
LFDE : Michel Saugné et Pierre Puybasset alertent sur le choc obligataire et misent sur la sélectivité pour la fin d'année
H24 a assisté au webinaire organisé par La Financière de l'Échiquier avec Michel Saugné (CIO) et Pierre Puybasset (Porte-parole de la Gestion).
Ce qu'il fallait en retenir...
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📌 Quatre chocs en un été (pétrole, technologie, devises, obligataire) n'ont pas empêché les grands indices actions de finir largement dans le vert, mais le leadership de marché a profondément tourné vers la value, les small caps, l'énergie et les banques.
📌 Le vrai sujet de la fin d'année, c'est la remontée mondiale des taux longs : elle comprime la prime de risque des actions américaines à presque rien et rend l'Europe relativement plus attractive.
📌 Face à des valorisations tendues, LFDE prône « le temps de la respiration » : alléger le consensuel, rester investi mais sélectif, et jouer les gagnants structurels (IA, espace, matériaux critiques, banques, crédit court).
Quatre chocs en un été et pourtant des grands indices action au vert
Michel Saugné revient sur un été qu'il résume à quatre chocs majeurs et un seul message à retenir. Le premier est géopolitique : le regain de tension autour de l'Iran et du détroit d'Ormuz a propulsé le pétrole au-delà de 100$, soit une hausse d'environ 75%. Viennent ensuite un choc technologique (rotations violentes au sein du complexe de l'intelligence artificielle), un choc monétaire (rebond inédit du yen de 5% après une intervention conjointe nippo-américaine) et un choc obligataire (correction généralisée et hausse des taux longs partout dans le monde).
Le paradoxe, souligne le CIO, c'est que les actions n'en ont presque rien laissé paraître : hors CAC 40, l'ensemble des grands indices mondiaux affichent des performances à deux chiffres, les émergents en tête, tirés par la Corée et Taïwan. Sous la surface, le leadership a pourtant changé de mains, au profit de la value, de l'énergie, des banques européennes, du Japon et du grand retour des petites capitalisations (un mouvement que la maison dit bien capter avec Echiquier Agenor). Pour Michel Saugné, ces secousses confirment un basculement de régime : « on a bien dit au revoir aux années 2010 », celles de l'inflation nulle et des taux parfois négatifs, une Pax Americana muée en « Désordre Americana ».
Le fonds à suivre
| Fonds | Echiquier Agenor Mid Cap Europe |
| ISIN | FR0010321810 |
| Perf YTD | +9.85% |
La remontée mondiale des taux longs : le sujet de cette fin d'année
Pour la maison, tout se joue désormais sur les taux. « La question clé pour la fin de l'année, c'est comment va-t-on pouvoir encaisser ce choc obligataire ?», insiste Michel Saugné. La correction est mondiale : la plupart des États empruntent à des niveaux inconnus depuis 2007, et le phénomène tient moins à l'inflation anticipée, restée contenue, qu'à la remontée des taux réels.
Conséquence directe, les valorisations américaines n'ont plus guère de marge. Près des deux tiers de la valorisation du S&P 500 reposent sur des flux attendus au-delà de cinq ans, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis la bulle internet de 2000, tandis que la prime de risque des actions américaines s'est comprimée à environ 0,3% au-dessus du taux sans risque. Avec des croissances de bénéfices attendues de 36% aux États-Unis, 16% en Europe et jusqu'à 84% sur l'indice tech mondial, « la marge d'erreur est très limitée », prévient le CIO.
Le basculement se lit jusque dans le marché primaire. Michel Saugné raconte la journée du 9 septembre : un record de 18,4 milliards d'euros d'émissions obligataires corporate en Europe, dont Amazon pour 4,25 milliards de livres (une première en sterling), au moment même où le Trésor britannique levait 5 milliards, ce qui a fait bondir le coût d'emprunt du Royaume-Uni de 20 points de base en deux séances. Après avoir « siphonné l'épargne européenne » pour financer la tech américaine, les États-Unis siphonnent désormais, selon lui, le réservoir de financement obligataire du continent. Seule éclaircie relative : l'Europe conserve, elle, une prime de risque positive, donc un attrait comparé aux actions américaines.
Que faire dans ce contexte ?
« Aujourd'hui on pense que c'est le temps de la respiration », résume Michel Saugné : réduire le risque directionnel sur les positions les plus consensuelles pour garder des marges de manœuvre, une correction, probablement, offrant un meilleur point d'entrée. Les convictions restent fortes mais sélectives : l'Europe pour sa prime de risque, et les gagnants structurels que sont les matériaux critiques (via Tocqueville Materials For The Future, ex-Tocqueville Gold), l'électrification, l'espace, l'IA et les banques européennes. Sur le crédit, la consigne est nette : « ne pas jouer avec le feu... c'est la direction des taux », d'où une préférence pour le crédit court et les stratégies d'arbitrage.
Pierre Puybasset décline ensuite cette feuille de route à travers les fonds phares. Sur Echiquier Artificial Intelligence (lancé en 2018, plus de 1,1 milliard d'euros d'encours, 27% de performance annualisée sur trois ans), il assume avoir pris des profits sur les semi-conducteurs pour se renforcer sur les logiciels et le cloud, sans changer de cap : « on a devant nous un scénario qui reste extrêmement favorable ». Il relève au passage l'ironie du débat réglementaire porté par les dirigeants d'OpenAI, d'Anthropic ou Elon Musk : « ils sont généralement libertariens, c'est assez curieux de les voir faire appel à plus de régulation ».
Le fonds à suivre
| Fonds | Echiquier Artificial Intelligence |
| ISIN | LU1819480192 |
| Date de lancement | 2018 |
| Encours du fonds | Plus de 1,1 Md€ |
| Perf annualisée 3 ans | +27% |
| Perf YTD | +17.97% |
Sur Echiquier Space (lancé en 2021, plus de 500 millions d'euros), la performance, montée jusqu'à plus de 50% en cours d'année, est retombée autour de 8%, un reflux qu'il qualifie de « mouvement d'assainissement » et d'opportunité, la thématique restant portée par la plus grosse IPO de l'année, SpaceX. Il défend la complémentarité des deux stratégies : « Espace et AI font très bon ménage ».
Le fonds à suivre
| Fonds | Echiquier Space |
| ISIN | LU2466448532 |
| Date de lancement | 2021 |
| Encours du fonds | Plus de 500 M€ |
| Perf YTD | +2.19% |
Deux fonds complètent le tour d'horizon : Echiquier World Equity Growth (lancé en 2010, plus de 1,2 milliard d'euros, une vingtaine de valeurs gérées par David Ross) et Echiquier Absolute Return Credit, dont l'objectif d'ESTER +200 points de base a souffert cette année mais qui apparaît, taux remontés, bien mieux positionné. Le message final tient en un mot d'ordre : rester investi, mais en portant ses convictions là où les asymétries sont les plus favorables.
Les fonds à suivre
| Fonds | Echiquier World Equity Growth |
| ISIN | FR0010859769 |
| Date de lancement | 2010 |
| Encours du fonds | Plus de 1,2 Md€ |
| Perf YTD | +12.36% |
| Fonds | Echiquier Absolute Return Credit |
| ISIN | FR001400Y4C3 |
| Objectif de gestion | €STR +200 pb |
| Perf YTD | -0.18% |
La Financière de l'Échiquier est lauréat du Grand Prix de la Finance 2026

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