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Montefiore Investment - Eric Bismuth détaille les cinq critères pour sélectionner un gérant de private equity dans un cycle plus exigeant

H24 a assisté à la conférence “Private Equity : nouveau cycle, nouvelles opportunités pour les patrimoines ?” organisée par Montefiore Investment avec Eric Bismuth, son Président.

Ce qu’il fallait en retenir...

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📌 Depuis 2022, la hausse des taux et le ralentissement des cessions ont creusé les écarts entre gérants : le levier et l’expansion des multiples ne suffisent plus.

📌 Sourcing propriétaire, création de valeur, capacité à céder, stabilité des équipes et track record long : cinq critères pour choisir son gérant.

📌 Selon Eric Bismuth, le LBO small et mid cap européen, le secondaire et les formats evergreen ouvrent de vraies opportunités, à condition d’assumer l’illiquidité.


Le levier et les multiples ne suffiront plus

Entre 2013 et 2022, le private equity a profité, comme la plupart des classes d’actifs, de taux bas, d’une dette abondante et de multiples en hausse. Depuis 2022, le décor a changé : les taux sont remontés, les sorties sont plus difficiles et les acheteurs plus sélectifs. Les écarts de performance entre gérants se sont fortement creusés, dans les valorisations et plus encore dans les cessions et distributions réalisées.

Eric Bismuth refuse pourtant d’y voir une parenthèse. Crise financière de 2008, Covid, guerre en Ukraine, retour de l’inflation, guerre commerciale, intelligence artificielle : les chocs se succèdent et l’incertitude est devenue structurelle. « Si on croit qu’on va retrouver un état stationnaire, on rêve », prévient Eric Bismuth.

Pour l’illustrer, il convoque une légende chinoise : celle des carpes koï qui remontent le fleuve Jaune jusqu’à la porte du dragon, que seules quelques-unes parviennent à franchir. « Lorsque le courant est favorable, que vous soyez bon ou pas, tous les poissons avancent à la même vitesse », résume-t-il. Pour lui, le temps où un gérant pouvait miser sur un levier maximal et attendre la hausse des multiples est révolu. La différence se fera sur la capacité à transformer les entreprises.


Cinq critères pour départager les gérants

Le private equity ne devient pas moins intéressant, estime Eric Bismuth, mais la sélection du gérant devient décisive.

  1. Premier critère : sourcer et trier. Montefiore Investment trouve deux tiers de ses opportunités par son propre réseau (entrepreneurs, prescripteurs) et n’investit que dans environ 1% des dossiers étudiés, avec une discipline stricte sur les prix d’entrée. « Un bon investisseur, c’est quelqu’un qui ne confond pas le prix et la valeur », souligne Eric Bismuth.
  2. Deuxième critère, la création de valeur, qu’il présente comme l’essence même du métier. Selon les statistiques présentées, la société a investi sur vingt ans dans des entreprises croissant de 8% par an à l’entrée et les a portées autour de 20% de croissance du chiffre d’affaires et des résultats pendant la détention. B&B Hôtels est ainsi passé de 40 à 450 hôtels en Europe en dix ans d’accompagnement. « Ce n’est pas la même chose que serrer les vis pour faire quelques pourcentages d’économie », insiste Eric Bismuth.
  3. Troisième critère, la capacité à céder. En temps normal, un gérant réalise environ 20% de ses actifs chaque année, alors que la moyenne du marché européen tourne autour de 10%. Montefiore Investment dit avoir maintenu un rythme de 20% en 2024 et 2025. « Quand c’est difficile pour nous, c’est pas une raison pour ne pas le faire, c’est une raison pour mettre plus de ressources et plus d’ingéniosité pour le faire », explique Eric Bismuth.
  4. Quatrième critère, la stabilité des équipes. Méthodologies, réseaux et savoir-faire se construisent sur des années : le taux de rotation des équipes est donc, selon lui, un bon indicateur de la culture d’une maison et de sa capacité à répliquer ses performances dans la durée.
  5. Cinquième critère, qui synthétise les précédents : le track record sur longue période, crises comprises. Eric Bismuth fait état d’un multiple moyen de 2,9 fois les montants investis sur vingt ans, avec une faible dispersion des résultats : 90% des investissements dépassent 1,8 fois.

96% de l’économie hors des radars

Pour Eric Bismuth, la plupart des clients privés restent peu diversifiés : résidence principale, fonds en euros, produits structurés. Or seules 4% des entreprises sont cotées. Investir en private equity revient selon lui à s’exposer à l’économie réelle, en échange d’une liquidité moindre qu’il faut assumer clairement auprès des clients.

Il privilégie le LBO small et mid cap européen, notamment en France, en Italie et en Espagne, où les opportunités sont nombreuses pour qui sait les dénicher. Le segment large et upper mid cap souffre au contraire, selon lui, de prix d’entrée élevés et d’une liquidité très faible. Il cite aussi le secondaire (le rachat de parts de fonds à des institutionnels) pour son niveau de liquidité, et voit dans les formats evergreen les modes d’accès les plus adaptés à la clientèle privée.

Montefiore Investment prépare d’ailleurs une offre destinée aux épargnants, alors que ses tickets institutionnels et familiaux s’échelonnent aujourd’hui entre 3 et 200 millions d’euros. Eric Bismuth invite les CGP à la vigilance : « Il y a beaucoup de gérants qui vont vers le patrimoine privé parce qu’ils ne passent pas la barre des institutionnels. Pour vous, ça doit être un chiffon rouge », avertit-il.

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