
Tikehau Investment Management - La sélectivité redevient le vrai moteur de performance
Analyse de la note de marché : "Un mégacycle sous tension".
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📌 La défense européenne a sous-performé depuis le conflit au Moyen-Orient, mais Tikehau IM juge la thèse structurelle intacte, portée par un carnet de commandes hors norme chez Rheinmetall.
📌 L'IA reste jouable des deux côtés de l'Atlantique : hyperscalers et "pelles et pioches" aux États-Unis, semi-conducteurs et photonique en Europe.
📌 Le crédit demeure, pour Tikehau IM, le pilier d'une allocation — avec des rendements High Yield ciblés entre 5% et 8% et un supplément de 2% à 3% sur les subordonnées les moins bien notées.
Depuis janvier, les actifs risqués ont continué de grimper malgré les tensions géopolitiques persistantes et les interrogations qu'elles font peser sur l'inflation, la croissance et les banques centrales.
Ce qui a soutenu la tendance, selon Tikehau IM : des résultats d'entreprises globalement solides au premier trimestre, notamment chez les sociétés exposées à l'intelligence artificielle.
Mais les niveaux de valorisation restent tendus, et la société de gestion insiste sur un point : la dispersion entre secteurs, classes d'actifs et zones géographiques redevient le principal moteur de performance.
Le réarmement européen a sous-performé, mais la thèse tient toujours
Le secteur de la défense européenne a paradoxalement reculé depuis le début du conflit au Moyen-Orient — un mouvement que Tikehau IM attribue à des prises de bénéfices après un positionnement devenu trop consensuel, et à des craintes sur les budgets publics. Mais pour la société de gestion, cette consolidation ne remet pas en cause la tendance de fond.
« L'Europe abrite, selon nous, l'un des écosystèmes de défense les plus performants au monde, qu'il s'agisse des grands donneurs d'ordres ou de l'ensemble de leur chaîne de sous-traitance », expliquent Raphaël Thuin, Directeur des Capital Markets Strategies, et Nina Majstorovic, Stratégiste chez Tikehau Investment Management, qui pointent le carnet de commandes de Rheinmetall — supérieur à 73 milliards d'euros, soit près de huit fois son chiffre d'affaires des douze derniers mois — comme preuve de la visibilité du secteur.
La note appelle toutefois à plus de discernement : le marché ne traite plus la défense comme un bloc homogène, et la diversification entre activités civiles et militaires devient, selon Tikehau IM, un facteur clé de résilience. Au-delà de l'armement, l'Europe mise aussi sur sa réindustrialisation, avec plusieurs centaines de milliards d'euros mobilisés pour renforcer son autonomie industrielle — un mouvement que « Le Vieux Continent marque aujourd'hui une volonté de regagner », soulignent Raphaël Thuin et Nina Majstorovic.
L'IA ne se joue plus seulement de l'autre côté de l'Atlantique
Sur la technologie, Tikehau IM maintient une lecture positive de la chaîne de valeur de l'intelligence artificielle aux États-Unis, avec une préférence marquée pour les hyperscalers — dont le retour sur investissement commence, selon la note, à se matérialiser plus concrètement — et pour les fournisseurs d'infrastructures ("pelles et pioches") comme les semi-conducteurs, le refroidissement ou la connectivité optique des data centers.
Le secteur des logiciels, en revanche, reste sous surveillance : les valorisations laissent peu de marge d'erreur, même si le segment pourrait redevenir, selon Tikehau IM, un terrain fertile pour le stock-picking.
Mais les deux auteurs de la note refusent de résumer l'IA à une histoire américaine : « Le recentrage vers les États-Unis sur la thématique de l'intelligence artificielle ne doit pas occulter le fait que l'Europe occupe des positions de premier plan dans plusieurs maillons critiques de la chaîne de valeur technologique mondiale », notamment dans les semi-conducteurs néerlandais et la photonique — deux segments jugés incontournables pour l'infrastructure IA de demain.
Le crédit reste un pilier central de l'allocation
Sur le crédit, la note se veut sans ambiguïté : « L'environnement reste toujours porteur pour le crédit », résument Raphaël Thuin et Nina Majstorovic, qui évoquent des rendements jugés attractifs et des fondamentaux d'émetteurs bien orientés sur le Haut Rendement européen, malgré des difficultés sectorielles ciblées (chimie, automobile, emballage).
Tikehau IM construit son portefeuille autour d'émetteurs High Yield offrant des rendements compris entre 5% et 8%, en y ajoutant une poche de convexité via des obligations notées CCC — une stratégie qui permet, selon la note, d'aller chercher un supplément de rendement de l'ordre de 2% à 3% au sein d'une même structure de capital.
La société de gestion dit aussi voir de la valeur dans les subordonnées financières, avec une préférence pour les banques périphériques (Portugal, Espagne, Italie, Grèce) et les AT1, tout en maintenant une sensibilité limitée aux taux d'intérêt — jugeant les maturités longues encore trop exposées à la volatilité des taux souverains.
Le message de fond de cette note rejoint celui de nombreux gérants ce trimestre : le cycle haussier n'est pas terminé, mais il devient plus étroit. Entre défense, technologie et crédit, Tikehau IM trace une carte où la conviction ne suffit plus — encore faut-il savoir où, précisément, la placer.
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