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«La Grèce, avec ses retraités fantômes et ses gens riches qui ne paient pas d’impôts, n’a pas sa place dans l’UE»

«Les partenaires européens de la Grèce temporisent, les marchés boursiers s’impatientent»

Alors que la Grèce a entériné douloureusement sa nouvelle cure d’austérité sur le plan national, prise en étau entre la violente contestation de la rue et exigences intraitables des dirigeants européens, plusieurs questions politiques reviennent au premier plan. Et les négociations entre l’Eurogroupe et la Grèce, afin d’entériner définitivement le déblocage des130 milliards d’euros de soutien patinent !

 

En effet, ce sont désormais les dirigeants européens qui jouent la montre, conscients des écueils auxquels la zone euro s’expose en sauvant une nouvelle fois la Grèce. Deux enjeux principaux ravivent leurs doutes : faut-il aider la Grèce à fonds perdus, et plus significativement, peut-on encore faire confiance à ses dirigeants politiques ?

 

Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe, a demandé des engagements écrits de la part de la coalition hellène pour s’assurer de la réelle mise en oeuvre des intentions budgétaires grecques (nouvelles coupes sur les salaires, les retraites et réductions des effectifs publics). L’Allemagne d’Angela Merkel demeure toujours aussi critique envers la Grèce, en témoigne l’escalade verbale du président du directoire de Bosch, qui estime que « la Grèce, avec ses retraités fantômes et ses gens riches qui ne paient pas d’impôts, n’a pas sa place dans l’UE ».

 

Dans ce contexte politique tendu, les marchés boursiers manquent de visibilité et s’impatientent. Le premier facteur d’incertitude reste un défaut pur et dur de la Grèce, si le plan de soutien de ses bailleurs internationaux arrive trop tardivement. L’échéance est pourtant bien définie, la Grèce doit rembourser 14.5 milliards d’euros avant la mi-mars.

 

A cela s’ajoute l’annonce de Moody’s, qui envisage d’abaisser les notes de 114 banques européennes, ravivant le risque systémique en zone euro. Ces incertitudes conduisent logiquement les investisseurs à la prudence, ces derniers privilégiant les valeurs refuges comme le dollar (repli de l’euro vers 1.30$), la livre sterling (repli de l’euro vers les 1.829 GBP) ou le bund dont le taux se rétracte (à 1.90% contre 1.93% fin janvier). Un flight to quality momentané, avant que les marchés actions reprennent leur marche en avant ? Aux dirigeants européens d’en décider…

 

Source : Fabrice Cousté, DG de CMC Markets France

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