
Mansartis Gestion - Miser sur l’IA sans s’y brûler : le pari de la diversification
H24 a échangé avec Laurent Hirsch, Associé - Directeur du développement chez Mansartis Gestion.
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📌 Les marchés restent polarisés, mais cette polarisation traduit de plus en plus la capacité des entreprises à délivrer des bénéfices, des marges et du cash-flow. Les fondamentaux redeviennent déterminants.
📌 Mansartis reste pleinement exposée à l'IA, en diversifiant ses investissements sur l'ensemble de sa chaîne de valeur : logiciels, semi-conducteurs, data centers, électrification et infrastructures énergétiques.
📌 Cette sélectivité s'accompagne d'une diversification entre actions internationales de croissance-qualité et obligations défensives, ainsi que d'une exigence ESG maintenue dans le temps.
Une polarisation qui traduit le retour des fondamentaux
Pour Laurent Hirsch, les derniers mois ont confirmé l'existence d'un marché à deux vitesses. Derrière la bonne tenue des indices, les écarts de performance entre zones géographiques, secteurs et valeurs restent considérables.
Mais cette polarisation est de plus en plus portée par les résultats. Les multiples de valorisation sont restés globalement stables sur plusieurs grands marchés, tandis que les bénéfices ont progressé. Pour Mansartis, c'est plutôt le signe d'un marché sain, qui récompense la création de valeur et sanctionne les déceptions, que celui d'une bulle.
Après plusieurs trimestres dominés par les rotations entre croissance et value, les résultats propres à chaque entreprise reprennent le dessus. « Ce n'est plus seulement le style qui fait la performance, ce sont les résultats des entreprises. » Un environnement propice à la sélection de titres et à la gestion de conviction.
Cet été, l'IA à l'épreuve des résultats
La correction estivale d'une partie des valeurs technologiques a illustré cette nouvelle exigence. La remontée des taux longs a pesé sur les valorisations, mais les publications ont aussi posé la question du coût de l'hypercroissance et des investissements considérables nécessaires au développement de l'IA.
Le marché ne se contente plus de payer une promesse de croissance : il mesure davantage la capacité des entreprises à convertir leurs investissements en revenus, en marges et en cash-flow.
Cette évolution ne remet pas en cause la tendance structurelle de l'IA, mais conduit à davantage discriminer entre les acteurs. « Nous croyons profondément à l'IA. Mais à mesure que les investissements augmentent, le marché demande des preuves de leur rentabilité. Le sujet n'est plus seulement la croissance : c'est aussi son coût et sa conversion en marges et en cash-flow », explique Laurent Hirsh.
S'exposer à toute la chaîne de valeur de l'IA
Mansartis reste ainsi pleinement exposée à l'IA, mais refuse de concentrer cette exposition sur quelques valeurs emblématiques.
La société diversifie ses investissements entre des maillons aux profils et temporalités de retour différents : les logiciels, dont les investissements peuvent mettre davantage de temps à porter leurs fruits mais qui ont bien performé cet été ; les entreprises qui lèvent les goulets d'étranglement, notamment dans l'électrification et les infrastructures énergétiques ; et celles qui développent les capacités indispensables à l'IA, des semi-conducteurs aux data centers.
Cette diversification a soutenu la performance pendant les turbulences estivales, les différents maillons n'ayant pas réagi de la même manière. L'objectif n'est pas de réduire l'exposition à l'IA, mais de ne dépendre ni d'un scénario unique ni de quelques titres très consensuels.
Cette discipline suppose aussi de réduire certaines positions après plusieurs années de hausse. Laurent Hirsch cite NVIDIA, détenue depuis plus de trois ans, dont l'allocation a été régulièrement réajustée.
Diversifier même lorsque le marché récompense la concentration
Cette philosophie s'inscrit dans une diversification entre Europe, États-Unis et Asie, mais aussi entre classes d'actifs.
Les portefeuilles diversifiés associent des actions internationales orientées croissance et qualité à une poche obligataire défensive, principalement investment grade et sur des maturités proches de trois ans. Celle-ci joue un rôle d'amortisseur face aux variations de taux et aux à-coups des actions de croissance.
Pour Mansartis, le rôle d'un gérant actif est de conserver des convictions fortes sans faire dépendre la performance d'un nombre limité de valeurs ou d'un scénario unique.
Une approche de long terme qui séduit les institutionnels
Cette discipline, - sélectivité, diversification et refus des excès de valorisation - constitue l'un des marqueurs historiques de Mansartis.
Après une période défavorable aux valeurs de croissance et de qualité, les encours se maintiennent autour d'un milliard d'euros. Mansartis gère notamment 15 fonds dédiés pour des investisseurs institutionnels.
Cette exigence s'étend à l'extra-financier, qui fait partie de l'ADN de Mansartis depuis sa création en 1982. Malgré un contexte ayant ravivé les interrogations autour de l'ESG, la maison a conservé sa ligne. « Nous avons pris le parti de réaffirmer l'exigence de notre processus ESG. »
Cela a pu ponctuellement peser sur la performance, mais elle reste partie intégrante de l'approche de long terme. Aujourd'hui, la quasi-totalité de la gamme est labellisée ISR et classée Article 8 ou 9.
Pour la suite, Mansartis reste constructif sur les actions, à condition de rester sélectif. À mesure que l'IA devient plus capitalistique, la question n'est plus seulement de savoir qui croît le plus vite, mais qui saura transformer cette croissance en création de valeur durable.
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