
M&G accélère sur le value, les fonds datés et la dette privée dans un marché où la liquidité redevient reine
3 questions à Adrien Barbanchon, Directeur Commercial Distribution chez M&G Investments.
Quelle est l’actualité chez M&G Investments ?
Adrien Barbanchon
L’année 2026 s’annonce particulièrement active pour M&G Investments avec plusieurs lancements stratégiques sur les actions et le crédit.
Le principal concerne M&G (Lux) Global Strategic Value Fund, un fonds actions internationales value lancé le 28 mai dans la SICAV européenne du groupe. La stratégie existe déjà au Royaume-Uni depuis près de six ans avec plus de 600 millions d’euros d’encours au 30/04/2026.
L’objectif est de capitaliser sur l’expertise développée sur M&G (Lux) European Strategic Value, tout en répondant à une demande croissante pour des approches global value.
M&G Investments a également récemment lancé M&G (Lux) Fixed Maturity Bond High Yield Fund 2031, un fonds daté investi majoritairement sur le high yield européen couvert en euro.
Autre chantier important : le lancement attendu à la rentrée d’un ELTIF français evergreen dédié à la dette privée. Ce fonds combinera crédit coté, loans et dette privée avec une allocation cible entre 30 et 50% d’actifs illiquides. L’objectif est clairement de renforcer la présence de M&G dans l’univers de l’assurance-vie.
En parallèle, la société poursuit le renforcement de ses équipes commerciales en France afin d’accompagner sa dynamique de collecte.
Quelle est votre lecture de l’environnement macroéconomique ?
Adrien Barbanchon
Pour M&G Investments, les marchés sont entrés dans une phase de normalisation plus complexe. Les investisseurs ne peuvent plus uniquement compter sur l’expansion des multiples ou sur le soutien massif des banques centrales. Nous nous concentrons sur des approches davantage centrées sur les fondamentaux des entreprises : génération de cash-flow, qualité des bilans et visibilité des revenus.
Sur le crédit, le constat est prudent. Après deux années de fort resserrement des spreads, les niveaux de valorisation apparaissent désormais peu attractifs au regard des risques économiques et financiers.
Par ailleurs, nos gérants pointent plusieurs facteurs de fragilité : refinancement des dettes à des coûts plus élevés, hausse des charges financières, tensions géopolitiques, incertitudes politiques et risques liés à la déglobalisation. Dans ce contexte, la gestion estime que le cash rémunère aujourd’hui de façon relativement confortable par rapport au crédit.
Autre élément clé dans leur analyse : les phases de volatilité deviennent plus brutales et beaucoup plus rapides qu’auparavant. Les spreads peuvent désormais s’écarter en quelques semaines avant de se resserrer très vite.
Dès lors, l’enjeu n’est plus seulement d’identifier les opportunités, mais surtout de disposer de suffisamment de liquidités pour pouvoir agir rapidement lorsque les marchés corrigent.
Dans cet environnement, quelle expertise mettez-vous en avant ?
Adrien Barbanchon
Nous mettons clairement en avant M&G Total Return Credit Investment Fund, une stratégie de performance absolue obligataire dont le process existe depuis plus de vingt ans au sein de la maison.
Le fonds repose sur une approche très disciplinée : ne prendre du risque crédit que lorsque nous estimons que le rendement compense réellement le risque de défaut. Le reste du temps, le portefeuille peut conserver des niveaux élevés de liquidités.
Aujourd’hui, près de 57% du portefeuille est investi en cash ou assimilés cash, notamment via des actifs très liquides et des obligations AAA à très court terme.
La stratégie présente plusieurs caractéristiques fortes :
- Historiquement, une duration proche de zéro
- Des classes d’actions couvertes en euro avec un risque devise faible
- Une gestion purement centrée sur le crédit
- Plus de 500 lignes en portefeuille
- Une exposition cible high yield limitée à 50%
Le fonds cherche avant tout à capter tactiquement les phases d’écartement des spreads. Lors des épisodes de stress, l’équipe augmente rapidement son exposition au crédit avant de réduire progressivement le risque une fois les marchés normalisés.
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