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Il faut « commencer à  regarder les obligations indexées sur l’inflation pour préparer l’avenir »

Quartier Libre pour Alan Cauberghs, directeur d'investissement obligataire chez Schroders, et Frédéric Lorenzini


Frédéric Lorenzini : Mis à part une remontée des taux, qui n’est pas d’actualité, quels sont les dangers que vous voyez sur les marchés obligataires ?

 

Alan Cauberghs : Que les banques centrales agissent trop tard en laissant les taux trop bas trop longtemps, cela a un impact sur les marchés émergents et on ne finira pas avoir un risque de bulle. D’autre part que les banques centrales utilisent les devises comme un outil monétaire.

 

 

FL : Les segments où il faut être présent ?

 

AC : Le Crédit, investment grade, plutôt en Europe. Les convertibles, commencer à regarder les obligations indexées sur l’inflation pour préparer l’avenir.

 

 

FL : Le titre à surtout ne pas avoir en portefeuille ?

 

AC : Il y en a tellement… Probablement la dette d’Etat italienne.

 

 

FL : Quand on apprécie une corporate, quel est le poids que l’on accorde aux fondamentaux de l’entreprise d’une part et d’autre part à l’environnement taux ?

 

AC : Je pense 70 / 30. Certaines entreprises peuvent même profiter d’une hausse des taux.

 

 

FL : La crise de 2007-2008 avait largement remis en question la hiérarchie Govies-Corporate, est-ce qu’on en est revenu ?

 

AC : Les bilans des entreprises sont souvent plus attractifs que le bilan de certains Etats. Ce qu’il y a de nouveau, c’est que dorénavant on applique des techniques d’analyse crédit sur les Govies.

 

 

FL : Une cessation de paiement de la France, des Etats-Unis ou du Royaume Uni est-elle imaginable ?

 

AC : En théorie c’est possible et d’ailleurs les Etats-Unis n’en ont pas été loin. Mais il n’y a pas de risque réel ; donc la réponse est non.

 

 

FL : L’erreur que l’on commet souvent en gestion obligataire ?

 

AC : Prendre de grands paris sur la direction des taux. En fait les banques centrales sont réactives, elles ne sont pas proactives.

 

 

FL : Votre plus belle erreur d’appréciation ?

 

AC : J’ai fait une grosse erreur en 2009 en regardant le bilan des banques : je pensais qu’elles seraient obligées de vendre une grande partie de leurs actifs. En réalité, elles ont commencé à le faire beaucoup plus tard car elles n’étaient pas suffisamment capitalisées pour subir le choc au niveau du prix de marché de ces actifs.

 

 

FL : Quelle est la part des obligations dans votre portefeuille financier ?

 

AC : A peu près 20%. Cette proportion a baissé au fil des mois par un effet de valorisation de la part actions.

 

 

FL : Vos maîtres à penser ?

 

AC : Je dirais John Bogle, le fondateur de Vanguard. Il a donné un coup de fouet aux marchés en permettant aux investisseurs d’aller sur des véhicules avec des frais bas.

 

 

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