
BDL Capital Management - Pourquoi la course aux data centers crée des opportunités inédites sur les valeurs délaissées
H24 a assisté au webinaire "IA : parlons de rentabilité" organisé par BDL Capital Management avec Victorien de Gastines (Directeur Commercial), Laurent Chaudeurge (Membre du Comité d'Investissement) et Aymeric Mellet (Co-gérant de BDL Rempart et BDL Conviction).
Ce qu'il fallait en retenir...
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📌 Financer la révolution IA coûtera 6 000 milliards de dollars d'ici 2030 — et pour les rentabiliser, les hyperscalers devront générer 3 000 milliards de chiffre d'affaires annuel qui n'existent pas encore aujourd'hui.
📌 Le modèle financier des géants tech se fissure : le free cash flow ne suffit plus. Rachats d'actions en baisse, émissions en hausse — la croissance IA devient dilutive pour l'actionnaire, et les contraintes physiques (énergie, équipements) freinent déjà l'exécution.
📌 BDL ne détient aucune position dans les hyperscalers. La maison cible des valeurs délaissées par la course à l'IA — à forts effets de réseau, peu substituables par un LLM — et y voit des opportunités rares.
| Fonds | BDL Rempart | BDL Convictions |
| Perf YTD | +2.96% | +5.24% |
| Perf 2025 | +17.98% | +23.76% |
| ISIN | FR0010174144 | FR0010651224 |
| Société de Gestion | BDL Capital Management | |
6 000 milliards investis : à quel prix ?
Derrière chaque réponse d'un modèle d'IA, il y a d'abord de l'électricité. Laurent Chaudeurge a posé le cadre d'entrée : « L'idée, c'est de consommer de l'énergie au sein d'un data center pour la transformer en tokens — c'est-à-dire en intelligence. » La capacité mondiale installée atteint 114 gigawatts fin 2025 et devrait doubler pour atteindre 279 gigawatts d'ici 2030. Au premier trimestre 2025, les cinq grands hyperscalers — Microsoft, Amazon, Alphabet, Meta, Oracle — ont brutalement accéléré : +40% de capex en un seul trimestre.
La question de la rentabilité découle directement de ces chiffres. Avec un coût estimé à 50 milliards de dollars par gigawatt, 120 gigawatts supplémentaires représentent 6 000 milliards d'investissements d'ici 2030. En retenant un rendement cible de 10% et une marge d'EBITDA de 50%, Laurent Chaudeurge arrive à une conclusion qui donne le vertige : « Il faudrait générer 3 000 milliards de dollars de chiffre d'affaires par an qui n'existent pas aujourd'hui. » C'est l'équivalent de l'intégralité du budget mondial des logiciels et services informatiques — ou encore 70% du résultat net agrégé des 1 300 entreprises du MSCI.
Un modèle financier qui se fissure — et des contraintes physiques qui s'accumulent
Le changement de paradigme est financier d'abord. Avant 2025, les hyperscalers généraient suffisamment de free cash flow pour financer leurs capex et rémunérer leurs actionnaires. Ce n'est plus le cas. « On passe d'une situation où on avait un déficit d'offre en actions à un surplus », résume Laurent Chaudeurge. Les rachats d'actions reculent, les émissions s'accélèrent — Alphabet, Meta, Oracle ont tous levé des capitaux ces derniers mois. La croissance, autrefois autofinancée, devient dilutive.
Les contraintes sont aussi physiques. Aymeric Mellet a détaillé les goulots d'étranglement qui s'accumulent sur toute la chaîne : raccordement au réseau électrique (délai désormais supérieur à 2030), turbines à gaz, transformateurs, équipements mémoire. « Et ça, c'est avant même l'accélération des capex du Q1 », souligne-t-il. À cela s'ajoute un risque de dominos : les hyperscalers sont profondément interconnectés, et la fragilisation d'un acteur — Oracle et ses engagements élevés par rapport à sa rentabilité sont cités — pourrait déstabiliser l'ensemble de l'écosystème.
BDL : rester à l'écart et acheter ce que l'IA délaisse
BDL Capital Management gère plus de 4 milliards d'euros sur ses fonds ouverts et a collecté près de 600 millions depuis le début de l'année. Pour autant, la maison n'est actionnaire ni des hyperscalers, ni de la chaîne de valeur directe de l'IA. « Ce n'est pas qu'on ne veut pas investir dans l'IA — c'est qu'on aimerait que le soufflé dégonfle, qu'on puisse trier les gagnants des perdants et surtout avoir des valorisations plus raisonnables », explique Laurent Chaudeurge.
La stratégie se déploie en creux : profiter de la désaffection des investisseurs pour des secteurs délaissés. L'équipe a ainsi initié des positions sur SAP, Amadeus, Rightmove ou Scout24 — des sociétés à forts effets de réseau, peu substituables par un LLM. « On a des opportunités qu'on n'a pas vues depuis 15 ans », conclut Aymeric Mellet. Si la détente géopolitique au Moyen-Orient se confirme, un retour en grâce de ces valeurs de qualité pourrait se dessiner plus vite que prévu.
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