
Après +30% depuis 2023, Carmignac Patrimoine affirme ses convictions tout en renforçant ses couvertures
H24 a assisté à la conférence webinaire « Carmignac Patrimoine : Gestion de conviction en terrain instable » avec Guillaume Rigeade (Responsable de l’équipe obligataire), Jacques Hirsch (Gérant multi-assets) et Axelle Pinon (Portfolio Advisor et Membre du Comité d'Investissement).
Ce qu'il fallait en retenir...
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📌Depuis la reprise en main du fonds en septembre 2023, Carmignac Patrimoine affiche +30,3% contre +25% pour son indice de référence — avec comme principal moteur de surperformance le portefeuille obligataire.
📌Dans un monde où les actions sont chères et les obligations sous pression, le fonds joue la résilience multi-actifs : 47% d’exposition actions, sensibilité taux proche de zéro, et 20% en devises émergentes.
📌La grande conviction du moment : éviter les obligations longues, renforcer les protections (spreads de crédit, options VIX) et surveiller l’or et les bancaires européennes comme paris de rebond post-conflit.
| Fonds | Carmignac Patrimoine |
| Perf YTD | +4.69% |
| Perf depuis le 29/09/2023 (reprise du fonds par la nouvelle équipe de gestion) | +30.3% |
| ISIN | FR0010135103 |
| Société de Gestion | Carmignac Gestion |
| Date de lancement | 07/11/1989 |
| Encours sous gestion | 6.7 Mds€ |
+30% en moins de trois ans : ce que cache la performance
Depuis que Guillaume Rigeade et Jacques Hirsch ont repris les commandes de Carmignac Patrimoine en septembre 2023, le fonds affiche une performance de +30,3%, contre +25% pour son indicateur de référence. Depuis le début de l’année 2026, le fonds progresse de +4,7% dans un environnement où les indices obligataires peinent à rester en territoire positif.
« La décomposition de cette performance est remarquable », souligne Guillaume Rigeade. Elle provient pour environ un quart des actions, pour un quart des devises, et pour près de la moitié du portefeuille obligataire.
Trois facteurs expliquent cette contribution obligataire :
- une anticipation de remontée des taux longs aux États-Unis, en Grande-Bretagne et au Japon ;
- des positions sur les taux courts hongrois ;
- des expositions à l’inflation qui ont amorti le choc lié au conflit au Moyen-Orient.
La lecture macro des gérants : un monde plus inflationniste et plus incertain
Le conflit au Moyen-Orient a redistribué les cartes macroéconomiques. Ce qui frappe Jacques Hirsch, c’est avant tout « la rapidité, on pourrait dire même la violence, avec laquelle les marchés ont reflété le lien entre ce choc sur les prix et un resserrement monétaire attendu des banques centrales. »
En Europe, la croissance 2026 est désormais anticipée autour de 0,6% (en net recul), tandis que les anticipations d’inflation sont revues à la hausse. Le marché intègre désormais deux à trois hausses de taux des banques centrales européennes cette année. Aux États-Unis, la résilience tient, soutenue par les investissements en IA et un marché de l’emploi solide, mais l’inflation pourrait surprendre à la hausse, portée par les semi-conducteurs, l’électricité et le cuivre. « Une croissance robuste, mais une inflation qui surprend peut-être à la hausse », résume Jacques Hirsch.
Les convictions de portefeuille : où aller, où ne pas aller
Sur les actions, les gérants restent constructifs : la croissance des bénéfices atteint près de 25 % en glissement annuel dans une économie qui croît nominalement entre 5 et 6%. Les expositions privilégient la tech — avec notamment TSMC (+50% depuis janvier) et Schlumberger (+20%) — mais aussi la santé, valorisée à des niveaux attractifs et devenue « très anticorrélée à tout ce qui est IA », offrant un contrepoids utile au portefeuille.
Du côté obligataire, deux convictions s’imposent : les devises émergentes (real brésilien, peso colombien, won coréen, yuan chinois) pour leur portage et leur exposition aux matières premières, et les taux courts européens, dont les gérants estiment que les hausses anticipées par le marché ne seront pas toutes délivrées.
À l’inverse, les gérants se montrent réservés sur la dette souveraine longue, estimant que l’équilibre entre offre et demande reste défavorable aux investisseurs. « Les taux réels devraient rester élevés, l’inflation continue de représenter un risque et l’appétit des investisseurs peine à suivre l’augmentation des émissions obligataires », détaille Guillaume Rigeade.
Protéger sans renoncer : la gestion des risques en 2026
Face aux incertitudes — valorisations tendues, IPO massives (OpenAI, SpaceX), conflit non encore pleinement intégré —, l’équipe a renforcé ses protections.
Deux outils principaux : des positions asymétriques sur l’écartement des spreads de crédit et des options longues sur le VIX. « Il nous paraît bas au regard des incertitudes qui pèsent », estime Jacques Hirsch. Pour les gérants, le calme apparent des marchés masque une concentration extrême autour de quelques valeurs liées à l’IA. Un changement de régime macroéconomique pourrait rapidement faire grimper les corrélations et raviver la volatilité.
Dans le viseur pour un éventuel renforcement : l’or, pénalisé à court terme par le conflit mais structurellement soutenu par les déficits budgétaires et les banques européennes, dont les valorisations de départ restent raisonnables et qui bénéficieraient d’une détente sur les prix de l’énergie.
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