La crainte d'une bulle obligataire hante les marchés
Reflet de l'extrême pessimisme des investisseurs ou formation d'une bulle prête à éclater ? Les économistes s'inquiètent de la baisse continue des taux obligataires des Etats les mieux notés, une situation qu'ils craignent de voir s'inverser brutalement.
Depuis le début mai, le rendement du Bund allemand à 10 ans, l'obligation de référence en zone euro, est passé de 3% à 2,1%, du jamais vu. Il pourrait même atteindre les 2% d'ici la fin de l'année, selon certains analystes.
Aux Etats-Unis, les taux courts ont atteint leur plus bas historique cet été, tandis que le bon du Trésor à 10 ans évolue sous 2,5%, le même niveau que l'OAT française comparable.
Dans une tribune parue mi-août dans le "Wall Street Journal", deux économistes, Jeremy Siegel et Jeremy Schwartz, n'hésitaient pas à comparer le marché des obligations américaines à celui des nouvelles technologies avant l'éclatement de la "bulle internet" il y a dix ans et conseillent aux investisseurs de se tourner rapidement vers les actions aux rendements élevés.
A l'origine de ces records sur le marché de la dette AAA (la meilleure note): les craintes d'un retour en récession des Etats-Unis, le "double creux" évoqué par les Cassandre, ainsi que le niveau faible de l'inflation.
L'environnement est également favorable à la dette AAA: une remontée des taux directeurs est peu probable à court terme et les banques centrales pourraient se mettre à racheter massivement des obligations d'Etat pour soutenir l'économie.
Si ce contexte est une aubaine pour les Etats qui se financent à moindre coût, n'y a-t-il pas danger à ce que les investisseurs se ruent tous vers la même classe d'actifs ?
Pour Jean-François Robin, stratégiste chez Natixis, les investisseurs se tournent vers les titres de dette "faute de mieux" alors que les Bourses sont fébriles et négligent les résultats des entreprises.
Ce mouvement a été en outre favorisé par la baisse des volumes d'échanges durant l'été, ce qui amplifie généralement les variations sur les marchés.
"Le taux du Bund allemand est à 2,15%, il peut remonter à 3% mais il n'a pas de raison d'aller à 5% avec une croissance à 1,5-2% en 2010", plaide M. Robin. "Si la bulle éclate, elle ne fera pas mal aux tympans de grand monde".
Pour le stratégiste, les grandes données macroéconomiques ne devraient pas induire de changement majeur sur le marché obligataire, sauf s'il y avait la dégradation d'un Etat, en particulier parmi ceux notés AAA.
Voyant à plus long terme, Philippe Brossard, économiste chez Macrorama, estime que les anticipations des investisseurs peuvent se révéler fausses sur les dix prochaines années (la maturité des obligations classiques), concernant notamment l'inflation qui pourrait faire son retour et peser sur les rendements finaux des investisseurs.
Les fluctuations sur l'obligataire ont des "conséquences plus massives que sur les Bourses", met en garde M. Brossard, rappelant que les rendements servent à l'indexation des taux des crédits immobiliers dans de nombreux pays et que les banques sont dépendantes de ces actifs. En outre, les encours sur le marché obligataire sont au moins deux fois plus élevé que sur les actions.
Pour les stratégistes de Crédit Agricole CIB, le marché obligataire est trop cher mais il reste difficile de parler de bulle.
L'hyperpessimisme des marchés reste toutefois une source de préoccupation, selon eux, d'autant plus qu'un nombre grandissant de ménages américains possèdent des bons du Trésor. Or, rappelle M. Brossard, un point de pourcentage de hausse des rendements équivaut à une baisse de 7% du prix des obligations, un manque à gagner conséquent pour les investisseurs.
Source: Romandie
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Publié le mercredi 26 novembre 2025
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