Un rossignol ? Twitter
Quartier Libre pour David Pastel, fondateur de Pastel & Associés, et Frédéric Lorenzini
Frédéric Lorenzini : Quels sont les facteurs de soutien des économies développées ?
David Pastel : A court terme nous n’avons pas d’opinion car nous ne lisons pas dans le marc de café ; en revanche à moyen et long terme, à c’est-à-dire 5 à 10 ans, il y a des facteurs de soutien forts, par exemple indirectement du côté des émergents avec le développement d’une classe moyenne, ou dans les pays développés avec le vieillissement de la population qui appelle de nouveaux services.
Frédéric Lorenzini : Les secteurs à jouer ?
David Pastel : On ne fait pas de pari sur les secteurs, on sélectionne des entreprises. On peut trouver des acteurs gagnants même dans des secteurs en difficulté.
Frédéric Lorenzini : Ceux à garder à distance ?
David Pastel : Il y a des secteurs en effet dont nous restons à distance : les secteurs trop réglementés, et ceux où le rapport de force n’est pas en faveur de l’actionnaire comme l’automobile par exemple.
Frédéric Lorenzini : Un rossignol ?
David Pastel : Twitter, mais je ne dois pas être le seul à dire cela. Ou Apple il y a 3 ans.
Frédéric Lorenzini : Lorsque l’on est confiant sur une société, pourquoi ne pas investir aussi sur ses obligations ?
David Pastel : C’est une bonne idée ; en période de crise il peut parfois être intéressant d’investir en obligations à haut rendement de certaines entreprises cotées.
Frédéric Lorenzini : L’erreur de base des investisseurs ?
David Pastel : C’est toujours la même : croire que la valeur d’une entreprise dépend de ses résultats à court terme.
Frédéric Lorenzini : Peut-on encore ne pas investir sur les émergents ?
David Pastel : Oui, quand on veut comprendre et maîtriser ses investissements au niveau de la comptabilité, du droit des affaires, des comptes publiés... Mais nous ne nous interdisons pas d’investir sur certains marchés matures comme la Corée.
Frédéric Lorenzini : Quand le marché s’effondre comme en 2008, où est la valeur intrinsèque ?
David Pastel : C’est là que la valeur intrinsèque fait la différence : en période de crise il faut regarder loin, ce que la société va faire dans 10 ou 15 ans. En 2008 ce n’est pas nous qui avons changé d’opinion sur la valeur de nos titres en portefeuille, mais plutôt les opérateurs de marché.
Frédéric Lorenzini : Dans 10 ans, quel sera le profil de Pastel & Associés ?
David Pastel : On devrait continuer à gérer les fonds Valeur Intrinsèque et Margin of Safety Fund avec la même approche. Et on devrait atteindre d’ici 5 ans un encours de l’ordre de 1 milliard d’euros, mais sans recours à une logique marketing de gamme et de lancement réguliers de nouveaux produits.
Frédéric Lorenzini : Quel est votre livre de chevet ?
David Pastel : Antifragile de Nassim Taleb.
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