
BNP Paribas Disruptive Technology - Qui captera vraiment la valeur créée par l’IA ?
H24 a échangé avec Derek Glynn, gérant de BNP Paribas Disruptive Technology chez BNP Paribas Asset Management.
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📌 Le fonds BNP Paribas Disruptive Technology, géré par BNP Paribas Asset Management, aborde l'intelligence artificielle comme un cycle d'investissement qui dépasse désormais les seuls producteurs de semi-conducteurs. Derek Glynn, gérant de ce fonds, estime que la question centrale devient celle du partage de la valeur créée par l'IA.
📌 Le portefeuille affiche une exposition estimée à environ 99% de ses encours au thème de l'IA, directement ou via ses bénéficiaires.
📌 Les semi-conducteurs, équipements associés et matériels constituent actuellement la première exposition de BNP Paribas Disruptive Technology. Pour Derek Glynn, la prochaine étape pourrait toutefois élargir la création de valeur aux logiciels, à la cybersécurité et aux plateformes de données.
📌 Le gérant de BNP Paribas Disruptive Technology identifie encore des opportunités titre par titre, mais relève des poches d'optimisme excessif, notamment dans l'informatique quantique.
L'IA change de dimension
Pour Derek Glynn, l'industrie technologique traverse l'un de ses cycles d'innovation les plus importants depuis plusieurs décennies. L'IA générative ne se contente plus d'améliorer les outils existants. Elle commence à automatiser ou augmenter le travail intellectuel lui-même. En parallèle, son développement exige une infrastructure considérable, entre GPU et data centers. Les fournisseurs de cloud investissent collectivement des centaines de milliards de dollars dans ces capacités.
Le débat a donc changé de nature. « La question clé pour les investisseurs n'est plus de savoir si l'IA aura de l'importance, mais qui captera finalement la valeur économique. » résume Derek Glynn.
Cette interrogation guide largement le positionnement de BNP Paribas Disruptive Technology. Le fonds estime aujourd'hui son exposition au thème de l'IA à environ 99% de ses encours, en intégrant les développeurs d'IA, les acteurs de la donnée, les semi-conducteurs, le hardware, la cybersécurité, l'énergie et d'autres bénéficiaires de cette transformation.
Après les hyperscalers, une diffusion plus large de la valeur ?
La première phase du cycle a logiquement favorisé les plus grandes plateformes. Développer les modèles les plus avancés nécessite beaucoup de capital, des données propriétaires, des ingénieurs et une puissance de calcul difficilement accessible aux acteurs de petite taille.
Mais le gérant ne considère pas cette concentration comme définitive. « Nous ne pensons pas que les bénéfices à long terme de l'IA resteront concentrés entre les mains de quelques entreprises », souligne Derek Glynn.
La prochaine vague pourrait dès lors concerner davantage les éditeurs de logiciels, les spécialistes de la cybersécurité, les plateformes de données ou encore certaines applications verticales. Un point compte particulièrement : la capacité à intégrer l'IA dans des processus critiques et à démontrer des gains de productivité mesurables.
C'est aussi là que la sélection devient plus délicate. L'arrivée d'agents capables d'orchestrer directement certaines tâches menace une partie des logiciels traditionnels. À l'inverse, les solutions profondément intégrées dans les entreprises, notamment celles qui constituent des systèmes de référence dans des secteurs très réglementés, pourraient se révéler beaucoup plus défensives.
Semi-conducteurs : une prime qui peut encore se justifier
La première exposition sectorielle du portefeuille reste aujourd'hui constituée des semi-conducteurs, équipements pour semi-conducteurs et matériels, complétée par une présence significative chez les grands fournisseurs de cloud. Le fonds détient également plusieurs sociétés de logiciels, notamment dans la cybersécurité, les infrastructures et les applications.
Les valorisations imposent néanmoins de distinguer les segments. Les semi-conducteurs se négocient légèrement au-dessus de leurs moyennes historiques sur la base des PER à douze mois. Ils ne sont pas pour autant excessivement chers. La croissance structurelle liée à l'IA et l'amélioration des profils financiers du secteur peuvent justifier une prime. À l'inverse, les valorisations des logiciels sont revenues à des niveaux historiquement bas dans certains cas, sous l'effet des craintes de disruption par l'IA.
« Nous trouvons encore des opportunités attractives titre par titre dans plusieurs secteurs sur la base de nos analyses DCF », précise Derek Glynn. L'équipe préfère en effet raisonner sur la valeur intrinsèque des entreprises plutôt que sur la seule comparaison des multiples.
Une discipline fondamentale derrière un thème très porteur
Le positionnement reste finalement assez éloigné d'un simple pari directionnel sur la technologie. BNP Paribas Disruptive Technology est un portefeuille concentré de 40 à 50 convictions, construit avec un horizon de long terme et une rotation faible. L'univers couvre les petites capitalisations comme les méga-capitalisations, ainsi que quelques sociétés hors technologie lorsqu'elles bénéficient directement de la transformation numérique.
La vigilance reste de mise. Risques géopolitiques sur les chaînes d'approvisionnement des semi-conducteurs, réglementation, contraintes énergétiques et éventuel surinvestissement dans les infrastructures sont suivis de près. Certaines zones paraissent déjà plus spéculatives. Le gérant cite notamment l'informatique quantique, où plusieurs sociétés affichent selon lui des valorisations élevées au regard de revenus encore limités.
Le fil conducteur reste donc la sélection fondamentale. « Nous investissons dans des entreprises résilientes disposant d'avantages concurrentiels durables et se négociant à des valorisations attractives », rappelle Derek Glynn. Dans un cycle où presque tout le secteur technologique revendique désormais une exposition à l'IA, cette distinction pourrait justement devenir de plus en plus importante.
| Fonds | BNP Paribas Disruptive Technology |
| Perf YTD | +23.46% |
| ISIN | LU0823421689 |
| Société de Gestion | BNP Paribas Asset Management |
| Date de lancement | 17 mai 2013 |
| Encours sous gestion | 5.72 Mds€ |
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