Guillaume Dard (Montpensier Finance): " On aborde aujourd'hui un nouveau monde économique , jamais exploré, celui des taux d'intérêts à 0 % !
Interview de Guillaume Dard, Président de Montpensier Finance et Président de la Commission de la Gestion Privée, AFG.
H24 : Mario Draghi et Ben Bernanke ont-ils sauvé le Monde en septembre ?
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Guillaume Dard : Sauvé définitivement, non, mais limité les risques de crise immédiate, oui.
Leurs décisions comme le disent les anglo-saxons, sont de vraies «Â game changers ». Jusque là , aucun plan de sauvetage n’était véritablement crédible, car les États européens qui voulaient sauver les autres risquaient de se noyer à leur tour, en alourdissant le fardeau de leurs propres dettes publiques, et d’y entrainer leurs Banques. La Banque Centrale Européenne dispose par définition de moyens illimités pour prêter aux États et aux Banques.
Quant aux États-Unis, le QE3 par son ampleur est une véritable surprise, et rassure les marchés par l’injection colossale de liquidités que ce plan représente.
On aborde aujourd’hui un nouveau monde économique, jamais exploré, celui des taux d’intérêts à 0 %Â !
H24 : Peut-on se rendre compte des conséquences de ces mesures ?
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GD : A court terme, c’est positif, toutes choses égales par ailleurs.
A court-moyen terme, c’est naturellement moins clair. En Europe, la contrepartie de l’aide de la BCE sera la mise en place de plans d’austérité à caractère récessif, qui pourraient être rejetés par le tissu social. Aux États-Unis, les républicains ne supportent pas la politique de Bernanke qu’ils ressentent comme une immixtion de la Fed dans la campagne électorale. Ils pourraient en contrepartie, prendre le risque du «Â fiscal cliff », et entrainer une récession américaine en 2013.
A moyen-long terme, on a le sentiment que ni Bernanke, ni Draghi ne savent très bien comment ils pourront revenir en arrière et ramener les bilans des Banques Centrales au niveau pré-crise. Personne ne craint encore une vraie inflation, mais il faut surveiller l’or qui sert de baromètre à cet égard.
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H24 : Comment investir dans ce contexte ?
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Quid des obligations, des fonds à échéances ?
GD : Une grande partie de l’appréciation sur ces fonds a été faite : les performances de 2013 seront inférieures à 2012, mais probablement supérieures au monétaire. La difficulté est qu’il faut aller chercher des durées obligataires plus longues et davantage de risque qu’auparavant.
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Quid des actions ?
GD : Le marché d’actions a deux facteurs importants de soutien : les valorisations très basses et les taux d’intérêt sans risque à zéro.
On ne peut pas exclure de la volatilité en cas d’évènement géopolitique, ou de récession plus forte qu’attendue ; mais quel est l’investissement sans risque, hors le livret A, qui permet de couvrir l’inflation et les impôts sur l’épargne qui s’accumulent ?
Quelles zones et secteurs aimez-vous ?
GD : Les actions de la zone Euro sont à leur plus bas relatif par rapport aux États-Unis, depuis 40 ans ; donc préférence européenne. Nous apprécions les Business Models clairs, et les valeurs à croissance rapide, notamment dans les secteurs technologiques (SAP, Gemalto, Dassault Systèmes, …), l’aéronautique (EADS, Safran, …) et les valeurs liées à la santé, l’équipement médical et le vieillissement (Fresenius, Medica, Sanofi, …). Nous avons renforcé les bancaires cette année ; une partie du parcours semble fait.
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Guillaume DARD sera présent à Patrimonia ce jeudi 27 Septembre à 9h15 pour la première conférence du salon :
Titre de la conférence : "Quelle croissance mondiale pour demain? Quelle sera la place de l'Europe et celle de la France?"
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