
Point Marchés Natixis IM : taux longs durablement hauts, actions à conserver, rendement obligataire à capter sur le court et le high yield
H24 a assisté au webinaire de rentrée « Point Marchés » organisé par Natixis Investment Managers, avec Mabrouk Chetouane (Head of Global Market Strategy), David Czupryna (Senior Investment Specialist), Kemal Omanovic (Investment Specialist, Ostrum AM) et Dimitri Lafon (Responsable Relations Investisseurs) et Romain De Beco (Directeur Distribution & Assurances, France & Monaco).
Ce qu'il fallait en retenir...
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📌 La remontée des taux longs vient d'abord des taux réels, pas de l'inflation : le potentiel de baisse est faible, mieux vaut éviter de surpondérer la duration longue d'ici la fin d'année.
📌 La croissance des bénéfices tient : rester investi en actions. Deux façons de jouer l'IA, WCM sur la « couche physique », Loomis sur les hyperscalers avec seulement 7% de recouvrement entre les deux fonds.
📌 Le rendement se capte sur les maturités courtes et le high yield, portés par des taux de défaut autour de 3% contre 4 à 5% en moyenne historique.
Taux longs : le vrai moteur, ce sont les taux réels
Pour Mabrouk Chetouane, la hausse des taux longs de l'été ne s'explique pas d'abord par l'inflation, restée relativement stable, mais par une composante moins commentée : les taux d'intérêt réels, revenus sur leurs points hauts de 2022-2023 tant en zone euro qu'aux États-Unis. En cause notamment, la nomination de Kevin Warsh à la Réserve fédérale, qui a selon lui enterré la forward guidance ; privé de visibilité sur la politique monétaire, le marché exige une prime, qui pousse les taux à la hausse et se déverse mécaniquement sur l'Europe.
La conséquence pour l'allocation est directe. Une asymétrie s'installe sur la partie longue de la courbe : faible probabilité de voir les taux longs baisser nettement, probabilité plus forte de les voir monter graduellement. Avec une OAT 10 ans autour de 4,26%, le stratégiste écarte le pari sur la duration longue.
« Aller surexposer de la duration sur la partie longue de la courbe nous semble un pari un peu audacieux d'ici la fin de l'année », résume Mabrouk Chetouane.
Actions : rester investi, et deux façons de jouer l'IA
Malgré ce durcissement des conditions financières, les marchés actions tiennent. Mabrouk Chetouane l'attribue à la résistance des bénéfices : « Il y a encore de la croissance, modestement macroéconomique, mais plus fortement microéconomique. » Le stratégiste a ramené son exposition américaine, portée au maximum cet été, vers un rééquilibrage relatif au profit de l'Europe, du Japon et des émergents, sans pour autant sortir : « Il ne faut surtout pas rester à l'écart du marché actions d'ici la fin de l'année. »
David Czupryna illustre deux manières d'y parvenir via deux affiliés américains.
- WCM et son fonds WCM Select Global Growth Equity cherchent à investir avant l'« inflexion narrative », le moment où le marché intègre l'accélération de l'avantage concurrentiel d'une société. Exemple : Comfort Systems, décrit comme « les plombiers de l'IA » installateur des systèmes de refroidissement des data centers, entré en portefeuille au deuxième trimestre 2024 et dont le cours a depuis été multiplié par cinq. Le portefeuille, 33 lignes et 44% d'actions américaines seulement, ne compte aucune des « Magnificent 7 » dans son top 10.
| Fonds | WCM Select Global Growth Equity Fund |
| Perf YTD | +10.34% |
| Perf 2025 | +28.98% |
| ISIN | LU2338974699 |
| Société de Gestion | Natixis IM |
- Loomis Sayles U.S. Growth Equity adopte l'approche inverse : une trentaine de lignes conservées plus de dix ans, articulées autour de la qualité, de la croissance et de la valorisation. Le fonds sous-performe le S&P 500 cette année la douzième fois depuis 2006, précise l'intervenant, des phases jusqu'ici suivies d'un rattrapage. Sa lecture : « Le moment d'acheter un fonds, c'est le moment où le fonds sous-performe. »
| Fonds | Loomis Sayles U.S. Growth Equity |
| Perf YTD | +1.48% |
| Perf 2025 | -0.13% |
| ISIN | LU1435385163 |
| Société de Gestion | Natixis IM |
Obligataire : le rendement est sur le court terme et le high yield
Côté taux, Kemal Omanovic (Ostrum AM) rappelle que la BCE a relevé son taux de dépôt de 2% à 2,25% en juin, puis à 2,50% le 10 septembre, et que le marché anticipe même un troisième mouvement d'ici décembre. L'inflation totale est remontée à 3,3%, tirée par l'énergie, tandis que la composante sous-jacente reste plus contenue à 2,4%.
Dans ce contexte, Ostrum privilégie les maturités courtes : la partie 1-3 ans a vu ses taux progresser d'environ 70 points de base et reste le seul segment en performance positive depuis le début de l'année, tout en étant le moins sensible aux mouvements de taux. Le high yield est la classe d'actifs qui résiste le mieux, soutenue par des taux de défaut autour de 3%, contre 4 à 5% en moyenne historique.
L'intervenant insiste sur la convergence au pair — une obligation qui ne fait pas défaut revient vers son prix de remboursement : « Le marché obligataire, c'est assez bête et méchant. » Une performance en retard n'est donc pas une perte sèche : « Le rendement qui n'est pas arrivé aujourd'hui, c'est un réservoir de performance pour plus tard. ».
Le webinaire s'est clos sur la gamme retraite Natixis Horizon (affilié Vega), présentée par Dimitri Lafon, qui embarque plusieurs des briques évoquées, dont Loomis Sayles U.S. Growth Equity Fund et Ostrum Credit Ultra Short Plus. Sa formule : « L'actif le plus compliqué à gérer, ça reste le temps. » Gérés en fonds de fonds sur huit millésimes, ces supports conservent 15% d'actions même sur l'échéance la plus proche ; le millésime 2040-2044 affiche plus de 7% de performance nette annualisée depuis 2014.
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