
M INTERNATIONAL YIELD CONVERTIBLE est dans le viseur de Nortia cette semaine
Trajectoire
Dans un marché où les obligations offrent à nouveau du rendement, mais où les investisseurs doivent composer avec des taux encore mouvants, des valorisations actions élevées sur certains segments et une volatilité importante, les obligations convertibles occupent une place singulière. À mi-chemin entre dette et action, elles permettent de combiner un rendement obligataire, une exposition au crédit et une participation potentielle à la hausse du sous-jacent.
C’est précisément sur cela que s’appuie M International Yield Convertible, lancé en mai 2023 par Montpensier Arbevel. À l’origine, le fonds a été construit pour profiter des opportunités apparues après le choc de 2022, lorsque la remontée des taux et la baisse des marchés actions avaient fortement décoté une partie du marché des convertibles. L’idée était alors de proposer une alternative diversifiante aux fonds datés crédit classiques, en ciblant des convertibles internationales présentant un profil davantage orienté crédit. Le portefeuille compte environ 60 à 80 obligations convertibles, avec des maturités principalement comprises entre trois et cinq ans et une sélection d’émetteurs correspondant à un profil de risque de crédit globalement équivalent à du BB-BBB.
Impact
Une convertible n’est pas simplement une obligation à laquelle serait attachée une option : sa sensibilité évolue au cours de sa vie, en fonction du comportement de l’action sous-jacente, du crédit de l’émetteur, des taux et de la volatilité. Sur le marché secondaire, on distingue trois profils d’obligations convertibles selon leur sensibilité à l’action.
- La convertible à sensibilité action, généralement comprise entre 0,70 et 0,90, réagit fortement aux variations du cours de l’action et se comporte davantage comme un titre boursier.
- La convertible à sensibilité mixte, dont la sensibilité se situe généralement entre 0,35 et 0,70, présente un profil intermédiaire : sa valeur dépend à la fois de l’évolution de l’action et du risque de crédit de l’émetteur. Elle représente une part importante du marché secondaire.
- Enfin, la convertible à sensibilité crédit est peu sensible aux variations de l’action, notamment lorsque celle-ci s’éloigne fortement à la baisse du prix de conversion. La convertible se rapproche alors de sa valeur obligataire, et son prix dépend davantage du risque de crédit de l’entreprise et des taux d’intérêt. La stratégie du fonds M International Yield Convertible concentre alors son allocation vers les convertibles à sensibilité crédit.
La gestion du fonds est dynamique, et s’articule autour de trois moteurs de performance.
Le premier est le plus classique : le rendement embarqué de la convertible. Au 31 août 2026, le portefeuille affichait ainsi un rendement actuariel pondéré de 3,1%, pour une duration modifiée de 2,6 ans. Le prix moyen des convertibles représentait 97,2% du nominal, tandis que la distance au plancher obligataire était de 3,5%. Ces indicateurs illustrent le positionnement recherché : des titres suffisamment rémunérateurs et proches de leur valeur obligataire, sans pour autant renoncer à leur composante optionnelle. On y retrouve régulièrement des obligations convertibles émises par des entreprises de la tech américaine. La volatilité des titres, permets d’observer régulièrement des opportunités sur des obligations qui sont alors décotées suite à la baisse du titre actions de l’émetteur (comme ZSCALER par exemple).
Le deuxième moteur intervient lorsque l’action sous-jacente se revalorise. La convertible gagne alors progressivement en sensibilité actions et peut permettre de capter une partie de la hausse du titre. C’est une caractéristique essentielle du fonds : une position peut être achetée alors que sa composante crédit domine, puis devenir progressivement plus sensible aux actions à mesure que le scénario se réalise. Ce moteur représente en moyenne 5 à 6 dossiers par an, et permet au fonds d’avoir plus de rendement, que le rendement embarqué attendu. L’exemple de Siltronic illustre particulièrement bien cette mécanique. Le fonds a investi dans une obligation convertible de Global Wafer, échangeable en actions Siltronic, à des niveaux compris entre 91% et 95% du nominal. À l’origine, la sensibilité actions était faible et le portage constituait l’essentiel de la rémunération. Puis, avec la forte progression de Siltronic, la sensibilité actions s’est accrue et les positions ont finalement pu être cédées entre 117% et 121% du pair. Le fonds a ainsi combiné portage, amélioration de la composante optionnelle et appréciation du sous-jacent.
Le troisième moteur est plus spécifique encore : le M&A. Les opérations de rapprochement ou de changement de contrôle peuvent déclencher des mécanismes particuliers dans les obligations convertibles et accélérer leur revalorisation. Cette dimension constitue une source supplémentaire de rendement, indépendante en partie de la simple direction des marchés. Dans cette approche, la volatilité n'est donc pas uniquement perçue comme un risque : elle peut aussi créer des points d'entrée sur des convertibles décotées ou faire émerger de nouvelles opportunités sur le marché secondaire.
Ligne de mire
Cette construction a permis au fonds d’afficher, pour la part RC, une performance de +5,66% en 2024, +5,19% en 2025 et +1,05% depuis le début de 2026, pour une performance cumulée de +16,49% depuis sa création. La volatilité sur un an ressort à 1,9%. Sa proposition de valeur tient à cette capacité à rechercher du rendement, tout en conservant une exposition à la convexité des actions et aux opportunités liées aux opérations de marché.
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