
Private assets : pédagogie nécessaire pour une classe d’actifs en mutation - EDRAM, RGREEN INVEST et APAX by Seven2
⏱️ Si vous n’avez que 24 secondes
📌 EDRAM, RGREEN INVEST et APAX by Seven2 rappellent que les private assets restent avant tout des actifs illiquides, malgré l’essor des formats Evergreen.
📌 Le marché du non coté se structure autour de plusieurs poches distinctes : private equity, dette privée et infrastructures, avec des profils de risque et de rendement très différents.
📌 Le format Evergreen facilite l’accès des clients privés, mais ne transforme pas des actifs illiquides en actifs liquides.
📌 Les gérants défendent une approche de long terme, avec des objectifs de rendement souvent compris entre 7 % et 12 % selon les stratégies.
📌 La diversification entre millésimes, classes d’actifs et géographies reste centrale.
Le non coté poursuit sa démocratisation auprès des CGP et des family offices. Mais le webinaire organisé autour des private assets a rappelé une évidence parfois oubliée : ces actifs restent d’abord des investissements de long terme.
Face à Jean-François Félix, Managing Partner chez Elyan Partners (conseil d’Edmond de Rothschild Asset Management), Avidan Geissmann, en charge de l’activité Private Wealth pour Apax by Seven2, et Nicolas Rochon, fondateur et CEO de RGREEN INVEST, le débat a rapidement porté sur un point clé : l’accès croissant des investisseurs privés au non coté doit s’accompagner d’un effort de pédagogie.
Nicolas Rochon l’a résumé sans détour : « C’est illiquide, il ne faut pas faire croire aux gens que c’est liquide. » Une phrase qui pose bien le cadre. Les véhicules Evergreen apportent une liquidité organisée, avec des gates et des poches de cash, mais pas une liquidité de marché.
Evergreen : une solution utile, mais pas magique
Pour Jean-François Félix, l’Evergreen répond à une vraie évolution du marché. Contrairement aux fonds fermés, avec appels de fonds et distributions sur dix ans, l’investisseur entre à une valeur liquidative et peut sortir selon les conditions prévues. Cela simplifie beaucoup l’usage en assurance-vie ou en PER.
Mais la contrepartie est claire. Les fonds doivent conserver une poche de liquidité. Chez Edmond de Rothschild Asset Management, Jean-François Félix évoque une contrainte minimale de 10 % de cash, avec un engagement des assureurs à ne pas demander plus de 10 % de la valeur du fonds par an. L’objectif est de préserver la performance, sans immobiliser une poche de cash trop importante.
Nicolas Rochon pousse l’analyse plus loin : « Le jour où il y a une panique, si tout le monde veut vendre en même temps, vous allez mettre quatre ans à récupérer l’ensemble de votre ligne. » D’où l’importance d’adapter la liquidité promise à la nature des sous-jacents.
Trois approches du non coté
Les trois intervenants couvrent des segments différents.
Jean-François Félix intervient sur le private equity mid-market, avec un fonds Evergreen investi dans des sociétés de taille moyenne, en Europe et aux États-Unis.
Le portefeuille vise trois thématiques :
- nouveaux consommateurs,
- digitalisation des services aux entreprises,
- santé et bien-être.
L’objectif évoqué se situe entre 8 % et 12 % d’accroissement annuel de la valeur liquidative.
Chez Apax by Seven2, Avidan Geissmann met en avant une approche de LBO majoritaire sur la tech et les services B2B. Le fait d’être majoritaire permet de piloter la transformation des participations, notamment via la croissance opérationnelle, le pricing, les recrutements ou l’intégration de l’IA. L’objectif réaliste avancé : entre 1,6 fois et 2,4 fois la mise nette.
RGREEN INVEST, de son côté, se positionne sur l’infrastructure énergétique européenne, en dette et en equity. Nicolas Rochon rappelle que la société gère un peu plus de 3 milliards d’euros et investit à 70 % hors de France. La gestion se fait aussi bien capital qu’en dette. Sur la dette infrastructure court terme, l’objectif brut évoqué tourne autour de 8 %, tandis que l’equity vise plutôt 2 fois la mise.
Le point d’entrée existe, mais il ne suffit pas
Les valorisations ont baissé depuis les pics de 2021. Pour Jean-François Félix, certains actifs se traitent désormais à des multiples proches de ceux observés dix ans plus tôt. Mais Avidan Geissmann tempère : le private equity ne repose plus seulement sur l’expansion des multiples. La création de valeur doit venir des résultats. Autrement dit : faire croître le chiffre d’affaires, l’EBITDA et la qualité opérationnelle des entreprises.
Sur l’infrastructure, Nicolas Rochon insiste sur la discipline. « Une infrastructure subventionnée, c’est une catastrophe avec une évolution des taux. » Selon lui, les meilleurs actifs doivent répondre à des besoins vitaux, avec une capacité à ajuster les prix et à s’inscrire dans les enjeux de souveraineté énergétique.
Le vrai sujet : durée, diversification, conviction
Le conseil final est assez homogène. Pour les investisseurs, il s’agit moins de choisir entre coté et non coté que de construire une allocation cohérente.
Jean-François Félix parle d’un horizon de huit ans minimum. Avidan Geissmann insiste sur la diversification entre private equity, infrastructure, dette privée et immobilier. Nicolas Rochon résume : « Le non-coté, c’est de la conviction. »
C’est sans doute le message principal du webinaire. Les private assets peuvent améliorer une allocation patrimoniale, réduire la volatilité apparente et donner accès à des moteurs de croissance différents. Mais ils exigent une chose simple : accepter le temps long.
Pour (re)voir le webinaire en vidéo CLIQUEZ ICI
Autres articles
Voir tous les articlesNon Coté
Rendements réguliers, résilience, faibles taux de défaut… what else ?
Publié le 19 mai 2026
Non Coté
Le private equity entre dans un cycle plus tendu, ils ont su s'adapter...
Publié le 11 mai 2026
Non Coté
Gros coup de froid en perspective sur le référencement des fonds...
Publié le 07 mai 2026