Les banques européennes au cœur des inquiétudes
Les places boursières jouent au « yo-yo » depuis quelques semaines, alternant semaines de baisse et semaines de rebond technique.
C’est la seconde configuration qui a prévalu la semaine dernière. L’Eurostoxx50 gagne 4.1%, le Cac40 1.9%. Le rebond est plus fort outre-Atlantique à l’image du S&P500 qui gagne 5.4%. Cette hausse s’accompagne d’une chute significative de la volatilité, de -20% pour le Vix américain, et -14% pour le V2X européen, ces indices demeurant toutefois à des niveaux élevés. L’Euro connaît lui-même un rebond et progresse de 1%, à 1.3796$, sur fond de coopération entre les banques centrales pour proposer des prêts en dollar à 3 mois aux banques afin de désamorcer le scénario d’un gel du marché monétaire.
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La défiance vis-à -vis des banques européennes, et en particulier françaises, s’est matérialisée cette semaine via la dégradation par Moody’s du rating de Société Générale et de Crédit Agricole. Les deux établissements sont sanctionnés pour leur exposition à la Grèce, même si, en particulier dans le cas de la Société Générale, l’agence estime que le niveau de fonds propres est suffisant pour absorber les pertes potentielles liées aux titres de dettes souveraines détenus par la banque. La notation de BNP Paribas reste pour l’instant inchangée, Moody’s estimant que sa profitabilité et ses fonds propres constituent une base plus solide permettant de supporter son exposition aux dettes souveraines européennes.
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Comme beaucoup d’observateurs l’anticipaient, le sommet ECOFIN du week-end n’a pas permis d’avancer sur le problème de la Grèce. Les pays membres tardent toujours à ratifier la réforme étendant les pouvoirs du FESF. Or, le temps presse, d’autant plus que le marché est toujours prompt à paniquer sur la moindre rumeur. Ainsi, Mercredi, les marchés ont décroché sur l’annonce d’un refus autrichien de ratifier la réforme du FESF alors qu’il s’agissait en fait d’un simple report de la décision. De son côté, après les déclarations concernant le dérapage de sa dette, la Grèce va être surveillée de près par ses créanciers (Union Européenne, Banque Centrale Européenne et Fonds Monétaire International, dits « la Troïka »). Ceux-ci doivent se rendre à Athènes cette semaine afin de s’assurer de la mise en place rapide des nouvelles mesures de réduction du déficit.
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Cette semaine, les marchés regarderont également avec intérêt l’évolution de la situation aux Etats-Unis avec, dans un premier temps, l’annonce par Obama d’un nouveau plan de réduction du déficit de 3 600 Mds$ sur les dix prochaines années. A cette fin, le président en campagne a annoncé des mesures de fiscalité plus contraignantes pour les revenus les plus élevés. Ces annonces seront toutefois à relativiser, étant donné qu’elles devront passer en commission bipartisane du Congrès. Inutile de dire qu’elles susciteront du débat… En outre, les investisseurs regarderont également de près la très attendue réunion de la Fed des 21 et 22 Septembre au cours de laquelle Ben Bernanke devrait annoncer de nouvelles mesures.
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