Afrique du n'OR ?
L'or a joué son rôle d'éponge, absorbant les mauvaises nouvelles financières comme géopolitiques.
Le désaccord latent entre les Etats-Unis et la Chine (encore très visible après la dernière réunion du G20) concernant les sujets du contrôle des devises à l'Est et la poursuite de politiques déficitaires à l'Ouest, continuent de porter l'or, tout comme les tensions géopolitiques en cours et à venir. La « disparition » de Kadhafi, de Ben Ali ou bien de Moubarak marque sans doute le début des troubles plutôt que la fin.
Le pétrole a fortement progressé cette semaine (8,5% pour la référence Brent à plus de 110 dollars / baril) en raison des troubles en Afrique du Nord. Si les tensions en Egypte ne faisaient peser de réels risques que sur le transit, cette fois ci, avec la Lybie, c'est la production qui est touchée. En effet, la Lybie est le 3ème plus grand producteur en Afrique (après le Nigéria et l'Angola) avec 1,7 millions de barils par jour (soit 2% du total mondial). Les dernières nouvelles font état d'un arrêt de la production à hauteur de 75% du total (soit 1,3 millions de barils par jour de production en moins)... L'Arabie Saoudite a d'ores et déjà fait savoir que le Royaume ouvrirait un peu plus grand les vannes pour parer au problème Libyen. En effet, l'Arabie détient en effet le plus gros des réserves de capacité de l'OPEP (3 millions de barils par jour contre un total d'environ 5 millions de barils par jour pour le cartel) et peut donc compenser une absence de pétrole libyen. Le marché s'inquiète toutefois d'une possible poursuite de la contagion (l'Algérie, 1,2 millions de barils par jour, demain ?) et garde aussi à l'esprit que des élections vont avoir lieu au Nigéria (2,2 millions de barils par jour) en avril avec le risque éventuel de problèmes dans le delta du Niger, fief des rebelles du MEND et principale zone géographique de production... Il est donc compréhensible qu'une prime de risque sur le pétrole s'instaure... Les marchés s'inquiètent du coup d'un dérapage incontrôlé de la croissance mondiale ; en effet, une augmentation de 10% du prix du pétrole « efface » un demi-pourcent de PIB mondial !
Ces inquiétudes quant à la croissance économique mondiale ont entraîné le recul des métaux de base malgré une amélioration des fondamentaux de l'offre et de la demande pour la majeure partie des métaux non précieux. Les derniers chiffres mondiaux de la sidérurgie pour le mois de janvier font ressortir une production en hausse de 5,3% par rapport à janvier 2010 et un taux d'utilisation des capacités séquentiellement en hausse. Les minéraux entrant dans la composition de l'acier (fer, charbon, nickel, molybdène...) sont donc toujours autant recherchés. De manière parallèle, nous notons que les ventes de voitures en Chine ont progressé de 16,1% en janvier pour atteindre 1,5 million.
Source : EDRAM
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