« la Value a retrouvé ses lettres de noblesse », Igor de Maack, gérant chez DNCA
Quartier Libre pour Igor de Maack, Co-gérant des fonds Gallica et Centifolia et Frédéric Lorenzini
Frédéric Lorenzini : Vous intervenez aux cotés de Jean-Charles Mériaux sur les fonds Gallica et Centifolia, est-ce que cela a encore du sens d’investir sur un fonds d’actions françaises ?
Igor de Maack : Cela en a encore plus après la conférence du Président de la République et les mesures annoncées : les entreprises françaises ont des marges en retrait par rapport à leurs homologues américaines ou allemandes, les allégements de charges vont les rendre plus rentables.
Frédéric Lorenzini : Est-ce que l’économie française n’est pas devenue l’homme malade de la zone euro ?
Igor de Maack : Je ne sais pas si c’est l’homme malade ou plutôt endormi… L’économie française redémarre beaucoup moins bien que les autres, peut-être à cause de mécanismes absorbeurs au niveau de l’emploi. Il faut aller plus loin dans la compétitivité du coût du travail.
Frédéric Lorenzini : Quel objectif pour le CAC40 dans 12 mois et dans 24 mois ?
Igor de Maack : Dans la configuration actuelle il faut surtout se concentrer sur la progression des résultats : on a eu 2 ans de hausse des marchés liée à une baisse de l’aversion au risque avec une expansion des multiples. Mais ça ne suffit plus, maintenant ce qu’il faut c’est une hausse des résultats.
Frédéric Lorenzini : Quels sont les secteurs sur lesquels vous êtes le plus serein ?
Igor de Maack : Les médias, les télécommunications, la distribution aussi bien alimentaire que spécialisée… Bref les secteurs liés à la consommation européenne, ce sont les moins chers et ils devraient profiter de la reprise.
Frédéric Lorenzini : Sur les marchés il y a parfois des rotations sectorielles, comme investisseurs est-ce qu’il ne faut pas faire des rotations de styles et alterner growth et value ?
Igor de Maack : On est dans une phase de marché où la Value a retrouvé ses lettres de noblesse. Mais bien sûr il y a des cycles et nous disposons aussi d’un fonds growth.
Frédéric Lorenzini : Vous êtes un gérant de conviction, pendant combien de temps peut-on avoir raison contre le marché ?
Igor de Maack : Autant de temps qu’on supporte la solitude ! L’investissement requiert du temps. Mais il ne faut pas que la conviction se transforme en entêtement.
Frédéric Lorenzini : L’erreur à ne pas commettre lorsque l’on est investisseur particulier ou professionnel ?
Igor de Maack : On a tendance à dire à nos clients de rester à l’écart des modes, et à leur rappeler la formule de Jean Guitton « Etre dans le vent, c’est avoir un destin de feuille morte ».
Frédéric Lorenzini : A quoi reconnaît-on qu’un fonds est bien, ou mal, géré ?
Igor de Maack : Essentiellement 2 choses à regarder : la volatilité intrinsèque du fonds, il ne faut pas qu’il y ait des ruptures de la VL. Et quand il y a des hausses ou des baisses importantes de performance, le gérant doit être capable de les expliquer.
Frédéric Lorenzini : Comment est investi votre portefeuille financier ?
Igor de Maack : La majeure partie est investie dans le capital de DNCA. Le reste dans les fonds actions que je connais le mieux : ceux de DNCA.
Frédéric Lorenzini : Croyez-vous à la disparition de l’homme sur terre ?
Igor de Maack : On ne peut écarter que ce scénario ait une probabilité mais pas dans mon espérance de vie, je laisse la question à un de mes successeurs… Je botte un peu en touche, mais c’est parce que j’ai beaucoup joué au rugby.
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