
Van Lanschot Kempen IM explique comment les investisseurs doivent envisager les crédits dans les stratégies de capital naturel
3 questions à Arif Saad, Head of Natural Capital chez Van Lanshot Kempen IM.
Les crédits carbone et les crédits biodiversité cherchent tous deux à donner une valeur financière à des résultats environnementaux. Concrètement, un crédit carbone correspond généralement à une tonne d’émissions de CO₂ évitée ou éliminée, tandis qu’un crédit biodiversité reflète une amélioration apportée à un écosystème, comme l’état d’un habitat, l’abondance des espèces ou la qualité écologique d’une zone donnée. Souvent associés dans les stratégies de capital naturel, ces deux mécanismes reposent pourtant sur des logiques très différentes et n’offrent pas le même niveau de standardisation ni de maturité pour les investisseurs.
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📌 Les crédits carbone et les crédits biodiversité cherchent tous deux à donner une valeur financière à des résultats environnementaux.
📌 Les crédits carbone sont aujourd’hui plus standardisés et plus matures que les crédits biodiversité, encore très liés aux spécificités locales des écosystèmes.
📌 Pour les investisseurs, ces crédits constituent surtout une source de revenus complémentaire dans les stratégies de capital naturel.
Pourquoi les crédits carbone et les crédits biodiversité doivent-ils être distingués ?
Arif Saad
Les crédits carbone et les crédits biodiversité sont souvent évoqués ensemble comme des outils permettant de donner une valeur monétaire à la nature. Pourtant, leur valorisation repose sur des éléments fondamentalement différents, leur comportement sur les marchés est différent. Les émissions de carbone sont mesurées en tonnes d’équivalent CO₂, ce qui confère au carbone un degré de normalisation dont ne bénéficient pas les autres formes de capital naturel.
À l’inverse, la biodiversité est intrinsèquement liée à un lieu précis. L’amélioration de la qualité d’un habitat ou du fonctionnement d’un écosystème ne se traduit pas nécessairement par des améliorations ailleurs, et les résultats sont rarement comparables d’une région à l’autre, d’un habitat à l’autre ou d’une espèce à l’autre.
Comment les investisseurs devraient-ils envisager les crédits écologiques ?
Arif Saad
Les crédits écologiques traduisent les résultats environnementaux en une forme qui peut être reconnue sur le plan économique. Dans les stratégies de capital naturel, les crédits sont considérés comme des revenus supplémentaires qui s’ajoutent aux flux financiers de base de l’actif. Ils peuvent améliorer les rendements de manière marginale, mais ils ne sont pas le principal facteur de rendement.
Les crédits sont donc mieux compris comme un complément à la propriété, à l’exploitation et à l’intendance. Le rendement fondamental continue de provenir de la façon dont les actifs sont gérés et entretenus dans le temps.
Où la biodiversité offre-t-elle aujourd’hui de la valeur ?
Arif Saad
Une grande partie de la valeur économique créée par l’amélioration de la biodiversité n’est pas monétisée directement au moyen de crédits à court terme. Des pratiques comme la restauration des habitats, l’amélioration de la biologie du sol et le soutien aux pollinisateurs peuvent renforcer la qualité et la résilience à long terme des actifs.
Les répercussions financières se font souvent sentir indirectement grâce à des taux de rendement plus stables, à une baisse du coût des intrants au fil du temps et à une durabilité accrue de l’actif. Pour de nombreux investisseurs institutionnels, ce lien entre biodiversité et qualité des actifs présente actuellement un intérêt plus grand pour l’investissement que le recours à un marché du crédit émergent.
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