
Dorval Convictions : les gérants ramènent l'exposition actions à 55% et misent sur banques européennes et électrification
H24 a assisté à la visioconférence sur les fonds Dorval Convictions organisée par Dorval Asset Management avec Gustavo Horenstein (Économiste et gérant), Sophie Chauvellier (Gérante, recherche économique et allocation d'actifs) et Arthur David-Boyet (Directeur du développement clientèles externes - France et Europe francophone).
Ce qu'il fallait en retenir...
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📌 Le scénario central de Dorval (résilience, boom de l'IA) ne pèse plus que 55% de probabilité : l'énergie et Ormuz réduisent la marge d'erreur.
📌 Acheter des entreprises européennes n'est pas parier sur la croissance de l'Europe, et le risque France reste isolé, sans contagion à la zone euro à ce stade.
📌 Dorval Convictions a ramené son exposition actions à 55% et s'appuie sur les banques européennes et l'électrification, avec des couvertures calibrées pour ne pas perdre sur les deux tableaux.
Le scénario central tient, mais son chemin se rétrécit
La croissance mondiale reste au-dessus de 3% cette année et probablement la suivante, rappelle Gustavo Horenstein, malgré le Covid, le choc énergétique lié à l'Ukraine, le krach obligataire de 2022, la guerre commerciale de 2025 et la fermeture du détroit d'Ormuz. Aucune récession n'a eu lieu, alors que la plupart des économistes en attendaient une en 2022.
« C'est vraiment le point le plus important : cette résilience assez incroyable de l'économie mondiale », souligne-t-il. Il l'explique notamment par le boom réel de l'investissement lié à l'IA, l'impulsion budgétaire en Europe du Nord et un cycle financier européen favorable.
Mais la tension énergétique change de nature : elle se concentre désormais sur les produits raffinés (diesel, gaz, charbon) plus que sur le brut. L'économiste relève aussi que la Fed a relevé ses taux de 25 points de base mi septembre. Dorval ne donne plus que 55% de probabilité à son scénario central (résilience, boom de l'IA, retour graduel des flux pétroliers), un niveau bas au regard de ses habitudes, selon lui. Gustavo Horenstein décrit désormais ce scénario comme « un chemin beaucoup plus étroit et beaucoup plus risqué ». Les trois scénarios alternatifs sont un Ormuz durablement bloqué (enlisement stagflationniste), un désenchantement sur l'IA et un boom-bust inflationniste.
« Les entreprises européennes, ça n'est pas l'Europe »
Pourquoi conserver un fonds flexible Europe dans une allocation globale ? Interrogé par Arthur David-Boyet, directeur du développement chez Dorval AM, Gustavo Horenstein avance deux arguments. Le premier tient à la nature des sociétés cotées : « Les entreprises européennes, ça n'est pas l'Europe », explique-t-il. Elles figurent parmi les plus internationalisées, quand les groupes américains restent plus centrés sur leur marché domestique. Acheter des valeurs européennes n'est donc pas acheter la croissance européenne. Le second est politique : la pression américaine pousse l'Europe à réagir (autonomie stratégique, réformes), un mouvement que l'équipe juge durable et favorable, notamment au secteur financier.
La France, objet d'une question d'un participant sur l'euro, occupe aussi la discussion. L'écart de taux avec l'Allemagne s'est creusé, mais les spreads de l'Italie, de l'Espagne, du Portugal et de la Grèce restent à peu près inchangés. « Le cas français reste spécifique et ne pose pas aujourd'hui de questions sur le reste de la zone euro », estime Gustavo Horenstein. Il invoque l'épisode Salvini et Di Maio en Italie, resté sans contagion, et les instruments antifragmentation de la BCE, tout en précisant que cela n'exclut pas des tensions en France.
| Fonds | Dorval Convictions |
| Perf YTD | +4,97% |
| Perf 5 ans (cumulée) | +27,05% |
| ISIN | FR0010557967 |
| Société de Gestion | Dorval Asset Management |
| Date de lancement | 31/12/2007 |
| Encours sous gestion | 163 M€ |
Exposition ramenée à 55%, deux thèmes en satellite
Le fonds peut être exposé de 0 à 100% aux actions européennes, précise Sophie Chauvellier. Face aux tensions obligataires et pétrolières de l'été, l'équipe a réduit l'exposition à 55% (71,3% à fin août selon la présentation), « une position d'attente un peu prudente du point de vue du taux d'exposition », résume Gustavo Horenstein.
La baisse passe par la vente de futures plutôt que de titres. Le cœur, d'environ 50 valeurs, réplique la composition sectorielle de l'indice pour être couvert à l'identique. Pour Sophie Chauvellier, « le principal risque quand on met en œuvre des politiques de couverture, c'est ce qu'on appelle le risque de base » : perdre sur les deux tableaux si le cœur baisse pendant que l'indice couvert rebondit.
Autour du cœur, deux satellites équipondérés, avec au maximum 1% par titre. Les banques européennes, thème détenu depuis trois ans, forment un panier de 11 valeurs sans banque française, partiellement couvert par des futures. L'électrification, installée fin août, compte 15 valeurs, dont deux tiers de services aux collectivités. Les paniers restent liquides : « On veut pouvoir s'exposer et se désexposer assez rapidement », justifie Sophie Chauvellier. Arthur David-Boyet rappelle un rendement annualisé de 10,47% sur trois ans pour la part R à ce jour.
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