Point sur le marché obligataire
David Harris (Schroders)
Selon David Harris, membre de l’équipe de gestion de taux américaine de Schroders, les niveaux extrêmement bas des rendements obligataires pourraient bien se justifier par un certain nombre de facteurs et rester proches de ces niveaux dans un avenir prévisible.
Il considère en effet qu'il faut souvent de nombreuses années pour que les mutations résultant de facteurs démographiques n’interagissent sur les marchés financiers et il semble que nous soyons encore dans les premières phases du repositionnement de l'allocation des portefeuilles des « baby-boomers ».
Par ailleurs, le contexte joue toujours en faveur de rendements obligataires bas :
- le chômage reste très élevé
- les capacités inutilisées sont considérables dans le secteur manufacturier
- les faibles rendements des instruments monétaires contraignent les investisseurs à se tourner vers des instruments financiers d'échéance plus longue afin d’obtenir un rendement plus élevé
- l’incertitude sur le plan économique entretient la méfiance des investisseurs à l’égard des actions ou d'autres véhicules de croissance.
Les tentatives de la Fed visant à réduire le coût de financement et empêcher une situation de déflation coïncident avec un accroissement rapide de la demande de titres obligataires au sein des portefeuilles des « baby-boomers » et avec une part plus importante allouée à ces actifs au sein des plans d’épargne retraite américains.
A terme, la course aux obligations pourrait prendre une tournure spéculative et provoquer la formation d’une bulle obligataire. Cela étant, cette constatation est loin de constituer une menace pour le maintien de rendements faibles. En effet, les investisseurs doivent aussi composer avec une conjugaison d’indicateurs économiques mal orientés, d'effets déflationnistes, de réduction de l’endettement et de tendance démographiques négatives.
Source : Schroders
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