La BCE dans les starting-blocks de la course aux rachats d’actifs souverains
"C’est sans surprise que l’institution a privilégié le statu quo, avec un taux directeur inchangé à 0.75%, au plus bas historique."
La grande messe de la Zone Euro a eu lieu cet après-midi à 14h30, avec la traditionnelle élocution du président de la BCE. Suite à la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE, c’est sans surprise que l’institution a privilégié le statu quo, avec un taux directeur inchangé à 0.75%, au plus bas historique.
Pour son premier anniversaire à la tête de l’institution, Mario Draghi a livré un tableau plutôt sombre des perspectives économiques de la zone euro (croissance ténue, absence d’amélioration de l’activité industrielle), légitimant un peu plus le volontarisme affiché par la BCE depuis quelques mois.
Il a ainsi réaffirmé que la Banque Centrale se tenait prête à agir, c’est-à-dire prête à racheter des actifs obligataires souverains sur des maturités courtes. Le président de la BCE fait un nouvel appel du pied aux États périphériques. Il n’en reste pas moins que la balle est dans le camp de ces derniers, puisqu’ils sont devant leur propre responsabilité pour solliciter ou non l’aide de la BCE. Plus que les signaux envoyés Draghi, c’est probablement, in fine, la pression des marchés sur les gouvernements qui incitera les états à déclencher le mécanisme de soutien. Les conditions d’obtention de l’aide de la BCE sont assez claires. Il faut que les États en faisant la demande, aient retrouvé un accès complet aux marchés internationaux de la dette et qu’ils fassent une demande d’aide aux fonds Européens (FESF, MES).
Jusqu’à présent, la seule annonce de la mise à disposition du nouveau programme de rachat d’obligations OMT (Outright monetary transaction) a suffi pour impacter positivement la courbe des taux souverains, notamment espagnols, sans qu’aucune obligation n’ait pour l’instant été effectivement achetée.
Qui plus est, les intentions de la BCE, ont permis aux banques du sud de l’Europe qui n’arrivaient plus à se financer sur le marché interbancaire, d’en retrouver l’accès.
Néanmoins, la patience des marchés pourrait commencer à s’émousser et les belles paroles risquent de ne plus suffire longtemps à garder les taux d’emprunt dans une tendance baissière. D’autant que la banque centrale ne devrait pas initier de nouvelle baisse des taux en décembre prochain.
Source : Fabrice Cousté, DG de CMC Markets France (rédigé le 8 novembre 2012)
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