
Messieurs Hottinguer & Cie Gestion Privée souhaite repositionner la transition écologique comme un thème d’investissement de long terme
H24 a échangé avec Laurent Deydier, Directeur Général Délégué et responsable de la gestion actions chez Messieurs Hottinguer & Cie Gestion Privée.
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📌 Equilibre Ecologique est un fonds diversifié (actions/obligations) international, Article 9 et labellisé ISR, investi sur cinq thèmes liés à la transition écologique.
📌 Le fonds a vu ses encours progresser de près de 40% l’an dernier, avec environ 140 M€ d’actifs sous gestion.
📌 Laurent Deydier met l’accent sur les énergies renouvelables, l’efficience énergétique et les réseaux électriques.
📌 La stratégie cherche à capter un cycle long porté par l’IA, les data centers, le reshoring et la souveraineté énergétique.
Pas un simple fonds environnemental
Chez Messieurs Hottinguer & Cie Gestion Privée, Equilibre Ecologique n’est pas présenté comme un simple fonds environnemental. Laurent Deydier, Directeur Général Délégué et responsable de la gestion actions du fonds, insiste au contraire sur une approche plus large : celle de la transition écologique au sens économique et industriel du terme.
Le fonds, lancé il y a plus de quinze ans, repose sur cinq thèmes : l’eau, le changement climatique, le traitement des déchets, le bois et papier et les modes de vie durables. Chaque société doit réaliser au moins 30% de son chiffre d’affaires dans l’un de ces champs pour entrer dans l’univers d’investissement.
« Nous ne sommes pas un fonds climat, ni un fonds totalement environnement, mais un fonds de transition écologique et environnementale », résume Laurent Deydier.
Un green bond ne suffit pas…
La construction reste volontairement stricte. L’univers de départ, proche de 9 500 à 10 000 valeurs, est, de manière progressive, réduit à environ 500 sociétés éligibles après filtres ESG, exclusions, analyse thématique et analyse financière. Les grandes valeurs technologiques, même bien notées sur le plan ESG, ne sont donc pas automatiquement intégrées. Nvidia, Apple, Google ou certains semi-conducteurs peuvent être exclus si le lien avec l’écoactivité n’est pas jugé suffisant.
Autre point important : cette exigence vaut pour l’ensemble du portefeuille. Actions, obligations ou titres monétaires doivent répondre au même cahier des charges. Un green bond ne suffit pas à lui seul. La qualité de l’émetteur reste déterminante.
« Le green bond n’est pas un blanc-seing qui nous permet de nous exonérer de l’analyse de la maison mère », précise Laurent Deydier.
Le fonds combine aujourd’hui une poche actions, moteur de performance, et une poche obligataire plus défensive. L’exposition actions a été renforcée depuis un an, pour atteindre environ 56% à 57%, contre une poche obligataire et monétaire proche de 40% à 42%. L’idée est simple : le moteur taux a déjà beaucoup joué, tandis que les actions liées à l’électrification offrent, selon l’équipe, un potentiel plus important.
Le réseau électrique au cœur du boom énergétique ?
Le positionnement actuel est très marqué sur deux axes : les énergies renouvelables et l’efficience énergétique. Pour Laurent Deydier, plusieurs forces convergent : la demande des data centers, le reshoring industriel, l’électrification des usages et la nécessité de renforcer les réseaux électriques.
« Le boom énergétique que nous avons devant nous passe par un nœud central névralgique : le réseau électrique », explique Laurent Deydier.
Le fonds détient ainsi des sociétés exposées aux infrastructures, à la connexion des réseaux, aux compteurs intelligents ou à l’ingénierie électrique. La poche renouvelable a aussi bénéficié de plusieurs opérations de marché, avec quatre OPA en deux ans, dont Neoen, Opdenergy, Energex Renewable et Boralex.
Une thématique moins impactée que prévu
La thématique revient surtout dans un contexte plus favorable qu’attendu. Après l’élection de Donald Trump, les renouvelables ont fortement corrigé. Mais les coupes dans les dispositifs de soutien se sont révélées moins brutales que redouté, avec une visibilité préservée jusqu’en 2030 sur une partie des crédits américains. En parallèle, la souveraineté énergétique redevient un enjeu central.
« On va rajouter de l’investissement sur l’investissement. Nous avons un boom d’investissement devant nous », estime Laurent Deydier.
Le fonds affiche aussi une dynamique commerciale notable. Selon Thomas Baranger, Directeur du Développement de l’Asset Management chez Hottinguer, les encours ont progressé de près de 40% l’an dernier, avec une collecte de l’ordre de 40 à 45 M€, pour atteindre environ 140 M€.
Pour les sélectionneurs, le sujet n’est donc pas seulement ESG. Il est surtout industriel.
Equilibre Ecologique cherche à capter un cycle de capex lié à l’énergie, aux réseaux, aux bâtiments et aux infrastructures. Une manière de repositionner la transition écologique non comme une contrainte réglementaire, mais comme un thème d’investissement de long terme.
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