Les marchés en eaux troubles…
Après les troubles politiques au Moyen-Orient et au Maghreb, le tremblement de terre au Japon achève de mener la vie dure aux marchés financiers, occultant totalement le « pacte » conclu ce week-end entre les membres de la Zone Euro visant à instaurer une coordination renforcée des politiques économiques.
Sur la semaine, l’Eurostoxx50 et le Cac40 affichent une baisse de -2.2% et -2.3%. Soutenue par les publications successives de chiffres macro-économiques encourageants aux Etats-Unis, le S&P500 évolue en sensinverse et progresse de 0.7%.
Les conséquences du tremblement de terre qui a frappé le Japon vendredi dernier sont encore délicates à appréhender tant la situation est encore précaire. Jusqu’à présent, seule la bourse de Tokyo a été impactée, et ce, malgré l’annonce d’injections massives de liquidités par la Banque du Japon afin de soutenir l’économie de la région de Sendaï, ville la plus touchée. Sur la séance du Lundi 14, le Nikkei plonge de plus de 6% suite à l’aggravation considérable du bilan humain de cette catastrophe et aux inquiétudes grandissantes liées aux explosions dans la centrale nucléaire de Fukushima. A court terme, c’est l’ensemble de l’économie japonaise qui est va tourner au ralenti. Certaines grandes entreprises, Toyota, Honda, Nissan et Sony, pour ne citer qu’elles, ont dû arrêter le fonctionnement de certaines de leurs usines. Les infrastructures sont touchées, en particulier les lignes ferroviaires. Enfin, onze des cinquante réacteurs nucléaires du territoire, qui fournissent plus d’un quart de la consommation électrique nationale, ont été arrêtés, obligeant le gouvernement japonais à mettre en garde contre un risque de pénurie. L’économie va souffrir d’une baisse de la consommation des ménages au détriment des produits jugés « superflus »,- le luxe par exemple -, et devra supporter le coût de la reconstruction conjointement avec les compagnies d’assurance.
Ce recul sera très certainement suivi d’un rebond lié à la reconstruction du pays, mais cet événement risque d’avoir des répercussions sur l’économie mondiale. En effet, les industries japonaises produisent un bon nombre de composants à haute valeur ajoutée. Or, l’arrêt de plusieurs usines, s’il perdure, pourrait engendrer des pénuries sur certains produits et composants, et ainsi désorganiser significativement les échanges commerciaux avec ses principaux partenaires. On le voit, le Japon entre dans une période particulièrement éprouvante, et pourtant, ce scénario ne prend pas en compte le risque nucléaire qui plane actuellement sur le pays, et fait peser un risque incommensurablement plus important. Du point de vue de l’analyse technique, l’indice Eurostoxx50 est sorti, la semaine dernière, du canal haussier dans lequel il était inscrit depuis Novembre 2010. Ce signal négatif ouvre la voie à un potentiel de baisse supplémentaire de l’ordre de 2 à 3%. Pour autant, il faut également signaler que la baisse que le marché vient de subir a déjà entrainer les indicateurs stochastiques sur des niveaux extrêmes. Jusqu’ici confiants en l’état de santé des entreprises nippones et attirés par les faibles niveaux de valorisation, notre exposition aux actions japonaises était de l’ordre de 5% dans notre fonds Flexible Allocation.
Source : EFG
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