenzini
Frédéric Lorenzini : Jusqu’à quel point les émergents peuvent-ils plonger ?
Eric Bernard : Est-ce que les banques centrales vont leur venir en aide ? L’économie mondiale ne peut plus laisser déraper les grands émergents comme ce fut le cas pour la Thaïlande par le passé.
FL : Les Etats-Unis ont-ils encore les moyens de leurs ambitions ?
EB : Dans la mesure où les marchés font encore confiance à la dette américaine, très clairement oui. Il s’agit d’un pays réactif, qui suit les cycles économiques assez bien.
FL : La crise ukrainienne : écume des jours ou risque sérieux ?
EB : Je pense que l’on assistera à des tensions limitées dans le temps : une discussion à deux, Russie et Etats-Unis, risquerait de déboucher sur des positions crispées. Mais il y a l’Europe au milieu, beaucoup de monde souhaite une solution diplomatique.
FL : Quelles sont vos anticipations sur les taux à fin 2014 ?
EB : Nous sommes assez consensuels sur cette question, nous anticipons une légère remontée de 10 à 20 points de base.
FL : La réforme la plus importante à réaliser en France ?
EB : Mettre en place concrètement la réduction des dépenses de l’Etat. Le Président l’a dit, il faut le faire.
FL : Quel est votre tiercé gagnant pour 2014 ?
EB : Dans mon univers d’investissement, l’Europe : les actions avec un biais value, les convertibles et le crédit Europe du Sud.
FL : Comment sait-on qu’on doit vendre un titre ?
EB : La politique de vente est directement liée au processus de gestion, si on a une vision long terme on n’est pas à quelques centimes près et on ne cède pas un titre sur un coup de tête. Bref on vend progressivement quand on est arrivé à la conviction qu’un titre ne peut plus surperformer durablement.
FL : Votre plus belle plantade, comme gérant ?
EB : Récemment, c’est Nokia en 2013. La société a émis des obligations à l’automne 2012 avec un succès mitigé, l’action a commencé à se reprendre en 2013 et à accélérer en août, la convertible a suivi… moi pas.
FL : Comment être à l’aise sur plusieurs classes d’actifs ?
EB : J’essaie de simplifier la matière, de ne pas entrer inutilement dans les détails et d’avoir une position de long terme. Les convertibles ça a l’apparence technique mais il y a 3 variables essentielles à surveiller : la sensibilité aux taux, la sensibilité aux actions et la sensibilité aux spreads de crédit.
FL : Votre carrière dans 10 ans ?
EB : Je suis dans la gestion depuis 89, certainement que dans 10 ans je serai sur d’autres projets.
* et co-gérant de CamGestion Deep Value, CamGestion Actions Croissance et CamGestion Situations Spéciales, ainsi que des fonds diversifiés dont il assure l’allocation.
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