
Auris Gestion : la souveraineté, nouvelle mégatendance d’investissement après la mondialisation
H24 a assisté à la conférence sur la souveraineté organisée par Auris Gestion avec Sébastien Grasset (directeur général d’Auris Gestion), Pascal Boniface (fondateur et directeur de l’IRIS), Général Jean-Claude Allard (chercheur associé à l’IRIS, spécialiste des enjeux stratégiques et militaires) et Albane Rouvière (commerciale – institutionnels et sélectionneurs de fonds).
Ce qu'il fallait en retenir...
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📌 La souveraineté succède à la mondialisation comme mégatendance d’investissement : la puissance reprend le pas sur le droit. L’Europe doit financer plusieurs autonomies : industrielle, énergétique, technologique et militaire
📌 La Chine a bâti une stratégie impériale complète en s’inspirant du modèle britannique : 295 milliards de dollars investis dans l’IA d’ici 2030 et 277 milliards de dollars consacrés au budget militaire. Le positionnement de la Chine dans la part des brevets de niveau mondial dans 25 technologies d’avenir est impressionnant et croissant en comparaison avec l’Union Européenne et les Etats-Unis. La Chine est passée d’usine du monde à laboratoire du monde. L’Empire du Milieu produit 80% des panneaux solaires mondiaux.
📌 Les États-Unis mettent en pièces leur soft power et l’ordre mondial de 1945 : leur légitimité est écornée en Iran (45 Mds $, stocks de missiles épuisés) et leurs alliés européens sont qualifiés d’« ennemis ». L’autonomie stratégique européenne n’est plus une option.
Moyen-Orient, routes maritimes et dépendance énergétique
Trois détroits sont sous tension : ceux d’Ormuz (la « carotide de l’Occident » depuis 1979), de Bab el-Mandeb et de Malacca, par lequel transitent 30% des flux pétroliers mondiaux. Seuls les Américains pourraient bloquer Malacca ; une telle décision relèverait toutefois d’un affrontement général, scénario peu probable.
Hormis le nucléaire et les énergies renouvelables, il n’existe pas de ressource naturelle immédiatement disponible en Europe. L’Europe dispose de toute la gamme des moyens navals, trois missions de l’UE et EuroMarfor mais sa posture reste purement défensive.
Chine : de l’usine du monde au laboratoire du monde
La grande bascule s’est opérée en 2001, avec l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce. Le PIB de la Chine est passé de 10% à 75% du PIB américain en 25 ans.
La Chine détient aujourd’hui plus de lignes ferroviaires à grande vitesse que le reste du monde réuni, contre aucune en 2005. En 2026, il n’existe toujours pas de ligne à grande vitesse entre San Francisco et Los Angeles.
La Chine produit 80% des panneaux solaires mondiaux : le sud global choisira l’énergie décarbonée pas chère plutôt que les leçons de morale européennes. En Europe, il manque une évaluation objective des rapports de force avec la Chine.
Développement de la puissance militaire chinoise, marine en tête
Un modèle : l’Empire britannique. La Chine dispose de trois groupes aéronavals, six sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (huit d’ici trois ans), une base à Djibouti et des dispositifs portuaires au Cambodge, en Afrique et en Amérique du Sud.
Taïwan reste une épine dans le pied de la Chine : ses eaux peu profondes lui permettent de repérer un sous-marin nucléaire en phase de plongée, puis de le suivre partout dans le monde. Cette oreille au service des Américains n’est pas du goût de la Chine.
États-Unis : de la force du droit au droit du fort
Le président Trump mène une révolution stratégique : il démonte l’ordre mondial de l’après-guerre parce qu’il estime que les États-Unis sont les perdants de la globalisation. Son discours à l’ONU a été un discours contre le droit. L’Union européenne est qualifiée « d’ennemie ».
Le coût est déjà visible dans le soft power américain : jamais un président américain n’a été aussi impopulaire en Europe et au Canada, alors que les universités américaines comptaient un tiers d’étudiants internationaux, une source d’influence aujourd’hui en cours de destruction.
« Jamais un président américain n’a été aussi impopulaire en Europe et au Canada. », affirme Pascal Boniface. « Les États-Unis ne sont plus le gendarme du monde parce qu’ils ne respectent plus les lois. », estime Général Jean-Claude Allard.
Guerre en Iran : l’oncle Sam en pompier pyromane
Le bilan américain de l’opération en Iran est lourd : 45 milliards de dollars de coût financier, l’attrition massive des stocks de munitions, 200 Patriot, 80% du stock de THAAD et plus de 1 000 Tomahawk tirés (l’équivalent de dix ans de fabrication) et des alliés du Golfe frappés sans avoir été prévenus.
L’Iran est sérieusement étrillé, commandements, défense aérienne, programme nucléaire mais il oppose sa stratégie de mosaïque et le choix du terrain.
Conclusion militaire du Général Allard : la puissance aérienne, spatiale et cyber est indispensable, mais elle n’est pas décisive ; chacun a perdu une bataille, mais aucun n’a perdu la guerre.
« En Iran, la puissance aérienne, spatiale et cyber est indispensable, mais non décisive. Beaucoup oublient l’importance de l’étude du terrain » Général Jean-Claude Allard
Guerre en Ukraine et autonomie stratégique européenne
Il reste 23 millions d’habitants en Ukraine, contre 140 millions en Russie : le compromis territorial est inévitable.
Le paradoxe est évocateur : pour protéger la souveraineté ukrainienne, l’Europe a perdu la sienne face aux États-Unis, par peur que ces derniers lâchent l’Ukraine. Pourtant, c’est l’argent européen qui paie les armes américaines.
Conclusion de Sébastien Grasset
In fine, l’Europe n’est ni désarmée, ni condamnée au déclin, elle conserve des champions dans les matériaux, la défense, l’énergie, les infrastructures électriques, la robotique et la santé. « Pendant que les Américains jouent au poker, les Russes aux échecs et les Chinois au jeu de go, les Européens sont à la table de la belote », déclare Sébastien Grasset.
Il ne faut céder ni au défaitisme ni à la résignation : la souveraineté est un thème d’investissement durable. Le fonds European Shield Fund d’Auris Gestion est une des options pour entrer le thème dans un portefeuille.
Cet OPCVM actions, de SRI 4 et à liquidité quotidienne, investit sur les marchés actions cotés européens. Il ne s'agit pas de l’énième « fonds défense ». C'est un fonds diversifié, investi dans plusieurs secteurs directement liés à l'autonomie, à la souveraineté et à l'indépendance européennes : la défense et la sécurité, bien sûr, mais aussi l'énergie, l'électrification, les infrastructures critiques, les technologies stratégiques, l'industrie, la santé ou encore les matières premières. Il se distingue aussi fortement des ETF défense.
Il comprend également des valeurs de sociétés appartenant à la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) européenne, périmètre d’investissement notamment promu par les initiatives prises par Bercy et l’Autorité des marchés financiers (AMF).
Le fonds à suivre
| Fonds | European Shield Fund |
| Perf YTD | +11.45% |
| ISIN | FR0014010K30 |
| Société de Gestion | Auris Gestion |
| Date de lancement | 25 juin 2025 |
| Encours sous gestion | 22,66 M€ |
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