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Le flash marché de BNP Paribas Banque Privée sur l'impact du coronavirus...

Publié le

 

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Très fort impact du coronavirus sur les marchés financiers

 

Les marchés avaient jusqu’à présent réagi différemment face au coronavirus et aux craintes qu’il engendre sur la croissance mondiale : 

 

  • Les marchés d’actions européens et américains étaient restés optimistes jusqu’à la chute de ce lundi. La hausse avait été alimentée par les liquidités abondantes et la conviction que les banques centrales resteraient accommodantes, voire assoupliraient davantage leurs politiques monétaires. 
  • À l’inverse, les marchés obligataires s’étaient montrés inquiets et ils continuent de l’être comme l’atteste la chute des rendements obligataires.

 

 

Marchés obligataires

 

La baisse des rendements obligataires s’est accélérée depuis l’apparition de nouveaux cas en Corée du Sud et en Italie, à la faveur d’un large mouvement d’aversion pour le risque. Les rendements à 10 ans ont baissé d’environ 30 points de base (pb) en Zone Euro et d’environ 40 pb aux États-Unis depuis les premiers cas répertoriés il y a un mois. Le rendement du Bund allemand cote actuellement -0,49%, soit environ 20 pb au-dessus de son plus bas historique (-0,71%). Aux États-Unis, le rendement du bon du Trésor à 10 ans est à 1,39%, très proche de son plus bas historique (1,36%) et celui du 30 ans est à son plus bas historique (1,85%). Les rendements à 30 ans en Allemagne et aux Pays-Bas sont également passés négatifs.

 

La chute des rendements obligataires s’explique par les achats de valeurs refuges et s’est faite de concert avec l’affaiblissement des anticipations d’inflation, qui reflétait la baisse des prix du pétrole et des matières premières. Les prix de ces actifs se sont maintenant stabilisés. Comme le disait le chef économiste de la BCE, l’histoire de ces risques [épidémies] montre qu'il peut y avoir un effet significatif à court terme, mais aucun effet à long terme. Les dernières données statistiques – pour autant que l’on puisse s’y fier – montrent que le nombre de nouvelles personnes infectées en Chine baisse, et que la Chine concentre 97% des cas dans le monde. La contagion est donc limitée en dehors de la Chine.

 

Seulement, la propagation fait peur et la Chine est l’usine du monde. Les chaînes de production mondiales sont donc impactées quand les salariés chinois sont en quarantaine. Depuis une dizaine de jours, la production chinoise reprend lentement. On estime qu’environ 75% des jours calendaires du premier trimestre seront partiellement ou totalement interrompus. Les rendements obligataires devraient donc continuer d’être sous pression dans les semaines, voire mois qui viennent, avant que les fondamentaux ne reprennent le dessus et leur permettent de remonter quelque peu. Nous anticipons -0,25% pour le Bund et 2% pour le Treasury dans 12 mois. Nous ne pensons pas que la BCE et la Fed baisseront leurs taux directeurs en mars.

 

Confronté à une période d’aversion au risque plus marquée, le marché fait la distinction entre les dettes d’États : les rendements grecs et italiens à 10 ans se tendent d’environ 5 pb ce lundi 24 février, alors que ceux des autres pays de la Zone Euro chutent. Quoi qu’il en soit, si l’on observe un horizon historique plus long qu’une matinée, la baisse des rendements grecs et italiens a été spectaculaire. Le rendement italien à 10 ans est passé sous la barre des 1% (0,95%), et le rendement grec oscille autour des 1% après avoir touché un plus bas historique à 0,94% la semaine dernière. Et ceci alors que la dette grecque est toujours classée en catégorie spéculative par les grandes agences de notation.

 

Il n’existe donc presque plus aucun pays en Zone Euro à avoir un rendement à 10 ans supérieur à 1%, et on dénombre juste une cinquantaine d’obligations d’États offrant encore des rendements supérieurs à 1% en Zone Euro. Les investisseurs se sont rués sur les obligations des pays périphériques, à la recherche de rendement, ignorant la cherté et le risque, en misant sur le soutien continu des banques centrales et en profitant de la stabilisation politique de l’Italie et de l’amélioration de l’économie grecque. Les nouvelles émissions souveraines italiennes, espagnoles et grecques notamment ont été très demandées en janvier et en février. En moyenne, la demande pour les nouvelles émissions souveraines en Zone euro a été six fois plus élevée que l’offre.

 

Conséquence logique, la part des obligations à taux négatifs dans le monde s’est accrue depuis la crise sanitaire, passant de 19,8% il y a environ un mois à 23,6% le 24 février. En Zone Euro, la hausse est plus impressionnante : une obligation sur deux (50,4% précisément) propose dorénavant un rendement à taux négatif, contre 39,0% le mois dernier. Un pic avait été atteint en août 2019 à 56,2%.

 

 

Marchés d’actions

 

Les marchés d’actions commencent à prendre en considération les risques sur la croissance et sur les estimations des bénéfices des entreprises. Notre scénario reposant sur une reprise en V de l’activité économique au second semestre, nous pensons que les bourses resteront sur une tendance fondamentalement haussière. Les prochains mois devraient cependant se révéler sans momentum. Cela tient d’une part à une situation technique de sur-achat marqué depuis le début de l’année. Cela traduit des attentes élevées des investisseurs. D’autre part, la conjoncture et les profits seront pénalisés au premier semestre par l’impact négatif du coronavirus, mais bien orientés par la suite.

 

Les risques à la baisse à court terme nous semblent cependant limités. Le positionnement prudent des investisseurs est le premier facteur à limiter les risques de correction. Les investisseurs privés aussi bien qu’institutionnels ont été vendeurs nets depuis 2009. Aussi longtemps que les risques de récession restent limités, ils vont vouloir profiter de phases de faiblesse de cours pour acheter des actions, les bénéfices restant en croissance et les valorisations pas exagérées en comparaison historique, surtout par rapport aux obligations.

 

Plus concrètement, nous anticipons que les cours resteront au-dessus des moyennes mobiles à 200 jours. Sur l’indice MSCI Monde, le risque à la baisse depuis les plus hauts serait ainsi limité à 8%. Si jamais le mouvement de recul des cours boursiers devait connaître une plus grande ampleur, cette situation devrait se révéler très passagère. C’est le message qui ressort de l’observation des graphiques lorsque la moyenne mobile à 200 jours affiche une pente haussière marquée. Les investisseurs devraient ainsi adopter une approche d’achat sur repli, dans l’optique de retrouver les marchés à de nouveaux sommets dans les 12 mois à venir.


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