Carmignac : Le lettre mensuelle de Didier Saint-Georges, Membre du Comité d'Investissement
«All you need is growth…»
La question de la croissance revient partout sur le devant de la scène, mais des réponses très différentes y sont apportées selon les pays.
En seulement deux mois, plusieurs réponses, dont la comparaison est particulièrement éclairante, ont déjà été apportées à la question que nous posions dans notre Lettre de janvier (« 2013 : que feront les politiques de l’économie »).
En Italie, le résultat des élections générales, en accordant plus d’un quart des voix au parti contestataire de Beppe Grillo, et moins de 10% à Mario Monti, confirme à la fois un désaveu de la classe politique, et la lassitude de la population à l’égard de la discipline budgétaire.
Au Japon, le succès de Shinzo Abe aux élections générales de décembre reflétait aussi le profond désir de perspectives nouvelles de la part de la population. Mais le vote italien débouche sur une paralysie probable de l’exécutif, qui devra au mieux s’appuyer sur une coalition fragile autour d’objectifs incompatibles de réformes et de croissance.
Au contraire, il ouvre au Japon sur la perspective d’un programme de relance fort, avec notamment une très grande liberté dans l’utilisation de l’arme monétaire pour briser quinze ans de déflation. Dans le même temps, la réponse des politiques américains demeure déplorable et n’a pas su éviter le déclenchement automatique de coupes budgétaires arbitraires.
Mais pour l’instant, la vitalité de l’économie américaine parvient à encaisser sans broncher « fiscal cliffs » et autres «sequestres». Le monde émergent s’inquiète lui aussi de l’incertitude causée par le renouvellement politique chinois.
Mais en attendant, l’octroi de crédit demeure solide et soutient le rééquilibrage de la demande. La gifle infligée en Italie au primat de l’austérité budgétaire entre donc en résonance avec ces aspirations globales à la croissance.
Mais elle souligne du même coup le contraste entre le poids des obstacles politiques encore à surmonter en Europe et les perspectives qui se dessinent dans le reste du monde. S’ajoute à ces entraves à la croissance européenne l’utilisation limitée de l’arme monétaire, qui en dépit de l’audace de Mario Draghi, demeure l’un des handicaps majeurs de la zone euro face au reste du monde, désormais décomplexé dans ce domaine.
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