
Varenne Capital Partners reste à l'écart des fonds thématiques et mise sur le stock picking pour jouer la diffusion de l'IA
H24 a assisté au webinaire EOS/H24 « Macro-marchés : quels choix pour le S2 ? ».
Le point de vue de David Mellul, Directeur général de Varenne Capital Partners.
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📌 Une confiance élevée (8 sur 10), adossée à une saison de résultats record (86% des entreprises du S&P 500 au-dessus du consensus) et à une macro américaine solide, la hausse des taux étant jugée bien moins menaçante qu'en 2022.
📌 L'IA se diffuse à toute la cote : au-delà du trio Nvidia-Micron-Broadcom, les gains de productivité gagnent l'ensemble des secteurs — un terrain pour le stock picking agile, à rebours des fonds thématiques jugés sans filet.
📌 Le fonds mis en avant, Varenne Global, reste pleinement investi mais embarque un dispositif de couverture contre les chocs extrêmes, pensé pour limiter la perte en cas de décrochage de marché.
| Fonds | Varenne Global |
| Perf YTD | +10.3% |
| ISIN | LU2358389745 |
| Société de Gestion | Varenne Capital Partners |
Une confiance de 8 sur 10, adossée à des résultats record
Interrogé sur sa confiance dans les actifs risqués, David Mellul se situe à 8 sur 10. Une note qu'il rattache d'abord aux valorisations : la baisse de l'été, marquée notamment en juillet, a corrigé parfois lourdement certains cours, les rendant de nouveau attractifs.
S'y ajoute une saison de publications qu'il qualifie de record : 86% des entreprises du S&P 500 ont dépassé le consensus, avec une ventilation qu'il juge saine — c'est le secteur de la santé, et non la tech, qui affiche le meilleur taux de surprises positives. De quoi, selon lui, relativiser l'idée d'une bulle.
Le décor macroéconomique conforte cet optimisme : commandes industrielles reparties, consommation de biens durables dynamique, investissements plus résilients qu'attendu. Quant à la remontée des taux, il invite à ne pas la dramatiser. La situation n'a, dit-il, rien à voir avec le resserrement quantitatif de 2022.
Les risques ? Il les situe presque exclusivement du côté des chocs exogènes, le reste étant à ses yeux gérable : « le reste est gérable ». Le premier d'entre eux demeure le conflit iranien, susceptible de changer de forme ou de s'étendre, avec pour corollaire une possible flambée du coût de l'énergie en Europe.
L'IA s'élargit à toute la cote : le pari d'un stock picker agile
Sur la largeur de la hausse, sa conviction est nette : « c'est tout le marché qui en profite ». Des taux de surprises positives atteignant 100% sur des secteurs comme la santé, l'industrie ou les matériaux montrent que le mouvement se généralise, même si la contribution à la croissance des bénéfices reste, pour l'heure, portée par un trio Nvidia, Micron et Broadcom.
Pour lui, l'IA n'en est qu'à ses débuts : après quelques entreprises directement exposées, les gains de productivité se diffusent dans tout le tissu industriel. Il décrit une « phase de land grabbing », une conquête de territoire comparable à celle d'Amazon à ses débuts, où la monétisation viendra dans un second temps. Rapporter aujourd'hui les capex au chiffre d'affaires n'aurait, selon lui, pas de sens.
Cette lecture nourrit un positionnement de stock picker : autour de la tech américaine, il voit encore des valorisations très attractives, à l'image de Micron dont le PER à deux ans tomberait à un seul chiffre, porté par des dirigeants relevant régulièrement leurs prévisions. Il cite aussi la mémoire, l'électrification, les capteurs, ou encore un secteur de la santé délaissé.
Conscient que les arbres ne montent pas jusqu'au ciel, il plaide pour l'agilité : les vainqueurs d'hier ne seront pas forcément ceux de demain. C'est aussi ce qui le rend hostile aux fonds thématiques : lorsqu'un thème se retourne, « il n'y a pas de parachute, il n'y a pas de protection pour l'investisseur ».
Varenne Global : rester pleinement investi, mais couvert contre les chocs
Le choix du fonds mis en avant découle directement de cette confiance. Il met en avant Varenne Global, en cohérence avec sa note de 8, plutôt que Varenne Valeur (son équivalent exposé aux deux tiers sur sa composante longue) : un fonds « totalement investi, et il restera totalement investi » sur sa poche longue. Mais l'exposition s'accompagne d'un arsenal complémentaire : positions vendeuses, arbitrage d'opérations de fusion-acquisition, et surtout « un dispositif de couverture macroéconomique contre les risques extrêmes ».
L'objectif affiché n'est pas d'amortir une simple correction, mais de bien traverser un choc de marché (un décrochage de l'ordre de 20%) où ce dispositif apporterait une contribution positive susceptible de limiter la perte maximale. C'est le pendant assumé d'une volatilité élevée, de l'ordre de 16,85% sur un an au 3 septembre, que le gérant revendique comme la contrepartie des valeurs les plus contributrices : un portefeuille diversifié et des stratégies de décorrélation rendent, selon lui, cette volatilité supportable.
L'environnement idéal, à ses yeux ? Une croissance américaine autour de 2,5%, une inflation de 3 à 3,5% et des taux qui se stabilisent. Les États-Unis demeurant, dans son scénario, la locomotive des marchés actions.
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