
IAM Space par Itavera AM - Investir dans l’économie spatiale avant son changement d’échelle
H24 a échangé avec Rolando Grandi, gérant du fonds IAM Space chez Itavera Asset Management, sur la structuration de l’univers spatial coté, les moteurs de performance du fonds et l’impact potentiel d’une IPO de SpaceX sur l’ensemble de la thématique.
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📌 IAM Space cherche à capter toute la chaîne de valeur spatiale, des satellites aux lanceurs, en passant par la défense, l’observation de la Terre, la fabrication d’objets en microgravité, la connectivité et les technologies transversales.
📌 Le fonds revendique une forte pureté thématique, avec une exposition moyenne pondérée au spatial proche de 70% du chiffre d’affaires des sociétés détenues.
📌Le marché devient plus sélectif : la croissance du chiffre d’affaires ne suffit plus, les investisseurs regardent désormais l’EBITDA, le free cash-flow et la capacité d’autofinancement, c’est très sain !
📌 Une IPO de SpaceX pourrait agir comme un catalyseur majeur, en donnant une nouvelle visibilité boursière à un univers encore peu représenté dans les grands indices.
| Fonds | IAM Space |
| ISIN | FR001400TS43 |
| Société de Gestion | Itavera AM |
| Date de lancement | 14/01/2025 |
| Encours sous gestion | 46M€ |
| Perf depuis lancement | +59.96% |
| Perf YTD | +23.47% |
Un thème qui devient enfin investissable
Pour Rolando Grandi, gérant du fonds IAM Space chez Itavera Asset Management, « l’économie spatiale entre dans une nouvelle phase d’accélération ». Elle ne se limite plus aux grands programmes institutionnels : elle touche désormais la connectivité, l’observation de la Terre, la défense, la souveraineté, les données et l’intelligence artificielle.
« Le spatial est en train de passer du statut de thème futuriste à celui d’univers d’investissement structuré », explique-t-il.
IAM Space cherche à capter cette transformation à travers des sociétés cotées réellement exposées à cette chaîne de valeur, et non en achetant tout ce qui touche de près ou de loin à l’espace.
Comme le résume Rolando Grandi, « l’économie spatiale ne se résume plus aux fusées : elle devient une infrastructure critique de la connectivité, de la donnée, de la défense et de la souveraineté ».
Pureté thématique et discipline financière
L’un des risques d’un fonds thématique est de diluer son exposition dans de grandes capitalisations seulement marginalement concernées par le sujet. IAM Space cherche au contraire à conserver une forte pureté d’exposition.
Le seuil de référence est généralement fixé à 25% du chiffre d’affaires lié au spatial. Mais pour certaines sociétés en développement, le carnet de commandes ou le rôle stratégique de la technologie peuvent être plus pertinents que le chiffre d’affaires actuel.
Au moment de l’échange, l’exposition moyenne pondérée du portefeuille au spatial ressortait autour de 70%. Pour le gérant, « le fonds n’est pas une simple exposition actions internationales habillée autour d’un thème porteur. Il s’agit bien d’un portefeuille de conviction centré sur l’économie spatiale et basé sur mon expertise pionnière en Europe sur la thématique ».
Cette pureté a une contrepartie : le fonds reste plus volatil qu’un indice actions monde, avec une forte exposition aux États-Unis (79% versus 66% pour le MSCI ACWI) et une part significative de petites et moyennes capitalisations (capitalisation médiane de 10 milliards d’euros).
Mais le spatial n’est plus seulement une histoire de croissance. « Avant, il fallait croître au plus vite, peu importe les dépenses. Aujourd’hui, c’est la croissance rentable qui l’importe, avec un plus grand focus sur l’EBITDA et le free cash-flow ».
La vraie question n’est donc plus seulement de savoir qui ira dans l’espace, mais qui gagnera de l’argent grâce à l’espace. « Dans le spatial, la frontière entre rupture technologique et fragilité financière reste fine. C’est là que la sélection de titres devient décisive ».
SpaceX, le catalyseur que tout le secteur attend
L’IPO potentielle de SpaceX est l’un des sujets les plus structurants pour l’économie spatiale cotée. Pour Rolando Grandi, elle ne doit pas être analysée comme une menace pour les acteurs déjà cotés, mais comme un possible accélérateur de visibilité pour tout le secteur.
SpaceX occupe une place unique : lanceurs, Starlink, infrastructures orbitales, capacité industrielle. « SpaceX, il y a aucun équivalent », souligne le gérant. Starlink apparaît comme l’activité capable de générer les revenus récurrents nécessaires au financement des ambitions de long terme du groupe.
Une introduction en Bourse fournirait un point de référence majeur pour valoriser l’économie spatiale. Elle pourrait aussi attirer des investisseurs généralistes vers un univers encore peu connu, à la recherche d’expositions cotées : lanceurs, satellites, défense spatiale, observation de la Terre ou connectivité.
Pour Rolando Grandi, « SpaceX pourrait devenir le moment Nvidia du spatial : non pas parce qu’il résume tout le secteur, mais parce qu’il pourrait forcer le marché à le regarder autrement ». L’effet attendu serait donc moins une cannibalisation qu’un élargissement de l’intérêt pour toute la chaîne de valeur. Si l’opération se concrétise, elle pourrait marquer une étape importante dans la reconnaissance de l’espace comme véritable thème d’investissement coté.
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