La « Latinisation » de la BCE est incontournable pour sortir de la crise.
Une intervention déterminée de la BCE rachetant des obligations des pays en difficulté à l'instar de l'Italie pourrait renforcer l'arsenal anti-crise.
Les réunions au sommet entre dirigeants européens se sont enchaînées ces dernières semaines. Aux soupirs de soulagement ont succédé des crispations encore plus exacerbées qu'auparavant. L'Italie à son tour subit le " syndrome grec " : son Président du Conseil a démissionné et son taux à 10 ans atteint des niveaux qui font craindre que la troisième économie de l'union monétaire ne soit " too big to bail ".
Une intervention déterminée de la BCE rachetant des obligations des pays en difficulté à l'instar de l'Italie pourrait renforcer l'arsenal anti-crise. S'il s'est montré pragmatique dès son arrivée à la tête de la BCE, Mario Draghi a débouté la proposition française et clairement rappelé que les achats d'obligations sur le marché secondaire étaient "temporaires et limités dans leur montant". L'Allemagne refuse également que la BCE déborde de son mandat. Cependant, les débats sur la force de frappe du FESF et l'ampleur de la crise européenne pourraient l'amener à infléchir sa position, surtout que le nouveau Président du Conseil de la troisième économie européenne, Mario Monti, peut faire valoir une réputation d'orthodoxie et de rigueur.
A nos yeux, la "latinisation" de la BCE est incontournable pour sortir de la crise : se "latiniser" en achetant des obligations.
En dépit du contexte actuel, marqué par une forte incertitude, il y a cependant quelques bonnes nouvelles à souligner notamment du côté des émetteurs privés. Les entreprises conservent des bilans sains ainsi qu’un niveau de liquidités important. Alors que les banques restreignent leurs lignes de crédit, les entreprises n'ont d'autre choix que de se tourner vers les marchés obligataires pour se financer. La montée de l'aversion au risque les incite à rémunérer particulièrement fortement leurs émissions. Un tel rendement n'est pas négligeable dans ces temps troublés où ni les places boursières, ni les emprunts d'État n'offrent de visibilité.
Source : Etienne Gorgeon, Directeur de la Gestion Taux et Crédit EDRIM
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