
M&G Investments - A contre-courant des indices mondiaux
H24 a assisté à la conférence avec Florent Delorme (Investment Director, M&G Investments).
Il défend un scénario de résilience conditionné à la désescalade en Iran, une sous-exposition structurelle aux États-Unis, et un fonds de dividendes pour traverser un marché trop concentré sur la tech.
Ce qu'il fallait en retenir...
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📌 Florent Delorme mise sur un scénario de résilience (note de 7/10 sur les marchés à horizon fin d'année) conditionné à la résorption des tensions en Iran, avec un baril stabilisé entre 70 et 80 dollars et une inflation qui s'installerait plutôt proche de 3% que de 2%.
📌 M&G reste structurellement sous-exposé aux États-Unis au profit des émergents (environ 20% de la poche action), du Japon et de l'Europe, où les valorisations sont moins tendues.
📌 Sur l'obligataire, la société privilégie une duration très longue sur la dette souveraine (60% de l'allocation), et met en avant un fonds actions à dividendes croissants pour traverser un marché jugé trop concentré sur la tech.
Un scénario de résilience, à condition que la crise en Iran se résorbe
Interrogé sur une note de 1 à 10 pour les marchés à horizon fin d'année, Florent Delorme se positionne à 7 — une conviction affirmée sans être extrême. Son scénario central repose sur une hypothèse précise : « Nous, on travaille plutôt sur un scénario de résilience qui s'appuie sur l'idée que la séquence iranienne devrait se résorber d'une manière ou d'une autre. » Il reconnaît que la reprise des bombardements jette à nouveau le trouble, mais maintient sa conviction que ni Washington ni Téhéran n'ont les moyens de prolonger indéfiniment les tensions.
Sur cette base, M&G table sur un baril stabilisé entre 70 et 80 dollars, un niveau auquel, selon Florent Delorme, « la récession ne nous menace pas ». Il s'appuie sur des indices PMI américains qui se tiennent bien et un marché de l'emploi jugé correct pour défendre une croissance américaine qui tient, avec une amélioration attendue en Europe en 2027 une fois les prix de l'énergie stabilisés.
Sur l'inflation, Florent Delorme défend un diagnostic structurellement plus inflationniste, mais mesuré : « On peut sans doute s'attendre à avoir des régimes d'inflation légèrement supérieurs, plutôt proche des 3% que des 2%. » La montée des protectionnismes et les conflits qui perturbent les chaînes logistiques justifient, selon lui, des poussées inflationnistes ponctuelles dans les séquences aiguës de crise, sans dérapage durable au-delà de ce niveau.
Sous-exposé aux États-Unis, pas parce qu'ils vont mal, mais parce qu'ils sont chers
Interrogé sur l'allocation actions idéale, Florent Delorme assume une allocation très éloignée des indices mondiaux — où les États-Unis pèsent 65-70% : « Les États-Unis ne sont pas le cœur de nos allocations pour des raisons de valorisation. On a à peu près 20% d'une poche action sur les émergents, bien au-delà des 5-6% dans les indices mondiaux. » Il précise que ce choix ne traduit pas un pessimisme sur la solidité financière américaine relativement au reste du monde, mais une préférence pour des zones aux valorisations moins tendues — Japon, Europe, et marchés émergents, Chine incluse.
Sur l'intelligence artificielle, thématique qu'il juge être à la fois une opportunité et un risque, il assume une position prudente à court terme sans renier le potentiel de fond : « Ça reste le moteur de la croissance mondiale, mais ça amène forcément de la concentration. » Reprenant l'analogie du secteur du luxe français, dont la concentration dans le CAC 40 avait fini par dépasser le raisonnable, il recommande la patience plutôt que le renforcement : « Ce n'est sans doute pas le moment de renforcer significativement ce secteur-là, il faut profiter des séquences de respiration du marché pour revenir sur ces thématiques. »
Le dollar reste selon lui un actif refuge en période géopolitique tendue, ce qui limite sa dépréciation malgré la thèse de fond en sa faveur.
M&G (Lux) Global Dividend Fund : Un fonds de dividendes pour faire face à la concentration du marché
Sur l'obligataire, à la question d'une allocation type, Florent Delorme détaille une répartition précise : « On mettrait à peu près 60% de la poche obligataire sur de la dette souveraine à très long terme. » Le solde se répartit entre dette émergente en second pari (~25%), et seulement 15% en crédit investment grade — sans aucun high yield, les spreads de crédit étant jugés trop resserrés pour justifier le risque.
En clôture, Florent Delorme présente le fonds de dividendes que M&G met en avant dans ce contexte de marché. Face à la concentration excessive de la tech dans les indices, la société privilégie un portefeuille actions défensif fondé sur la régularité des versements de dividendes : « On veut présenter à nos clients un portefeuille plutôt défensif. Ce qui rassure dans les séquences de marché incertaines, c'est d’avoir du dividende. »
Interrogé sur la présence de secteurs a priori cycliques comme les matériaux, l'énergie et la finance en tête des surpondérations du fonds, Florent Delorme précise que le filtre dividende sélectionne, au sein de ces secteurs, des entreprises aux modèles économiques capables de traverser les cycles — d'où, selon lui, le caractère malgré tout défensif de l'allocation, avec la technologie nettement sous-pondérée.
| Fonds | M&G (Lux) Global Dividend Fund |
| Perf YTD | +10.83% |
| ISIN | LU1670710075 |
| Société de Gestion | M&G Investments |
M&G est lauréat du Grand Prix de la Finance 2026

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