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Fidelity International - Inflation persistante, taux longs tendus et premiers signaux de fin de cycle sur l'IA imposent la sélection de titres

H24 a assisté au webinaire « Perspectives : Les marchés à la recherche d'un nouvel équilibre » organisé par Fidelity International avec Bertrand Puiffe (Gérant et Porte-Parole de la Gestion), aux côtés d'Eva Abi Nader (Responsable Relations Partenaires) qui animait la session.

Ce qu'il fallait en retenir...

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📌 L'inflation est là pour durer et tire les taux longs vers le haut : à plus de 5% sur le 10 ans américain, on reste sous la moyenne historique, pas dans une aberration.

📌 Le cycle de l'IA soutient les bénéfices mais montre ses premiers signaux de fin de cycle : prise de profits sur les semi-conducteurs, rachats d'actions en recul, recours à la dette.

📌 Dans un marché cher et concentré, la sélection prime : value, petites capitalisations décotées, périphéries européennes et émergents portés par un dollar plus faible.


L'inflation continue de s'immiscer dans les rouages de l'économie

Le message central de Fidelity reste inchangé, mais gagne en actualité : « l'inflation devrait continuer à s'immiscer dans les rouages de l'économie », estime Bertrand Puiffe. Conséquence directe, les banques centrales adoptent un biais haussier sur les taux. La BCE a relevé ses taux de 25 points de base la semaine précédente, et la Fed devrait suivre malgré un contexte pré-électoral. Avec une inflation américaine au-dessus de 3% et un baril à plus de 107$, le risque penche selon lui à la hausse.

Cette dynamique tend les taux longs : le 10 ans américain a franchi 5%, le français dépasse 4,5%. Un niveau qu'il refuse de qualifier d'anormal : « Sur les 80 dernières années, la moyenne des taux à 10 ans américains, c'est 6%. » Les chocs d'offre entretiennent la pression, avec un trafic réduit à 7 ou 8 millions de barils par jour dans le Golfe (contre plus de 25 auparavant) et des réserves stratégiques américaines proches de 250 millions de barils, soit environ deux fois moins que la moyenne historique. À cela s'ajoute El Niño, dont un épisode « très intense » est jugé probable à 90% : de quoi mettre sous tension les matières premières agricoles et nourrir une nouvelle vague inflationniste.


L'IA soutient les bénéfices, mais les premiers signaux de fin de cycle apparaissent

La croissance des bénéfices par action, très corrélée aux cours, a porté les indices américains, tirée par les valeurs liées à l'intelligence artificielle. Les projets d'investissement des hyperscalers ont encore été revus à la hausse. Mais le goulot d'étranglement se déplace vers l'énergie : Google vient de signer avec Fortum, l'équivalent finlandais d'EDF, un partenariat de 22 ans portant sur 10% de sa production, soit 5% de l'énergie produite en Finlande.

Les premières fissures apparaissent. La veille du webinaire (le 14/09/2026), l'indice des semi-conducteurs a cédé 6% (et jusqu'à 10% sur certaines valeurs) après que des dirigeants d'Anthropic ont évoqué un possible excès d'engouement. Signal de fin de cycle selon Bertrand Puiffe : pour financer leurs investissements, les géants réduisent leurs rachats d'actions et commencent à émettre de la dette. L'analogie avec la bulle Internet s'impose, sans conclure à la sortie : « On n'est pas en 96, là on est en 99. » Reste, ajoute-t-il, à savoir si l'on est « début, mi ou fin 99 ».

En parallèle, la Chine investit massivement pour devenir leader de l'IA, jusqu'à immerger des data centers à 30 mètres de profondeur pour réduire le coût du refroidissement, qui absorbe plus de la moitié de leur consommation d'énergie.


Face à la volatilité, la sélection de titres prime

Les marchés actions évoluent sur des plus hauts, à des valorisations élevées et très concentrées. La consigne est de rester investi, mais très sélectif. Le style value conserve un potentiel de rattrapage, à peine 40% de sa sous-performance ayant été comblée après une décennie de domination de la croissance. Les petites capitalisations offrent un point d'entrée rare : « Les petites capitalisations traitent avec une décote historique, qu'on n'a jamais connue depuis 25 ans par rapport aux grandes valeurs. » Moins endettées, elles résistent mieux à la hausse du crédit, et les sorties de cote créent un vivier d'opportunités.

Les périphéries prennent le relais : au sein de la zone euro, l'Espagne et la Grèce tiennent le pavé, tandis que les pays nordiques font figure de refuge (dette suédoise à 37% du PIB, Norvège adossée à un fonds souverain). Les actions chinoises, à 12 fois les profits, offrent un levier si les marges se redressent, et les émergents profiteraient d'un dollar affaibli.

Sur le crédit, la prudence domine : privilégier les échéances courtes, les spreads Investment Grade étant historiquement bas. Bertrand Puiffe illustre enfin la nécessité du stock picking par l'aluminium, substitut du cuivre soutenu par la fermeture de capacités chinoises : « L'aluminium, c'est plutôt une opportunité d'achat aujourd'hui. » Sa conclusion tient en quatre principes : diversification, sélectivité, horizon long et versements périodiques.


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