"Je préconise la mise en place d’une limitation européenne à 50% des prélèvements fiscaux sur les revenus personnels disponibles". E.Carmignac
La lettre d’Édouard Carmignac publiée ce matin dans la presse.
Madame, Monsieur,
2013 se doit d’être l’année de la renaissance européenne. Bousculée par les assauts concurrentiels redoublés en provenance des pays émergents, confrontée à la compétitivité retrouvée de l’économie américaine, et, dorénavant, au réveil nippon, l’Europe doit se ressaisir.
En vue d’accélérer ce rétablissement et de rendre moins douloureuse l’inévitable convalescence attendue, je souhaite formuler les propositions suivantes :
L’adoption de réformes structurelles prendra des mois, des années à porter ses fruits, mais a un coût immédiat, la chute d’activité. Il semble impératif de faire preuve de plus de souplesse dans l’exigence immédiate de la réduction des déficits publics à l’égard des pays entreprenants un programme de réformes d’envergure. L’acceptabilité politique de ces mesures courageuses s’en trouvera facilitée d’autant.
L’Europe ne se fera pas sans une intégration fiscale à minima. Je préconise la mise en place d’une limitation européenne à 50% des prélèvements fiscaux sur les revenus personnels disponibles. Libérée de la menace d’une fiscalité confiscatoire, l’Europe redeviendrait ainsi dans son ensemble une terre d’attraction pour les entrepreneurs et éviterait une concurrence fiscale malsaine entre ses Etats-membres.
M. Draghi a fait faire à l’Europe un grand pas en déclarant son intention d’acquérir la dette souveraine des pays en difficulté sans limitation de montant, pourvu que des programmes crédibles en matière de rétablissement des finances publiques et d’amélioration de la compétitivité soient adoptés. En stérilisant cependant ses achats de dette bancaire ou d’obligations d’Etat, il s’interdit de créer des euros, au moment où tant les Etats Unis que le Japon font preuve d’un activisme monétaire sans précédent. La BCE ne peut continuer à négliger l’impact de la conduite d’une politique monétaire aussi orthodoxe sur une parité de l’euro de plus en plus asphyxiante.
Ainsi, le risque systémique lié à la possible implosion de la zone euro peut-il être encore réduit. En tout état de cause, l’éloignement de ce risque, qui a perturbé l’investissement industriel et financier depuis voilà plus de deux ans et demi, se confirme. Les perspectives des portefeuilles actions s’en trouvent durablement améliorées, au moment où la chute de l’activité européenne oriente plutôt l’épargne vers des placements sécuritaires à rendements souvent négatifs, après le prélèvement inflationniste et fiscal.
Sur cette note positive, je me permets de vous présenter, Madame, Monsieur mes meilleurs vœux de bonheur et prospérité.
Edouard Carmignac
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