
Europe, Chine et petites capitalisations : les segments à privilégier selon Fidelity International
H24 a assisté à la conférence Perspectives : Comprendre les risques clés pour les marchés en 2026 organisée par Fidelity International avec Bertrand Puiffe (gérant actions et porte‑parole de la gestion).
Ce qu'il fallait en retenir...
⏱️ Si vous n’avez que 24 secondes
📌 Les tensions autour du détroit d’Ormuz ravivent les pressions sur l’énergie et l’inflation, sans remettre en cause le scénario macro central
📌 Dans cet environnement, Fidelity International recommande de rester investi avec une approche diversifiée et progressive
📌 La gestion privilégie aujourd’hui l’Europe, la Chine ainsi que les petites et moyennes capitalisations
Un environnement géopolitique plus fragmenté… mais encore sous contrôle
Le décor a changé. Bertrand Puiffe décrit un monde de plus en plus marqué par les rapports de force géopolitiques, avec un point de tension majeur : le détroit d’Ormuz. Un passage stratégique où les enjeux apparaissent bien plus critiques que les perturbations récemment observées en mer Rouge.
Les conséquences touchent directement le pétrole, le gaz liquéfié, mais aussi certains produits chimiques et fertilisants, avec des répercussions jusque dans les chaînes agricoles et alimentaires. L’Asie figure parmi les zones les plus exposées, certaines entreprises japonaises ayant déjà dû interrompre leur production faute d’approvisionnement.
Pour autant, le gérant ne bascule pas dans un scénario catastrophe. « Le scénario central reste celui d’une résolution progressive du conflit. Mais même dans cette hypothèse, les prix du pétrole et du gaz ne devraient pas s’effondrer immédiatement », résume-t-il. Des tensions inflationnistes à court terme sont attendues, mais sans remise en cause profonde du cadre économique actuel. « Les choses restent globalement sous contrôle », estime-t-il, jugeant l’impact sur la croissance encore limité.
Au-delà du conflit lui-même, Bertrand Puiffe y voit surtout le symptôme d’un monde qui se fragmente : « Nous ne sommes plus dans ce monde globalisé », observe-t-il, évoquant le retour des logiques de puissance entre grandes zones économiques.
Rester investi malgré les incertitudes
Dans ce contexte, le message de Fidelity International reste relativement simple : ne pas sortir du marché. Bertrand Puiffe recommande même de continuer à investir régulièrement afin de lisser les points d’entrée et la volatilité.
Le gérant considère que plusieurs éléments de soutien demeurent présents. La croissance américaine ralentit, mais reste jugée solide à ce stade, même si la consommation des ménages est surveillée de près dans un environnement de hausse des coûts énergétiques.
Il rappelle également que la Fed a déjà engagé un cycle de baisse des taux, un élément historiquement favorable aux marchés actions lorsque l’économie évite la récession.
L’intelligence artificielle continue par ailleurs d’alimenter les perspectives bénéficiaires de nombreuses entreprises. « Environ 40 % des sociétés estiment que l’IA aura un impact positif sur leurs profits », souligne Bertrand Puiffe.
Mais le gérant appelle aussi à une certaine discipline sur les valorisations. Selon lui, parler de « bulle » sur l’IA n’implique pas nécessairement de quitter les marchés, mais plutôt de rester attentif aux niveaux de valorisation atteints par certaines mégacaps ainsi qu’aux interactions entre les différents acteurs du secteur.
Europe, Chine, petites capitalisations : les convictions du moment
L’allocation actuelle repose avant tout sur la diversification géographique et la sélectivité. Bertrand Puiffe estime que les marchés américains restent exigeants en matière de valorisation, alors que l’Europe et la Chine affichent des multiples plus attractifs : « autour de 12 fois les bénéfices en Chine, 14 fois en Europe et plus de 20 fois aux États-Unis ».
Malgré ses contraintes structurelles, l’Europe conserve selon lui un vrai potentiel d’investissement. Fidelity International privilégie néanmoins une approche régionalisée, avec un intérêt particulier pour les pays nordiques, jugés plus résilients.
Les marchés émergents restent décotés, mais demeurent étroitement liés à l’évolution du dollar. Le gérant table davantage sur une stabilisation du billet vert que sur une nouvelle phase d’appréciation : « Nous pensons que le dollar évoluera dans une fourchette comprise entre 1,15 et 1,20. En dessous de 1,15, il serait trop fort pour l’économie américaine, qui a besoin de soutenir ses exportations ».
En Asie, la maison conserve une vision positive sur la Chine, tout en privilégiant une approche sélective. Bertrand Puiffe estime notamment que les choix stratégiques du pays, en particulier en matière d’énergie, pourraient lui permettre de devenir, à un horizon de cinq à dix ans, un acteur majeur de l’intelligence artificielle. Dans ce contexte, les niveaux de valorisation actuels sont jugés attractifs.
Enfin, Fidelity International réaffirme également son intérêt pour les petites et moyennes capitalisations. Bertrand Puiffe souligne que la maison dispose d’importantes ressources d’analyse sur ce segment et considère que le point d’entrée redevient aujourd’hui particulièrement intéressant.
Pour en savoir plus CLIQUEZ ICI
Autres articles
Voir tous les articlesUn Témoin dans la Salle
Le mandat clé en main séduit toujours dans l’assurance vie luxembourgeoise...
Publié le 12 mai 2026
Un Témoin dans la Salle
Ils ont amorti le choc des marchés et profité du rebond d’avril...
Publié le 11 mai 2026
Un Témoin dans la Salle
Une gamme pensée pour résister aux crises majeures...
Publié le 07 mai 2026