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Itavera AM : pourquoi Rolando Grandi mise sur l'infrastructure de l'IA et attend la fin de la rotation SpaceX dans le spatial

H24 a assisté au webinaire "L'innovation accélère, comment positionner ses allocations ?" organisé par Itavera Asset Management avec Rolando Grandi (Co-fondateur et co-directeur de la gestion).

Ce qu'il fallait en retenir...

⏱️ Si vous n'avez que 24 secondes

📌 L'IA agentique fait exploser la consommation de calcul (x25 en un an) alors que les data centers, freinés par le monde physique, ne suivent pas : l'infrastructure devient le point de passage obligé.

📌 Les gains du Nasdaq viennent de la hausse des bénéfices et non d'une valorisation plus chère, ce qui permet de distinguer le signal du bruit géopolitique et obligataire.

📌 Dans le spatial, la rotation provoquée par l'entrée en Bourse de SpaceX est terminée et les flux reviennent, mais les taux restent le frein à surveiller.


L'IA passe en mode agent, et les data centers ne suivent pas

Rolando Grandi décrit trois vagues :

  • ChatGPT fin 2022,
  • les modèles de raisonnement début 2025,
  • puis l'IA agentique fin 2025. 

Avec les agents, l'IA passe de passive à active : on leur confie une mission et ils produisent des rapports, mettent à jour des documents ou répondent à des mails. Selon lui, la consommation de tokens a été multipliée par 25 en un an, et par deux entre juillet et août 2026, tirée surtout par les agents.

L'offre de calcul peine à suivre : 18 gigawatts en 2025, 37 attendus cette année, 80 l'an prochain. Pour le gérant, cette courbe reflète les contraintes physiques et non la demande. Il oppose la situation actuelle aux années 2000, quand la fibre optique n'était utilisée qu'à 7%. « Il n'y a pas les data centers disponibles. Il en manque », explique Rolando Grandi.

La monétisation est déjà visible, selon lui : Google Cloud affiche près de 25 milliards de dollars de chiffre d'affaires trimestriel, en croissance de 82%. Il anticipe une inflexion du free cash flow des géants de la tech d'ici 12 à 18 mois. D'où le positionnement d'Itavera AM sur les facilitateurs et fournisseurs d'infrastructures. « Ne misons pas sur le cheval et son jockey, misons sur l'infrastructure, c'est-à-dire l'hippodrome », résume Rolando Grandi, qui juge impossible de désigner le vainqueur de la course aux modèles.


Une hausse portée par les bénéfices, pas par la valorisation

Rolando Grandi décompose la performance d'une action en deux moteurs : l'évolution du multiple de valorisation et la croissance des bénéfices. Il compare le multiple au prix du mètre carré d'un bien immobilier. Sur le Nasdaq, depuis le lancement de ChatGPT, le multiple n'a gagné que 1% en trois ans et demi : la hausse vient donc des bénéfices. Depuis janvier, l'indice progresse de 23% alors que les multiples ont baissé avec la remontée des rendements.

Pour lui, la valorisation reste sous sa moyenne sur cinq ans. « Il faut distinguer le signal du bruit », estime Rolando Grandi, qui range dans le bruit la géopolitique, les élections de mi-mandat américaines, l'inflation, le baril et les craintes autour de l'IA. Il ajoute que 2026 reste proche de la moyenne historique de l'indice : « Si c'était une bulle, ce serait une bulle plutôt ennuyeuse ».

Selon Itavera AM, son fonds dédié à l'IA gagne 42% en euros depuis janvier, contre 16% pour le MSCI World, et 72% depuis son lancement il y a deux ans. La société présente ensuite trois scénarios. À multiple inchangé, le scénario central ressort à +9,7% d'ici la fin du trimestre. Pour 2027, elle met en avant 35% de croissance embarquée. Ce sont des simulations, pas des prévisions.


Spatial : la rotation SpaceX est derrière, les taux restent le frein

Le spatial a vécu une année très chahutée par l'entrée en Bourse de SpaceX. Rolando Grandi explique que le titre a siphonné les capitaux placés sur les petites et moyennes valeurs de la thématique. « Pour acheter SpaceX, il fallait vendre le reste », rappelle-t-il. Certains ETF concurrents détiennent désormais 15% à 25% de SpaceX, ce qui limite la poursuite du mouvement.

Il voit des signes d'amélioration : les flux reviennent depuis septembre et la rotation est finie. Il reste le poids des rendements et du contexte géopolitique, auxquels le spatial est plus sensible que l'IA, car ses sociétés ont des bilans plus fragiles et dépendent des financements. Rolando Grandi parie plutôt sur 2027 que sur un rebond immédiat, car un règlement rapide du conflit en Iran lui paraît peu probable.

Le gérant juge la valorisation de SpaceX premium mais justifiée par sa position quasi monopolistique. Il y voit un investissement de très long terme, avec un horizon à 2035 : « Parfois il faut croire pour voir », souligne-t-il. Il cite Rocket Lab comme alternative au Falcon 9, que SpaceX doit progressivement abandonner au profit de Starship.

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