
Groupama Global Electrification - Une approche qui investit sur toute la chaîne de valeur de l'électrification
H24 a échangé avec Alessandro Roggero, gérant de Groupama Global Electrification chez Groupama Asset Management.
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📌 Le fonds Groupama Global Electrification de Groupama Asset Management, présenté par Alessandro Roggero, gérant pilote de la stratégie, part du constat que l'électrification constitue un super-cycle de long terme, alimenté par l'IA, la décarbonation et la réindustrialisation.
📌 La stratégie se distingue par une exposition couvrant l'ensemble de la chaîne de valeur, des matières premières critiques jusqu'aux usages finaux (data centers, véhicules électriques, pompes à chaleur), alors que la plupart des fonds se concentrent sur un seul segment.
📌 Aujourd'hui, environ deux tiers du portefeuille sont investis sur les infrastructures (matières premières, équipements industriels, réseaux électriques, utilities) et un tiers sur les usages, avec une allocation appelée à évoluer au fil du cycle.
Une lecture globale du cycle de l'électrification
Pour Alessandro Roggero, gérant pilote de la stratégie chez Groupama Asset Management, l'électrification est entrée dans une nouvelle phase. Après plusieurs années de consommation électrique stable dans les économies développées, la demande repart durablement sous l'effet de plusieurs moteurs simultanés : développement des data centers liés à l'intelligence artificielle, réindustrialisation, électrification des usages et objectifs de décarbonation.
« Nous pensons que nous sommes au début de ce super-cycle de l'électricité et de l'électrification », explique-t-il.
Cette conviction a conduit la société de gestion à lancer Groupama Global Electrification fin 2024 avec une approche volontairement différente des fonds "clean tech" traditionnels.
Une exposition de la mine jusqu'au data center
La principale originalité de la stratégie réside dans son périmètre d'investissement.
« Ce qu'on a souhaité faire, c'était vraiment avoir une exposition claire et nette sur toute la filière », souligne Alessandro Roggero.
Le fonds investit ainsi dans les producteurs de cuivre, de lithium ou de terres rares, les fabricants d'équipements électriques, les gestionnaires de réseaux, les utilities, mais également dans les bénéficiaires finaux de cette montée en puissance de l'électricité, comme les fabricants de semi-conducteurs, les sociétés exposées aux data centers, aux pompes à chaleur ou encore aux véhicules électriques.
Cette approche transversale constitue, selon le gérant, un élément différenciant sur un marché où les stratégies se limitent souvent à une seule brique de la chaîne de valeur.
Aujourd'hui, environ deux tiers des actifs sont investis sur les infrastructures et l'offre (matières premières, équipements industriels, production et transport d'électricité), contre un tiers sur les usages. Cette répartition est amenée à évoluer au fil du cycle d'investissement.
Le retour des infrastructures électriques
L'un des constats centraux de la stratégie concerne les besoins massifs d'investissement dans les réseaux.
Les économies occidentales doivent simultanément :
- remplacer des infrastructures vieillissantes,
- répondre à la hausse de la demande électrique et
- accompagner le développement des énergies bas carbone.
Le nucléaire constitue également une poche d'investissement de long terme, avec des valeurs comme Cameco, Rolls-Royce ou Curtiss-Wright, davantage exposées aux équipements et aux nouvelles technologies qu'aux exploitants eux-mêmes.
Les matières premières, un angle souvent oublié
Autre conviction forte : les matières premières critiques restent sous-représentées dans les stratégies d'électrification. « Peu de concurrents considèrent les matières premières comme étant clés dans toute cette électrification », observe Alessandro Roggero.
Le gérant rappelle que plusieurs métaux indispensables (cuivre, terres rares, graphite, lithium ou cobalt) demeurent largement contrôlés par la Chine, ce qui renforce leur caractère stratégique dans un contexte de souveraineté industrielle.
Cette exposition permet au fonds de bénéficier des investissements nécessaires à l'expansion des réseaux électriques mais aussi des tensions structurelles sur certaines chaînes d'approvisionnement.
En guise de conclusion, le gérant rappelle que l'objectif est moins de remplacer une exposition globale aux actions internationales que d'apporter une exposition ciblée à un thème appelé à s'inscrire durablement dans les prochaines décennies grâce à la convergence entre transition énergétique, essor de l'IA, modernisation des réseaux et réindustrialisation.
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