
Microcaps européennes : Gay-Lussac Gestion dévoile son process de sélection et ses convictions
H24 a échangé avec Louis de Fels, Directeur Général - Responsable de la Gestion Collective, Associé chez Gay-Lussac Gestion.
⏱️ Si vous n'avez que 24 secondes
📌 La gamme microcaps de Gay-Lussac Gestion repose sur un process en quatre étapes : filtrage quantitatif, thématiques, analyse maison et budget de risque.
📌 Le fonds Europe se distingue par une forte exposition à la Grèce et s'est renforcé sur des pays décorrélants comme la Pologne et la Norvège. La gestion continue aussi d'apprécier les « dérivées secondes » de l'IA, comme l'électrification.
📌 Malgré la hausse des taux, Louis de Fels reste « prudemment optimiste » : la croissance des bénéfices par action du portefeuille atteint 15,7%.
| Fonds | Gay-Lussac Microcaps Europe |
| ISIN | FR001400QDK8 |
| Société de Gestion | Gay-Lussac Gestion |
| Date de lancement | 27 août 2019 |
| Encours du fonds | 162 M€ |
| Perf depuis lancement | +72,05% |
| Perf YTD | +6,37% |
Un process en quatre étapes, commun à toute la gamme microcaps
Chez Gay-Lussac Gestion, la sélection des microcaps obéit à une mécanique en quatre temps.
Première étape : filtrer un univers investissable de 800 valeurs selon trois critères quantitatifs : faible volatilité, faible bêta et momentum. L'objectif : identifier des titres qui montent doucement mais sûrement. « On ne va pas être dans les biotech où les valeurs qui font +30% puis -40% », illustre Louis de Fels.
Viennent ensuite le tri thématique (souveraineté européenne, électrification, consommation de niche) puis l'analyse maison, menée par une équipe de huit personnes. 85% des valeurs en portefeuille sont familiales, avec une préférence pour les sociétés disposant de beaucoup de cash et présentant un bon alignement des intérêts entre actionnaires.
Dernière étape : le budget de risque. La règle : surpondérer les valeurs les moins risquées et sous-pondérer les plus risquées. Tant qu'une valeur continue de « monter doucement mais sûrement », son budget de risque n'augmente pas.
L'objectif de gestion sur le long terme est de 7% annualisés, soit un doublement du capital tous les dix ans. « Notre expertise est différenciante car elle est long terme », résume Louis de Fels. Sa devise : « la valeur du temps ».
La revanche des pays du Sud... et le pari polonais
Gay-Lussac Microcaps Europe affiche une allocation atypique : la Grèce représente 27% de l'exposition géographique, devant la France (18,4%) et l'Italie (14,2%). Un positionnement qui traduit la volonté d'en faire un vrai fonds européen, et non franco-centré.
La France, justement, pèse depuis deux ans sur le fonds dédié aux microcaps hexagonales. Selon Louis de Fels, la dissolution de l'Assemblée a laissé des valorisations décotées mais sans catalyseur, alors que les prochaines échéances électorales n'apportent pas davantage de visibilité.
À l'inverse, la gestion s'est renforcée sur des pays jugés plus décorrélants, notamment la Pologne, l'un des pays affichant la plus forte croissance en Europe, et la Norvège, qui bénéficie de plans de relance dans les infrastructures et d'investissements dans les data centers. En juillet, elle a ainsi renforcé Torpol, acteur du ferroviaire polonais, et Synektik, distributeur des systèmes chirurgicaux da Vinci et spécialiste des radiopharmaceutiques.
La hausse des taux ne fait plus peur aux microcaps
Malgré un environnement de taux plus élevés, Gay-Lussac Gestion estime que de nombreuses entreprises du portefeuille bénéficient aujourd'hui de relais de croissance qui soutiennent leurs résultats.
Parmi eux, l'IA. Plutôt que de se concentrer uniquement sur ses bénéficiaires directs, Louis de Fels préfère « sortir des sentiers battus » pour identifier les « dérivées secondes, voire les dérivées troisièmes », à l'image de l'électrification. Des sociétés aux métiers plus traditionnels profitent ainsi indirectement des investissements liés à l'IA, alors que « le ruissellement des capex des hyperscalers commence à arriver en Europe ».
Cette conviction sur l'électrification a toutefois été tactiquement allégée en juillet après le trou d'air des valeurs momentum. La gestion a notamment réduit sa position sur Cembre après avoir jugé sa valorisation trop généreuse.
La croissance des BPA du portefeuille atteint 15,7%, pour un PER pondéré 2026 de 12,4x. « Malgré la hausse des taux, on reste prudemment optimistes car la croissance des résultats est là », résume Louis de Fels.
Pour en savoir plus CLIQUEZ ICI
Autres articles
Voir tous les articlesFace au Gérant
Miser sur l’IA sans s’y brûler ? Voici la stratégie...
Publié le 04 septembre 2026
Face au Gérant
Ce qui fait vraiment capoter un deal...
Publié le 01 septembre 2026
Face au Gérant
Une perf décorrélée des marchés actions : ce fonds de 12Mds€ est accessible en France...
Publié le 29 juillet 2026